Plainte pour diplôme non validé : Lecornu contre-attaque vigoureusement
L'affaire du diplôme contesté prend un tournant inattendu alors que la plainte initiale se heurte à une contre-offensive déterminée.
Le dossier s'envenime
L'accusation de fraude académique déclenche une bataille juridique qui pourrait avoir des répercussions bien au-delà du simple cas individuel. Les preuves s'accumulent tandis que chaque camp prépare ses arguments.Stratégie de défense agressive
La réponse de Lecornu surprend par sa fermeté et son approche méthodique. L'équipe juridique mobilise des ressources importantes pour contrer les allégations, promettant un combat sans merci.Un précédent dangereux
Cette affaire pourrait établir des standards en matière de validation des diplômes dans les hautes sphères - ou révéler des failles systémiques que beaucoup préféreraient garder cachées. Comme dirait un trader cynique : 'Dans le monde des diplômes comme en finance, ce n'est pas la réalité qui compte, mais ce que les autres croient être la réalité.'
Le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, lors de la cérémonie de passation de pouvoir à l'Hôtel Matignon à Paris le 10 septembre 2025 ( Ludovic MARIN / POOL/AFP/Archives )
Le Syndicat national des agents publics de l'Education nationale (Snapen) a déposé plainte contre Sébastien Lecornu, l'accusant de se prévaloir d'un master de droit public sans avoir validé sa deuxième année de diplôme, ce que conteste le Premier ministre qui annonce porter plainte à son tour.
La plainte a été adressée à la commission des requêtes de la Cour de justice de la République, a annoncé lundi l'avocat du syndicat, Me Vincent Brengarth.
Le Premier ministre "conteste vigoureusement l'accusation dont il fait l'objet", déplore "cette polémique artificielle" et annonce porter plainte contre le Snapen "pour dénonciation calomnieuse", a fait savoir son entourage, interrogé par l'AFP.
Mi-septembre, Mediapart a révélé que Sébastien Lecornu n'avait pas le diplôme de master, qui s'obtient en deux ans, contrairement à ce qu'affirmaient des portraits publiés depuis 2016, sa page sur le site du ministère des Armées lorsqu'il était encore à ce poste, sa page sur le réseau social LinkedIn ou encore sa présentation lors d'une conférence universitaire.
"J'ai ressenti dans cette fausse polémique une forme de mépris social", a-t-il ajouté.
Interrogé sur le sujet vendredi dans Le Parisien, Sébastien Lecornu a répondu qu'il avait "validé (sa) maîtrise en droit, donc un master 1" à l'Université Panthéon-Assas.
Une réforme a eu lieu en France dans les années 2000 pour s'adapter aux critères européens (bachelier, master, doctorat). Ont alors été supprimés notamment la maîtrise (Bac +4) et le DEA ou DESS (Bac+5).
Le nouveau système a instauré, entre autres, le master 1 (Bac+4) et le master 2 (Bac+5).
Dans la plainte, que l'AFP a pu consulter, le syndicat reproche au ministre d'avoir voulu "faire croire (qu'il) était titulaire d'un master de droit public" et "utilisait en connaissance de cause un diplôme dont il n'était pas titulaire".
"Aucun diplôme n'est requis pour être membre d'un gouvernement et le fait de ne pas avoir obtenu de master 2 n'est pas un signe d'incompétence", a souligné Me Vincent Brengarth.
"Toutefois, l'absence de transparence sur le niveau d'études acquis, par un ministre d'Etat, est de nature à porter atteinte à la crédibilité de la certification par les universités publiques françaises, à l'égalité républicaine, à l'honneur des enseignants-chercheurs et, plus généralement, à la mission de service public confiée aux établissements d'enseignement supérieur", ajoute-t-il.
Sur son site officiel, Sébastien Lecornu mentionne aujourd'hui simplement des "études de droit à l'université Paris 2 Panthéon Assas", sans précision. Sur LinkedIn, à la rubrique formation, il indique "Master, droit public général, 2005-2008", à Panthéon-Assas Université.
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