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Nucléaire : le compte à rebours fatal vers le rétablissement des sanctions contre l’Iran

Nucléaire : le compte à rebours fatal vers le rétablissement des sanctions contre l’Iran

Published:
2025-09-26 22:05:54
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Le sablier géopolitique s'accélère - les sanctions reviennent en force contre Téhéran.

La diplomatie nucléaire entre dans sa phase la plus critique depuis l'accord de 2015. Les observateurs internationaux surveillent chaque mouvement avec une intensité croissante, anticipant des répercussions économiques immédiates.

Marchés sous tension

Les places financières mondiales commencent déjà à intégrer le risque géopolitique renouvelé. Les traders ajustent leurs portefeuilles face à l'incertitude grandissante - comme si les marchés traditionnels n'avaient pas assez de volatilité artificielle déjà.

Les capitales occidentales alignent leurs positions tandis que Téhéran maintient sa posture défensive. Chaque déclaration officielle fait osciller les indicateurs économiques, rappelant cruellement l'interdépendance entre stabilité politique et santé financière.

Le compte à rebours est lancé - et cette fois, les conséquences pourraient dépasser les frontières du nucléaire pour frapper au cœur de l'économie globale. Les investisseurs traditionnels se cramponnent à leurs actifs refuges habituels, ignorant superbement les alternatives décentralisées qui, ironiquement, pourraient bien résister mieux aux chocs géopolitiques que leurs précieux métaux et obligations.

Le président iranien Massoud Pezeshkian lors de l'Assemblée général de l'ONU, le 24 septembre 2025 à New York

Le président iranien Massoud Pezeshkian lors de l'Assemblée général de l'ONU, le 24 septembre 2025 à New York ( ANGELA WEISS / AFP )

Les sanctions de l'ONU contre l'Iran seront formellement rétablies samedi soir après l'échec des négociations avec les Occidentaux, qui réclament des gages sur son programme nucléaire, le président iranien fustigeant une exigence américaine de céder "tout" l'uranium enrichi.

Selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Iran est le seul pays non doté de l'arme nucléaire à enrichir l'uranium à un niveau élevé (60%) proche du seuil technique de 90%, nécessaire à la fabrication de la bombe atomique.

Téhéran se défend d'avoir de telles ambitions sur le plan militaire mais insiste sur son droit au nucléaire à des fins civiles, notamment pour produire de l'électricité.

L'accord sur le nucléaire (JCPOA) conclu en 2015 entre l'Iran et les grandes puissances plafonnait ce taux à 3,67%.

D'après l'AIEA, l'Iran dispose d'environ 440 kilos d'uranium enrichi à 60%, un stock qui, s'il était enrichi jusqu'au niveau de 90%, permettrait au pays de se doter de 8 à 10 bombes nucléaires, selon des experts européens.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé samedi que les Etats-Unis avaient exigé de l'Iran de lui remettre "tout" son uranium enrichi en échange d'une prolongation pour trois mois d'une suspension des sanctions, qualifiant cette requête d'"inacceptable".

"Ils veulent que nous leur cédions tout notre uranium enrichi", a déclaré à la télévision d'Etat M. Pezeshkian avant de s'envoler pour Téhéran, depuis New York où il a assisté à l'Assemblée générale de l'ONU.

"Dans quelques mois, ils auront une nouvelle exigence et diront (de nouveau) qu'ils veulent rétablir le snapback", a ajouté le président iranien, en référence au mécanisme de rétablissement des sanctions onusiennes qui entrera en vigueur sauf rebondissement dans la nuit de samedi à dimanche.

Réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'Iran, le 19 septembre 2025 à New York

Réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur l'Iran, le 19 septembre 2025 à New York ( ANGELA WEISS / AFP/Archives )

Le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, groupe de pays appelés E3, ont déclenché fin août ce dispositif qui permet dans un délai de 30 jours de rétablir les sanctions levées en 2015 après l'accord sur le nucléaire iranien.

Après le feu vert du Conseil de sécurité de l'ONU et l'échec vendredi de la Russie et de la Chine à repousser la date butoir, de lourdes sanctions, allant d'un embargo sur les armes à des mesures économiques, seront rétablies dans la nuit de samedi à dimanche, sauf coup de théâtre de dernière minute.

En protestation, l'Iran a rappelé samedi "pour consultations" ses ambassadeurs en France, en Allemagne et au Royaume-Uni, a indiqué la télévision d'Etat.

"Gestes concrets"

Des réunions au plus haut niveau se sont multipliées toute la semaine en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York pour tenter de trouver une solution diplomatique.

Mais le trio européen a jugé que Téhéran n'avait pas fait les "gestes concrets".

Le président iranien Massoud Pezeshkian (g) et son homologue français Emmanuel Macron lors d'une réunion bilatérale en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, le 24 septembre 2025 à New York

Le président iranien Massoud Pezeshkian (g) et son homologue français Emmanuel Macron lors d'une réunion bilatérale en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, le 24 septembre 2025 à New York ( Ludovic MARIN / AFP )

Les Européens avaient posé trois conditions: reprise des négociations avec les Etats-Unis; accès des inspecteurs de l'AIEA sur les sites nucléaires sensibles de Natanz, Fordo et Ispahan, bombardés en juin par Israël et les Etats-Unis; processus pour sécuriser le stock d'uranium enrichi.

Après avoir suspendu ses relations avec l'agence onusienne à la suite des attaques de juin, l'Iran avait accepté début septembre un nouveau cadre de coopération avec l'AIEA.

Des inspections de certains sites nucléaires ont repris cette semaine, selon l'agence.

Dans ce contexte, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a accusé Américains et Européens de "mauvaise foi", jurant que son pays ne céderait "jamais à la pression". Mais il a également laissé la porte ouverte aux négociations.

Les Iraniens jugent illégal le processus de rétablissement des sanctions, tout comme la Chine et la Russie.

Les deux pays ont proposé, sans succès, vendredi au Conseil de sécurité de l'ONU de prolonger de six mois l'accord sur le nucléaire iranien qui expire le 18 octobre, afin de donner plus de chances à la diplomatie.

Désaccord de la Russie

Dans ces conditions, des observateurs craignent que certains pays, notamment la Russie, décident de s'affranchir de la décision du Conseil de réimposer les sanctions. Une hypothèse qu'a d'ailleurs semblé suggérer vendredi l'ambassadeur adjoint russe à l'ONU Dmitry Polyanskiy.

L'enrichissement de l'uranium

L'enrichissement de l'uranium ( Tupac POINTU, Sabrina BLANCHARD / AFP/Archives )

"Il n'y a pas de snapback et il n'y aura pas de snapback. Toute tentative de ressusciter les résolutions anti-iraniennes du Conseil de sécurité en place avant 2015 est nulle et non avenue", a-t-il martelé après l'échec du vote.

En 2015, France, Royaume-Uni, Allemagne, Etats-Unis, Russie et Chine avaient conclu avec Téhéran un accord, prévoyant un encadrement des activités nucléaires iraniennes en échange d'une levée des sanctions.

Les Etats-Unis, sous le premier mandat du président Donald Trump, ont décidé en 2018 de s'en retirer et de rétablir leurs propres sanctions.

L'Iran s'est ensuite affranchi de certains engagements, notamment sur l'enrichissement d'uranium.

"L'Iran n'a jamais cherché et ne cherchera jamais à fabriquer une bombe atomique. Nous ne voulons pas d'armes nucléaires", a affirmé cette semaine à la tribune de l'ONU le président iranien.

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