Turquie : Le concert d’Enrico Macias interdit – une décision politique qui secoue la scène culturelle
La Turquie interdit le concert d'Enrico Macias en raison de son soutien affiché à Israël – une décision qui envoie une onde de choc à travers le monde artistique.
Les autorités turques justifient l'annulation par des « considérations de sécurité nationale », mais les observateurs y voient un geste politique calculé. Macias, icône de la chanson française, n'a jamais caché ses positions pro-israéliennes – un stance qui lui vaut désormais une censure directe.
Impact économique et symbolique
Les annulations de concerts ne sont pas anodines : billetterie perdue, contrats rompus, image internationale écornée. La Turquie, qui cherche à attirer les investissements étrangers, pourrait voir sa crédibilité culturelle entachée – un mauvais calcul à l’heure où le soft power vaut plus que des réserves de fiat.
Un précédent dangereux
Cette décision ouvre la porte à une instrumentalisation politique de la culture. Artistes, investisseurs et promoteurs devront désormais naviguer un paysage encore plus polarisé – où l’expression artistique peut valoir annulation sèche. Comme dirait un trader de crypto : « La décentralisation, ça évite ce genre de black-out centralisé. »
Enrico Macias au festival de Cannes dans les Alpes-Maritimes le 13 mai 2025 ( Valery HACHE / AFP/Archives )
Les autorités turques ont annoncé mercredi avoir interdit un concert du chanteur français Enrico Macias programmé vendredi à Istanbul, à la suite d'appels à manifester contre l'artiste en raison de ses positions pro-Israël.
Le gouvernorat d'Istanbul indique dans un communiqué avoir voulu prévenir toute manifestation, en marge du concert, "contre le génocide (de) l'État terroriste Israël à Gaza et ses partisans", jugeant cependant légitimes les appels à protester.
"Cela fait plus de soixante ans que j'ai le privilège de chanter à Istanbul et à Izmir, deux villes que j'affectionne particulièrement pour leur public extraordinaire", a réagi auprès de l'AFP l'artiste âgé de 86 ans.
"Je suis profondément surpris et attristé de ne pas pouvoir retrouver mon public, avec lequel je partage depuis toujours des valeurs de paix et de fraternité", a-t-il ajouté.
Dans une interview au média français Legend diffusée mi-août sur YouTube, l'artiste, qui a défendu plusieurs fois la réponse d'Israël à l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas du 7 octobre 2023, déclarait avoir "toujours chanté la paix entre les juifs et les musulmans. Tout le temps".
"Je suis le premier juif à avoir réuni les juifs et les musulmans", affirmait-il.
"Mon problème, c'est que je ne supporte pas la violence des terroristes. (...) Et s'il y a eu la violence du côté israélien, c'est à cause du Hamas", ajoutait-il en soulignant n'avoir "rien contre les Palestiniens".
Le chanteur, né en 1938 dans une famille juive arabe de Constantine, n'est jamais retourné en Algérie depuis son départ en 1961, en raison du tollé systématique au sein d'une partie de la classe politique lui reprochant son soutien à Israël.
"Je garde espoir. Si la destinée qui me reste veut que je retourne en Algérie, je ne refuserai pas", confiait-il au printemps 2023 à l'AFP.
Avec plus de 60 ans de carrière et 150 chansons au compteur, Enrico Macias a contribué à populariser la musique arabo-andalouse. Ses tubes comme "Enfants de tous pays" et "Les gens du nord" font partie du patrimoine de la chanson francophone et ont voyagé dans de nombreux pays.
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