Le Texas adopte une carte électorale redécoupée à la demande de Trump - Un remake politique qui sent le réchauffé
Le Lone Star State replonge dans le jeu des redistributions électorales - une manœuvre qui fait sourire les initiés de la politique spectacle.
Cartographie stratégique
Les nouveaux tracés redessinent brutalement le paysage politique local. Certains districts se retrouvent méconnaissables - d'autres consolidés avec une précision chirurgicale. L'équipe Trump affirme simplement maximiser l'efficacité démocratique.
Conséquences en cascade
Les observateurs prévoient des contestations judiciaires immédiates. Les groupes de défense du vote promettent des batailles légales jusqu'à la Cour suprême. Le calendrier électoral 2026 pourrait devenir un champ de mines procédural.
Le Texas rejoue donc son grand classique : un remaniement électoral qui, comme les stablecoins gouvernementaux, promet stabilité mais délivre surtout volatilité contrôlée.
Le bâtiment du Capitole texan, le 26 janvier 2023 à Austin ( Daniel SLIM / AFP/Archives )
Le Parlement du Texas a définitivement adopté vendredi une nouvelle carte électorale qui devrait permettre aux républicains de glaner jusqu'à cinq sièges supplémentaires au Congrès de Washington lors des législatives de 2026.
Donald trump avait exercé une pression publique sur les responsables républicains de cet Etat du sud du pays pour effectuer ce redécoupage visant à préserver sa majorité actuelle étriquée au Congrès au-delà des élections de mi-mandat, en novembre de l'année prochaine.
Le gouverneur républicain, Greg Abbott, doit désormais promulguer cette nouvelle carte.
"On est en route pour cinq sièges supplémentaires au Congrès et sauver vos droits, vos libertés, et votre pays, lui-même", s'était félicité Donald Trump mercredi sur sa plateforme Truth Social, ajoutant: "Le Texas ne nous laisse jamais tomber".
La carte électorale du Texas va être modifiée de manière à ce que le vote démocrate soit dilué, une technique de charcutage électoral nommée "gerrymandering".
Les élus démocrates, en minorité au Parlement texan, ont tenté tant bien que mal de s'y opposer.
Ils avaient fui l'Etat début août, se réfugiant à Chicago ou New York, afin qu'un quorum ne soit pas atteint. Leur départ avait empêché les républicains d'organiser un vote sur le texte pendant plus de deux semaines.
Le groupe démocrate à la Chambre des représentants du Texas a notamment dénoncé la volonté des républicains de "réduire au silence les électeurs des minorités par un +gerrymandering+ raciste", estimant que la nouvelle carte électorale dilue les voix des électorats afro-américain et hispanique qui, en majorité, votent traditionnellement démocrate.
Sur les 38 députés du Texas au Congrès à Washington, 25 sont actuellement républicains. La Maison Blanche en espère 30 l'an prochain.
Riposte en Californie
Face à cette initiative texane, la Californie, gouvernée par le démocrate Gavin Newsom, a lancé les démarches pour riposter et redécouper sa propre carte, en faveur des démocrates.

Le gouverneur de 57 ans, qui prétend au rôle d'opposant numéro un à Donald Trump, a proposé une carte californienne qui pourrait offrir à son parti cinq autres élus au Congrès, permettant ainsi de compenser les pertes au Texas.
"Nous ripostons à ce qui s'est passé pour nous au Texas", a déclaré jeudi Gavin Newsom dans une interview au podcasteur progressiste David Pakman.
"De quelle preuve supplémentaire d'autoritarisme avez-vous besoin?", a-t-il ensuite lancé.
"Ces gars-là ne jouent pas (...), les gens doivent se réveiller et ouvrir les yeux", a ajouté le gouverneur, dénonçant un Donald Trump qui ne "respecte aucune règle".
Le Parlement californien a ainsi adopté jeudi une résolution qui organise un référendum en novembre, et qui, en cas d'approbation, redonnerait aux élus le pouvoir de redessiner les circonscriptions, à la place d'une commission indépendante, comme c'est le cas depuis 2010.
Une réponse "intelligente et mesurée" à Donald Trump, a estimé cette semaine Barack Obama, président des Etats-Unis entre 2009 et 2017.

Au-delà du Texas, Donald Trump aimerait redécouper les cartes de l'Indiana, de l'Ohio ou encore du Missouri.
Pour la gouverneure démocrate de l'Etat de New York, Kathy Hochul, il s'agit là du "dernier soubresaut d'un parti désespéré qui s'accroche au pouvoir". Elle a averti le président Trump dans un communiqué qu'elle "l'affronterait sur le même terrain et le battrait à son propre jeu", à l'image de la Californie.
Mais à l'inverse du Texas, où le processus législatif permet ce redécoupage relativement facilement, les Etats démocrates comptent plus de garde-fous, pour certains d'ordre constitutionnel, qui limitent leur marge d'action.
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