Wall Street explose tous les records : Le Dow Jones en hausse malgré la menace imminente d’un shutdown gouvernemental
Les marchés défient la logique politique alors que Washington s'apprête à fermer ses portes
Le paradoxe boursier
Wall Street vient d'écrire l'un des chapitres les plus surprenants de son histoire récente. Alors que les bâtiments gouvernementaux s'apprêtent à éteindre leurs lumières, les écrans des traders brillent d'un vert éclatant. Le Dow Jones a pulvérisé ses records historiques dans une démonstration de force qui laisse les analystes traditionnels perplexes.La résilience des marchés
Les investisseurs ont accueilli la perspective d'un shutdown non pas comme une menace, mais comme une opportunité. Les volumes d'échanges ont explosé de 15% par rapport à la moyenne mensuelle, tandis que la volatilité s'est maintenue à des niveaux étonnamment bas. Une confiance qui contraste violemment avec l'incertitude politique ambiante.Leçon pour les cryptos
Pendant que les marchés traditionnels dansent sur le volcan politique, les actifs numériques continuent leur progression souterraine. Une ironie savoureuse pour ceux qui pensaient que la finance décentralisée serait la première à trembler face aux turbulences institutionnelles. Les banques centrales continuent d'imprimer, les gouvernements continuent de dépenser - et le système trouve toujours le moyen de tourner. Comme dirait un vieux trader : « Les marchés montent les escaliers mais descendent en ascenseur. » Pour une fois, ils ont oublié de prendre l'ascenseur.
Un opérateur à la Bourse de New York le 15 septembre 2025 ( TIMOTHY A. CLARY / AFP )
La Bourse de New York a terminé dans le vert mardi, les investisseurs conservant leur Optimisme malgré la perspective d'une paralysie budgétaire aux Etats-Unis ("shutdown") qui pourrait repousser la publication d'un indicateur clé sur le marché de l'emploi.
Après une séance en dents de scie, le Dow Jones (+0,18%) a atteint un nouveau record en clôture à 46.397,89 points. Les indices Nasdaq (+0,30%) et S&P 500 (+0,41%) ont aussi progressé.
A minuit dans la nuit de mardi à mercredi, sans adoption d'un texte budgétaire même temporaire, l'Etat fédéral entrera en situation de "shutdown", avec pour conséquence la mise à l'arrêt de la plupart de ses services.
"Même si cela ne constitue pas un événement macroéconomique majeur, cela va tout de même entraîner une certaine volatilité sur les marchés, simplement parce que cela crée davantage d'incertitude", commente auprès de l'AFP Victoria Fernandez, de Crossmark Global Investments.
Les marchés perdront en particulier une forme de visibilité sur l'état de l'économie américaine puisque les publications émanant d'organismes officiels publics comme le "Bureau of Labor Statistics" seraient alors mises en pause.
Il s'agit pourtant de "statistiques essentielles qui influencent fortement les décisions de politique monétaire" de la banque centrale des Etats-Unis (Fed), note Jose Torres, d'Interactive Brokers.
"Sans beaucoup de données, il sera très difficile pour la Fed de prendre une décision" sur le niveau des taux à l'issue de sa réunion d'octobre, juge Mme Fernandez.
Par conséquent, "les rapports de ce matin étaient assez importants", selon l'analyste.
Selon l'indicateur "Jolts",le nombre d'offres d'emplois aux Etats-Unis au mois d'août a augmenté à 7,227 millions, plus que les 7,200 millions attendus par le marché.
Et d'après un baromètre de l'association professionnelle Conference Board, le moral des consommateurs s'est dégradé, pour atteindre un plus bas depuis avril.
Mardi marque aussi "le dernier jour du trimestre", ce qui induit "quelques repositionnements" parmi les investisseurs, note Victoria Fernandez.
Au sortir d'un mois de septembre qui a vu la place américaine franchir de nouveaux records, l'analyste souligne que ces derniers temps, les marchés ont "négligés" des "signaux d'alerte" sur l'économie en préférant se concentrer sur la solidité des dépenses des ménages et "les prévisions de bénéfices en hausse".
Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d'Etat américains à échéance dix ans se tendait vers 20H25 GMT à 4,16%, contre 4,14% à la clôture lundi.
Au tableau des valeurs, la plateforme de musique en ligne Spotify (-4,20% à 697,87 dollars) a souffert de l'annonce d'un changement à sa direction. Daniel Ek, le fondateur de l'entreprise, va quitter son poste de directeur général pour devenir président exécutif à partir du 1er janvier 2026, laissant sa place à un tandem.
Le laboratoire américain Pfizer (+6,83% à 25,48 dollars) a été porté par l'accord trouvé avec Donald trump pour baisser le prix de certains médicaments aux Etats-Unis en échange d'une exemption de droits de douane, une victoire selon le républicain qui a promis aux Américains des économies spectaculaires en la matière.
Le fabricant américain de semi-conducteurs Wolfspeed (+29,41% à 28,60 dollars) a continué de reprendre des couleurs après avoir annoncé en début de semaine la réussite d'une restructuration financière lui permettant de ne plus être placé sous la protection de la loi sur les faillites (Chapitre 11).
La veille, le titre avait affolé les compteurs, passant de 1,17 dollar à 22,10 dollars.