« La guerre est revenue à la mode » : la dénonciation cinglante du pape qui résonne dans la finance décentralisée
Le constat est glaçant, mais il frappe juste. Alors que les conflits s'enveniment sur la scène géopolitique, un autre front, numérique celui-là, continue son expansion silencieuse. La décentralisation ne fait pas de prisonniers.
L'actif roi défie les canons
Bitcoin, l'OG des crypto-monnaies, semble fonctionner sur une logique inverse à celle des États. Pas de traités, pas de cessez-le-feu. Juste un code immuable et un réseau qui tourne 24h/24, résistant à la censure. Pendant que les discours pleuvent, la blockchain, elle, valide des blocs. Une forme de résilience froide et mécanique qui laisse songeur.
La DeFi, un champ de bataille économique
Sur le front de la finance décentralisée (DeFi), les « guerres des rendements » font rage. Les protocoles se livrent une concurrence féroce pour attirer la liquidité, avec des APY qui montent en flèche avant de s'effondrer – une stratégie aussi risquée qu'une offensive éclair. Les stablecoins, ces soldats de la stabilité, tentent de tenir la ligne face à la volatilité. Un jeu d'équilibre perpétuel où un bug peut valoir une défaite cuisante.
Les régulateurs sortent l'artillerie lourde
Face à cette avancée, les gardiens de l'ancien monde ripostent. Les consultations se multiplient, les projets de cadre juridique aussi. L'Europe avec le MiCA, les États-Unis avec leurs auditions au Congrès… Chacun tente de dessiner les frontières de ce nouvel espace numérique. Une course contre la montre où l'innovation technologique a souvent un temps d'avance.
Un refuge en temps de crise ? La question persiste.
Historiquement, l'or brillait en période d'incertitude. Aujourd'hui, une partie des investisseurs parie sur le bitcoin comme « hedge » numérique. Les données sur les adresses actives et les volumes d'échanges sont scrutées comme des rapports de renseignement, cherchant à anticiper le prochain mouvement. La corrélation – ou la décorrélation – avec les marchés traditionnels est devenue un indicateur clé.
Alors que les sirènes de la guerre retentissent, le monde de la crypto avance, imperturbable. Il ne promet pas la paix, mais une forme de souveraineté individuelle radicale. Ironie du sort : dans la quête d'un système financier plus ouvert, on assiste parfois à des comportements de prédation qui rappellent les vieux démons qu'on prétendait fuir – la cupidité, elle, n'a pas besoin de blockchain pour être décentralisée.
Le pape Léon XIV quitte le Vatican et se rend à pied à sa résidence après une réunion de deux jours avec les cardinaux dans le cadre d'un consistoire extraordinaire au Vatican, le 8 janvier 2026 ( Filippo MONTEFORTE / AFP )
"La guerre est revenue à la mode": Léon XIV a livré vendredi une sombre analyse de la politique internationale et fustigé le recours croissant à la force par les nations, au moment où son pays natal multiplie les démonstrations militaires.
Lors de ses premiers voeux au corps diplomatique depuis son élection en mai 2025, le pape américain a signé l'une de ses plus fortes interventions, fustigeant la faiblesse "préoccupante" du "multilatéralisme" et l'avènement d'une "ferveur guerrière".
Dès le début de son discours devant les ambassadeurs accrédités auprès du Saint-Siège, prononcé en anglais, il a regretté le déploiement d'"une diplomatie de la force, des individus ou de groupes d'alliés" au détriment du dialogue, qui menace l'ordre mondial établi après la Seconde Guerre mondiale.
"On ne recherche plus la paix comme un don et un bien désirable en soi (...) mais on la recherche par les armes, comme condition pour affirmer sa propre domination", a dénoncé le chef de l'Eglise catholique, sans citer directement de pays.
Outre les conflit entre l'Ukraine et la Russie et dans la bande de Gaza, ces propos interviennent dans un contexte international marqué par l'inquiétude des Européens sur une possible prise de contrôle du Groenland, territoire autonome danois, par les Etats-Unis, qui menace l'intégrité de l'Otan.
Léon XIV a aussi fait part de sa "vive inquiétude" quant à "l'aggravation des tensions dans la mer des Caraïbes et le long des côtes américaines du Pacifique", évoquant la situation au Venezuela où le président Nicolas Maduro a été déposé et capturé par les Etats-Unis.
Jeudi, le président américain Donald trump a annoncé qu'après des frappes contre des embarcations maritimes dans les Caraïbes et le Pacifique, les Etats-Unis allaient mener des frappes "au sol" contre les cartels.
Léon XIV a de nouveau appelé "à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s'engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun", alors que, selon M. Trump, Washington pourrait conserver plusieurs années le contrôle du Venezuela, riche des plus grandes réserves d'hydrocarbures prouvées du monde.
Violences en Cisjordanie

Tenus début janvier, les voeux au corps diplomatique sont l'un des rendez-vous les plus politiques de l'année: ils offrent l'occasion au pape de dresser un bilan des conflits internationaux et de réaffirmer la position du Saint-Siège sur des sujets de société.
Evoquant la situation au Proche-Orient, Léon XIV a ainsi rappelé le soutien du Vatican à la solution à deux Etats et dénoncé "l'augmentation des violences en Cisjordanie perpétrées contre la population civile palestinienne qui a le droit de vivre en paix sur sa propre terre".
Depuis l'attaque sans précédent du Hamas palestinien en Israël le 7 octobre 2023, la violence de certains colons israéliens contre les civils Palestiniens en Cisjordanie occupée s'est accrue et leurs attaques contre les communautés locales se multiplient.
Parmi les sujets sociétaux, l'évêque de Rome a dénoncé la dépendance des jeunes aux drogues, "fléau de l'humanité" et rappelé l'opposition de l'Eglise au recours à l'avortement, à la gestation pour autrui et à l'euthanasie.
Il a également dénoncé l'augmentation des violations de la liberté religieuse dans le monde, regrettant que "la persécution des chrétiens reste l’une des crises des droits humains les plus répandues", touchant "plus de 380 millions de croyants partout dans le monde".
Le Saint-Siège entretient des relations diplomatiques avec 184 Etats, dont environ la moitié sont représentés par une ambassade à Rome.
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