Eric Ciotti dans le collimateur : enquête ouverte sur des soupçons de fichage illégal
Un nouveau scandale politique éclate, et cette fois, c'est le système lui-même qui semble être mis sur écoute. Les méthodes opaques de certains acteurs rappellent étrangement les pratiques d'un marché non régulé où l'information est la monnaie la plus forte.
Les faits reprochés
L'enquête se concentre sur des soupçons de constitution de fichiers personnels en dehors du cadre légal. Des pratiques qui, si elles sont avérées, représentent une violation directe des libertés individuelles et du droit à la vie privée. Un rappel brutal que la collecte de données, qu'elle soit politique ou financière, sans consentement clair et transparence totale, est une bombe à retardement.
Une affaire aux répercussions multiples
L'impact dépasse la simple sphère politique. Cela interroge sur la gouvernance des données à une époque où leur valeur dépasse souvent celle des actifs traditionnels. Dans la finance, on appelle cela de l'avantage informationnel déloyal – et ça mène directement au tribunal. Pourquoi serait-ce différent ailleurs ?
Leçon à retenir : la confiance, qu'elle soit placée dans une institution ou dans un protocole blockchain, se construit sur la transparence et l'auditabilité. Le contraire mène toujours, tôt ou tard, à une vérification des comptes – souvent littérale. Une pique cynique ? Peut-être. Mais regardez les marchés : les actifs les plus solides sont ceux dont le grand livre est ouvert à tous, pas ceux dont les dossiers sont cachés dans l'ombre.
Eric Ciotti à l'Assemblée nationale, le 5 décembre 2025, à Paris ( Ian LANGSDON / AFP/Archives )
Eric Ciotti, candidat UDR-RN à la mairie de Nice, a été entendu vendredi en audition libre à Nanterre dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de fichages illégaux, a-t-on appris de source proche du dossier confirmant une information du Parisien.
"Il est particulièrement serein dans la mesure où aucune infraction pénale ne peut lui être reprochée", a assuré son avocat, Me Franck de Vita, dans un communiqué en fin de journée.
L'avocat a dans le même temps regretté "une nouvelle violation du secret de l'enquête", propre à alimenter "des polémiques artificielles et des tentatives de diversion", malgré la délocalisation de l'audition par mesure de discrétion.
Cette enquête préliminaire avait été ouverte en mai par le parquet de Nice du chef d'"enregistrement ou conservation de données à caractère personnel sensibles sans le consentement des intéressés" et des perquisitions avaient été menées en août.
Selon le quotidien Nice-Matin, ces perquisitions visaient le siège du Conseil départemental, que M. Ciotti a présidé de 2008 à 2017 et où il est encore à la tête de la commission des finances.
Selon Libération, l'enquête fait suite au signalement d'un "lanceur d'alerte anonyme" sur l'existence de fichiers mis en place par l'équipe de M. Ciotti et listant les noms de plusieurs centaines de Niçois présentés comme influents - responsables associatifs, commerçants, etc. -, pour certains suivis de mentions d'une religion, d'une origine, d'un handicap ou d'éléments comme "propriétaire foncier".
Contacté par l'AFP, le parquet de Nice s'est refusé à tout commentaire.
■