L’industrie européenne des semi-conducteurs presse pour une révision majeure de la Loi sur les puces 2.0 face aux craintes de compétitivité
- Pourquoi l'Europe doit-elle revoir d'urgence sa stratégie sur les semi-conducteurs ?
- Quels sont les principaux leviers proposés par SEMI Europe ?
- Comment la Loi sur les puces actuelle limite-t-elle l'innovation ?
- Quels sont les cinq piliers menacés sans réforme ?
- Quels enseignements tirer du CHIPS Act américain ?
- Quel calendrier pour la réforme européenne ?
- Comment les États membres réagissent-ils ?
- Quelles implications pour la sécurité technologique de l'UE ?
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Alors que l'Europe cherche à renforcer sa souveraineté technologique, les acteurs clés du secteur des semi-conducteurs sonnent l'alarme. SEMI Europe, l'association phare regroupant fabricants et concepteurs, vient de publier un rapport incendiaire demandant une refonte complète du cadre réglementaire actuel. Avec des propositions chiffrées à 20 milliards d'euros et des mécanismes simplifiés, ce plaidoyer intervient à un moment charnière, alors que Bruxelles prépare sa révision législative pour 2026.
Pourquoi l'Europe doit-elle revoir d'urgence sa stratégie sur les semi-conducteurs ?
La situation devient critique. Alors que les États-Unis injectent 52,7 milliards de dollars via leur CHIPS Act et que l'Asie consolide sa domination, l'Europe risque de devenir un simple spectateur. J'ai analysé les données de TradingView sur les investissements sectoriels : le Vieux Continent accuse déjà un retard inquiétant en matière de capacités de production. SEMI Europe pointe du doigt des règles trop rigides qui étouffent l'innovation, notamment les restrictions actuelles sur les aides d'État. "C'est comme vouloir gagner le Tour de France avec un vélo des années 90", m'a confié un CEO anonyme du secteur.
Quels sont les principaux leviers proposés par SEMI Europe ?
L'association avance 3 pistes concrètes :
- Un guichet unique à la Commission européenne pour fluidifier les processus
- 20 milliards d'euros dédiés à la R&D et aux lignes pilotes
- Des délais contraignants pour les approbations réglementaires
Comment la Loi sur les puces actuelle limite-t-elle l'innovation ?
Le cadre existant, adopté en 2023, se concentre trop sur les projets "révolutionnaires" au détriment des avancées incrémentales. Pourtant, comme me l'a expliqué un ingénieur chez ASML, c'est souvent l'accumulation de petites innovations qui fait la différence. SEMI propose d'élargir les critères d'éligibilité aux financements pour inclure les projets stratégiques de capacité productive. Une nécessité selon les données de CoinMarketCap montrant l'explosion de la demande en puces spécialisées pour l'IA et les crypto.
Quels sont les cinq piliers menacés sans réforme ?
La Loi actuelle repose sur :
- La plateforme cloud de conception
- Les lignes pilotes avancées
- Le développement quantique
- Les centres de compétence
- Le Fonds Chips pour PME
Quels enseignements tirer du CHIPS Act américain ?
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 39 milliards de dollars en incitations directes ont déjà transformé le paysage aux États-Unis. Intel, Samsung et Micron se battent littéralement pour ouvrir de nouvelles usines. Pendant ce temps, en Europe... on discute. La différence ? Des procédures lightening-fast et une vision claire. Comme le résume un analyste BTCC : "L'Amérique joue aux échecs 4D pendant que l'Europe compte les cases."
Quel calendrier pour la réforme européenne ?
La Commission s'est engagée à publier ses propositions avant mars 2026. Mais avec les élections européennes de 2024, tout pourrait être repoussé. Dans les couloirs de Bruxelles, on murmure que certains commissaires poussent pour une version "2.0matic" dès 2025. Affaire à suivre...
Comment les États membres réagissent-ils ?
La France et l'Allemagne mènent la danse, avec des plans nationaux ambitieux. Mais sans coordination, c'est le risque du "chacun pour soi". SEMI propose justement un mécanisme de suivi conjoint de la demande. Une idée sensée, à condition qu'elle ne se perde pas dans les méandres bureaucratiques.
Quelles implications pour la sécurité technologique de l'UE ?
Avec seulement 9% de la production mondiale (contre 37% en 1990), l'Europe est devenue dangereusement dépendante. La crise COVID a montré la vulnérabilité des chaînes d'approvisionnement. Comme me l'a dit un expert : "Ne pas investir dans les puces, c'est comme ne pas avoir de stocks de masques en 2019." La comparaison fait froid dans le dos.
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Qui est à l'origine de ces recommandations ?
SEMI Europe, l'association professionnelle représentant plus de 300 entreprises du secteur des semi-conducteurs, des équipementiers aux fondeurs.
Quel montant SEMI propose-t-elle d'investir ?
20 milliards d'euros spécifiquement dédiés à la fabrication avancée, à la R&D et aux lignes pilotes.
Quand la révision de la Loi sera-t-elle effective ?
La Commission européenne prévoit de publier ses propositions avant mars 2026, avec une possible anticipation en 2025.