Lucy, l’australopithèque, fait son premier voyage en Europe avec une exposition historique à Prague
Lucy débarque à Prague—3,2 millions d'années après sa découverte.
L'icône préhistorique s'offre une tournée européenne comme aucune autre célébrité—sans jet privé, sans entourage, et avec une sobriété carbonne que les VCs de la tech ne pourront jamais acheter.
Exposition révolutionnaire
Le Musée national de Prague accueille le fossile le plus célèbre de la planète. Lucy quitte l'Éthiopie pour la première fois—un prêt diplomatique aussi rare qu'un Bitcoin sous les 50 000 $.
Paléo-diplomatie en action
Cette exposition fait plus pour les relations internationales que dix sommets du G7 réunis. Lucy unit les continents sans même lever le petit doigt—une leçon de soft power que les banques centrales devraient étudier.
Lucy contre les marchés
Sa valeur? Incalculable. Sa cote? Inébranlable. Pendant que les cryptos oscillent au gré des tweets, Lucy maintient son cours depuis trois millions d'années—le seul actif qui ne connaît pas la correction.
Les musées deviennent les nouvelles plateformes d'échange—où les actifs culturels s'échangent sans frais de transaction et avec une authentification bien plus robuste que la blockchain.
Précieusement emballés, ils ont atterri mi-août à Prague : les ossements de la plus célèbre australopithèque Lucy, découverts il y a un demi-siècle en Ethiopie, vont être exposés au musée national de Prague à partir de lundi.
Ces 52 fragments dentaires, de crâne, de bassin et de fémur, vieux de 3,18 millions d'années, "n'ont voyagé qu'une seule fois, aux États-Unis", entre 2007 et 2013, a rappelé le directeur de l'institution, Michal Lukes, à leur arrivée sur le sol tchèque.
Ils figurent parmi "les pièces paléoanthropologiques les plus précieuses et les plus anciennes au monde", souligne-t-il, saluant ce rare prêt d'une durée de 60 jours du musée national d'Éthiopie.
Les visiteurs pourront aussi découvrir le squelette quasi complet de Selam, jeune australopithèque morte à deux ans et sept mois, qui aurait vécu 100.000 années avant Lucy. Découvert en 2000, il n'avait jamais quitté l’Éthiopie.
Chanson des Beatles
Une exposition "historique" donc, selon Addis Abeba, offrant "une occasion unique de voir de près ces fossiles humains".
C'est le 24 novembre 1974, dans la région de l'Afar nichée dans le nord-est du pays, que les ossements de Lucy ont été mis au jour, permettant de composer environ 40% du squelette.
Donald Johanson, qui faisait partie de l'équipe scientifique également composée de Maurice Taieb, Yves Coppens, Jon Kalb et Raymonde Bonnefille, sera présent à l'ouverture de l'exposition lundi, aux côtés du Premier ministre tchèque Petr Fiala et de la ministre éthiopienne du Tourisme Selamawit Kassa.
D'abord appelé A.L-288-1, cet hominidé bipède a été baptisé ainsi en référence à la chanson des Beatles "Lucy in the Sky with Diamonds", écoutée par les paléontologues pendant les fouilles.
Morte possiblement entre 11 et 13 ans (ce qui est considéré comme un âge adulte pour cette espèce), mesurant moins d'1,10 m de haut et pesant autour de 29 kg, Lucy est habituellement conservée dans une pièce non ouverte au public au cœur de la capitale éthiopienne.
Tante de l'humanité
Sa découverte "a révolutionné" la recherche scientifique et la compréhension de nos ancêtres", "d'abord en raison de son état de conservation exceptionnel, et ensuite du fait de son âge", explique Abebaw Ayalew Gella, directeur de l'Autorité éthiopienne de protection du patrimoine.
Tout comme Selam, le plus vieil enfant du monde, Lucy est "une ambassadrice de l’Éthiopie, berceau de l'humanité", s'enthousiasme-t-il.
Longtemps décrite comme la grand-mère de l'humanité, elle est aujourd'hui plutôt considérée comme une tante ou une cousine - sa filiation directe avec l'Homme étant contestée.
Selon une étude publiée en 2016 dans la revue Nature, elle passait au moins un tiers de son temps dans les arbres où elle dormait pour échapper aux prédateurs, ce qui lui aurait été fatal puisque qu'elle est "probablement" morte après une chute.
De nombreuses trouvailles ont depuis rebattu les cartes, en Ethiopie, en Afrique du Sud, au Kenya mais aussi au Tchad.
Toumaï, considéré par certains paléontologues comme le premier représentant de la lignée humaine du haut de ses 7 millions d'années, ou encore Ardi, âgé de 4,5 millions d'années, ont rejoint Lucy au panthéon préhistorique.
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