Grok désactive son outil de dénudement pour les non-abonnés - Une stratégie payante ?
Grok tire le rideau sur sa fonctionnalité la plus controversée pour les utilisateurs gratuits. L'outil de dénudement, qui avait fait couler beaucoup d'encre, devient désormais l'apanage exclusif des abonnés premium.
Le mur payant se dresse
La plateforme érige une barrière monétaire autour de sa technologie la plus sensible. Les utilisateurs non-abonnés se retrouvent soudainement privés d'un accès qu'ils tenaient pour acquis - une manœuvre qui sent bon la monétisation agressive.
Stratégie ou nécessité ?
Grok justifie ce virage par des impératifs techniques et éthiques. L'entreprise affirme vouloir mieux contrôler l'utilisation de ses outils les plus puissants. Les détracteurs y voient plutôt une tentative de booster les revenus récurrents.
L'effet crypto
Cette décision rappelle étrangement les pratiques de certaines plateformes DeFi qui verrouillent les fonctionnalités avancées derrière des jetons de gouvernance. Une logique où l'accès se monnaie, et où la valeur se mesure en abonnements plutôt qu'en utilité réelle.
Grok transforme ainsi son outil le plus viral en produit d'appel premium. Une stratégie risquée dans un écosystème numérique où les alternatives gratuites pullulent. Reste à savoir si les utilisateurs accepteront de payer pour un service qu'ils obtenaient hier sans contrepartie.
(Photo d'archives) Ecrans affichant le logo de Grok, un chatbot d'IA générative développé par la société américaine xAI, et son fondateur, l'homme d'affaires américano-sud-africain Elon Musk, le 13 janvier 2025 à Toulouse (France) ( Lionel BONAVENTURE / AFP/Archives )
Grok, l'assistant d'intelligence artificielle de la plateforme d'Elon Musk, a désactivé vendredi pour les utilisateurs non payants sa fonctionnalité de création d’images, sous le feu des critiques après avoir permis de générer de fausses images de femmes et de mineurs à caractère sexuel.
Ces images, réalisées en retouchant des photos ou vidéos de personnes réelles pour les dénuder, ont suscité des protestations à travers le monde.
Sollicité vendredi par des utilisateurs sur X, la plateforme sociale d'Elon Musk, Grok a répondu: "La génération et l’édition d’images sont actuellement réservées aux abonnés payants. Vous pouvez vous abonner pour débloquer ces fonctionnalités".
La Commission européenne avait annoncé jeudi avoir imposé à X une mesure conservatoire, à la suite du scandale des images sexuelles de mineurs générés par Grok.
L'exécutif européen a pris une "ordonnance de conservation", une mesure juridique qui impose à X "de conserver tous ses documents internes relatifs à Grok, et ce jusqu'à la fin 2026", a précisé à la presse un porte-parole de la Commission.
L'UE avait infligé début décembre une amende de 120 millions d'euros à X pour infraction au règlement sur les services numériques, le DSA, malgré les menaces récurrentes du président américain Donald trump qui accuse le bloc européen de cibler les champions américains via sa législation numérique.
Le gouvernement britannique avait quant à lui appelé X mardi à trouver "de toute urgence" une solution pour éviter la prolifération de fausses images "révoltantes" de femmes et de mineurs dénudés générées par Grok.
"Ce que nous avons vu en ligne ces derniers jours est absolument révoltant et inacceptable dans une société digne de ce nom", a déclaré Liz Kendall, la ministre en charge des Technologies dans le gouvernement travailliste de Keir Starmer.
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