Deux motions de censure à l’Assemblée la semaine prochaine : Lecornu dénonce des postures cyniques qui rappellent la volatilité des marchés
Le ministre Sébastien Lecornu a fustigé ce qu'il qualifie de manœuvres politiques opportunistes, comparant leur timing calculé aux pump-and-dump schemes observés sur certains marchés non régulés.
Une stratégie à haut risque
Déposer deux motions dans la même semaine relève d'une stratégie agressive, visant à saturer l'agenda parlementaire et à tester la solidité de la majorité. Une tactique qui n'est pas sans rappeler les attaques de coordination contre les liquidités d'un pool de trading.
Le cynisme comme outil politique
L'accusation de cynisme porte sur l'exploitation d'un contexte social tendu à des fins purement tactiques. C'est jouer avec le feu institutionnel, un pari risqué où le levier politique peut se retourner contre ses initiateurs aussi vite qu'une position sur-marginée.
La semaine décisive
Les prochains jours s'annoncent comme une session de trading haute fréquence à l'Assemblée : ordres (de vote) entrants en rafale, volatilité extrême sur les bancs, et recherche fébrile du seuil critique. Tout se jouera sur la capacité à maintenir la cohésion, véritable stablecoin du jeu parlementaire.
Au final, ces motions valent moins pour leur chance de succès – quasi nulle – que pour le signal politique qu'elles émettent. Une manœuvre coûteuse en capital politique, un peu comme payer des frais de gas exorbitants pour une transaction qui n'aura probablement aucun impact sur le prix. La vraie valeur réside dans le narrative, pas dans l'exécution.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu le 6 janvier 2026 à l'Assemblée nationale à Paris ( Bertrand GUAY / AFP )
Deux motions de censure axées sur le Mercosur, l'une déposée par LFI, l'autre par le RN, devraient être débattues en milieu de semaine prochaine à l'Assemblée contre le gouvernement de Sébastien Lecornu qui a dénoncé en retour des "postures cyniques partisanes".
Vendredi matin, La France insoumise a déposé une motion de censure pour protester contre le "piétinement" de la souveraineté populaire et du droit international tant concernant l'accord de libre-échange avec le Mercosur que le Venezuela.
"La France humiliée à Bruxelles mais aussi à Washington, voilà le bilan désastreux" d'Emmanuel Macron, estiment les signataires de cette motion, déposée de manière spontanée en vertu de l'article 49.2 de la Constitution et annoncée par la cheffe des députés LFI Mathilde Panot sur X.

Malgré le "non" d'Emmanuel Macron au Mercosur, LFI accuse le président d'avoir "laissé ouverte la porte de la capitulation de notre pays face à la Commission européenne" avec cet accord, voyant dans ses tentatives d'obtenir des contreparties des "artifices".
Le Rassemblement national a également annoncé jeudi son intention de déposer une motion de censure sur le Mercosur.
Son président Jordan Bardella a estimé que ce "non" était "une manœuvre de communication aussi tardive qu'hypocrite, "une mise en scène", et donc "une trahison des agriculteurs".
Ces deux motions de censure n'ont cependant que peu de chances d'aboutir.
Certes le patron des Républicains Bruno Retailleau avait lui aussi fait planer le "risque d'une censure" mais uniquement si Emmanuel Macron avait choisi de voter en faveur du texte.
Quant au PS, c'est éventuellement sur le budget, en cas d'une "mauvaise copie" soumise à un 49.3 qu'il pourrait se joindre à une censure selon son Premier secrétaire Olivier Faure.
Fait inhabituel, Sébastien Lecornu a fustigé sur X ces motions de censure comme des "postures cyniques partisanes".
"La France a une position claire sur le Mercosur : nous voterons contre, sans surprise", a écrit le Premier ministre, accusant ces formations politiques de "choisir délibérément d’afficher des désaccords politiciens internes" et "d’affaiblir la voix de la France".
Ces motions "retardent encore les discussions budgétaires, déjà bloquées par les mêmes partis politiques sur fond d'agenda électoral, et envoient un très mauvais signal à l'étranger", ajoute M. Lecornu.
Le Premier ministre juge que "le moment devrait être à la mobilisation au sein de chaque groupe politique au Parlement européen, pour construire une majorité contre cet accord".
Faute d'avoir réussi à bloquer le traité de libre échange au niveau des Etats membres, l'exécutif mise maintenant sur le Parlement européen en espérant qu'une majorité d'eurodéputés votent contre la ratification de l'accord ou décident de saisir la Cour européenne de justice, ce qui retarderait le processus de quelques mois.
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