Exor rejette l’offre et déclare que la Juventus n’est pas à vendre, quelles que soient les conditions.

Le club italien de la Juventus reste un joyau familial, fermement hors du marché.
Exor, le holding de la famille Agnelli, a clairement fermé la porte. Aucune offre, aucun montant, aucune condition ne modifiera leur position : la Juventus n'est pas à vendre. Point final.
Une leçon de souveraineté dans un monde financier obsédé par les transactions
Dans un paysage économique où tout semble avoir un prix, le refus catégorique d'Exor fait figure d'exception. C'est un rappel brutal que certains actifs transcendent la simple logique comptable—leur valeur est ancrée dans l'héritage, la passion et l'identité, des variables que même le modèle DCF le plus sophistiqué peine à chiffrer. Une rebuffade qui, ironiquement, pourrait bien faire grimper la 'cote' sentimentale du club bien au-delà de toute évaluation boursière.
Alors que les fonds spéculatifs parcourent le globe en quête de la prochaine proie, Turin envoie un message sans équivoque. Certains coffres-forts, surtout ceux qui renferment des trophées et des légendes, restent verrouillés. Même face à un chèque en blanc.
Agnellis tient la Juventus en échec tandis que Tether accentue la pression.
Cette offre intervient alors que les Agnelli étudient d'éventuelles cessions, notamment une réévaluation de Gedi Gruppo Editoriale, mais la Juventus n'est pas concernée par cette opération. La famille contrôle le club depuis plus d'un siècle.
Ce timing tombe à point nommé pour la Juventus, actuellement septième de Serie A, qui risque de manquer les compétitions européennes, impacterait négativement ses revenus médiatiques et commerciaux. L'équipe n'a pas retrouvé le niveau qui lui permettait d'avoir remporté neuf titres consécutifs en Serie A, une série qui s'est achevée en 2021.
Les problèmes ne se limitent pas au terrain. En 2023, la Fédération italienne de football a retiré 10 points à la Juventus suite à une enquête sur sa comptabilité des transferts de joueurs. L'action de la Juventus a chuté de 27 % cette année.
Rien de tout cela n'arrête Tether. La société de cryptomonnaies détient désormais 11,5 % de l'équipe, une participation qu'elle a constituée à partir de février, et souhaite en prendre le contrôle total.
Paolo Ardoino, directeur général de Tether, déclare : « Pour moi, la Juventus a toujours fait partie de ma vie. J’ai grandi avec cette équipe. » Paolo ajoute que la communication entre les actionnaires a été « très, très limitée ».
Tether apporte cash tandis qu'Exor conserve sondent.
L'écart entre les deux camps est considérable. Exor possède un actif net de 36,4 milliards d'euros et détient Ferrari, Stellantis et Christian Louboutin. La Juventus ne représente qu'une petite partie de la valeur totale d'Exor.
Tether a une histoire totalement différente. Fondée en 2014, l'entreprise a fonctionné pendant des années sans bureaux publics et a ouvert son siège social officiel au Salvador en janvier. Elle ne possède pas de conseil d'dent indépendant et communique peu sur sa structure.
Malgré cela, Tether dégage d'énormes bénéfices. L'USDT, son stablecoin, est le jeton le plus utilisé dans le monde des cryptomonnaies. Selon les dernières attestations, Tether possède 181 milliards de dollars d'actifs, dont 135 milliards en bons du Trésor américain.
Les bénéfices dépassent les 10 milliards de dollars au cours des neuf premiers mois de 2025. Tether investit également dans des domaines comme l'IA et l'agriculture, diversifiant ainsi ses activités au-delà des cryptomonnaies.
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