« On n’est pas autistes » : le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou présente ses excuses officielles
Le ministre du Travail français déclenche une tempête médiatique avec des propos controversés sur l'autisme
Mea culpa gouvernemental
Jean-Pierre Farandou reconnaît ses torts après une sortie maladroite qui a provoqué l'indignation des associations. Le ministre assume pleinement la responsabilité de ses mots et présente ses excuses officielles.Communication en crise
Les équipes du ministère travaillent à contenir les retombées médiatiques. Une cellule de crise aurait été activée pour gérer les réactions sur les réseaux sociaux et dans la presse.Le poids des mots
L'incident relance le débat sur le langage utilisé par les personnalités politiques. Une sensibilité croissante s'installe dans le discours public concernant les questions de neurodiversité. Comme dirait un trader de crypto : « En politique comme en finance, ce sont souvent les paroles qui coûtent le plus cher ».
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou (g), et le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, à l'Assemblée nationale, le 14 octobre 2025 à Paris ( Thomas SAMSON / AFP )
Le nouveau ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a présenté ses excuses dans la nuit de mardi à mercredi après avoir maladroitement justifié la suspension de la réforme des retraites en assurant que le gouvernement ne restait "pas sourd, pas autiste" face au mécontentement populaire.
"En utilisant le terme d'autiste, mes propos ont blessé et ce n'était pas mon intention. J'en suis sincèrement désolé et je présente mes excuses", a écrit le ministre du Travail et des Solidarités sur le réseau X.
Mardi soir, lors de sa première interview télévisée dans le JT de 20H de France 2, l'ex-patron de la SNCF avait jugé la réforme des retraites "nécessaire". Mais "le Premier ministre l'a dit, on n'est pas sourds, on n'est pas autistes, on voit bien qu'elle passe mal cette réforme, il y a des réactions, des inquiétudes, des mécontentements qui s'expriment", avait-il dit.
Cette sortie avait fait réagir sur les réseaux sociaux des élus de gauche et associations de défense des personnes handicapées.
"Etre autiste n'est pas une incapacité à comprendre les choses. C'est une particularité neurodéveloppementale, pas un défaut d'intelligence ou d'empathie", a souligné sur X la députée écologiste Marie-Charlotte Garin. "Ces mots blessent, stigmatisent, perpétuent des clichés, et participent à l'exclusion des personnes autistes, c'est du validisme", a-t-elle protesté.
"L'autisme n’est ni un défaut ni une insulte. Les mots comptent, surtout quand ils viennent d’un ministre des Solidarités", a fustigé le député Génération.s de Dordogne Sébastien Peytavie.
"Ce serait bien effectivement que le ministre des Solidarités évite d’utiliser le terme +autiste+ à tort et à travers !", a aussi critiqué le collectif Handicaps.
"Dire +on n’est pas sourds, on n’est pas autistes+ n’est pas une maladresse: c’est une faute. Utiliser le handicap pour schématiser l’incompréhension ou la fermeture, c’est méprisant (...). Ces mots révèlent un immense manque de culture du handicap au sommet de l’État et, plus largement, dans notre société", a déploré sur X Florian Deygas, représentant d'APF France-Handicap dans les Landes.
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