Citigroup prédit un boom blockchain en 2025 grâce à son ’moment ChatGPT’
La banque américaine voit dans les progrès de l’IA le catalyseur qui propulsera enfin la blockchain dans le mainstream. Un pari audacieux - ou un coup de com’ pour faire oublier ses derniers scandales réglementaires ?
Selon leur rapport phare, les smart contracts deviendront aussi faciles à coder qu’un prompt ChatGPT d’ici 18 mois. Les institutions financières, toujours en retard d’une innovation, se bousculeront alors pour ’disrupter’ (traduction : rattraper leur retard).
Reste à savoir si cette prédiction tient plus du wishful thinking que de l’analyse sérieuse. Après tout, Wall Street adore les buzzwords... jusqu’à ce que la SEC leur tombe dessus.
En bref
- Citigroup prévoit un tournant majeur pour la blockchain en 2025, comparable à l’effet ChatGPT dans l’IA.
- Le marché des stablecoins pourrait atteindre 3 700 milliards de dollars d’ici 2030.
- L’administration Trump et le GENIUS Act soutiennent une réglementation claire des stablecoins.
- USDT et USDC dominent 90 % du marché, mais les risques de dépegging, comme en 2023, restent une menace majeure.
- La blockchain pourrait transformer les systèmes publics en remplaçant les infrastructures centralisées par des solutions décentralisées plus efficaces.
Vers un « moment ChatGPT » pour la blockchain ?
Au moment où les stablecoins apparaissent comme la plus grande menace pour l’Europe, la banque d’investissement Citigroup estime que ce marché pourrait atteindre jusqu’à 3 700 milliards de dollars d’ici 2030, dans un scénario optimiste. Même dans un scénario plus modéré, leur capitalisation serait de 1 600 milliards de dollars. Cette croissance reposerait principalement sur une intégration plus poussée de la blockchain dans le système financier traditionnel, grâce à une clarification réglementaire.
Citigroup souligne que la récente orientation pro-crypto de l’administration Trump favorise l’émergence de cadres légaux comme le GENIUS Act, qui vise à encadrer l’usage des stablecoins pour les paiements. En parallèle, les émetteurs de stablecoins devront adosser leurs actifs à des bons du Trésor américains, renforçant ainsi leur rôle dans la gestion des réserves financières globales.
Entre risques de dépegging et promesses pour le secteur public
Aujourd’hui, les stablecoins dominés par le dollar, tels que USDT et USDC, représentent déjà 90 % du marché, dont la capitalisation a grimpé à 230 milliards de dollars. Citigroup anticipe que cette domination américaine persistera, même si la Chine et l’Europe cherchent à imposer leurs propres monnaies numériques.
Malgré cet engouement, des défis subsistent. Le risque de depegging — comme celui d’USDC en 2023 après la chute de la Silicon Valley Bank — demeure préoccupant. Plus de 1 900 cas ont été recensés cette année-là. Enfin, Citigroup note que la blockchain pourrait aussi révolutionner les systèmes publics, en remplaçant les infrastructures centralisées par des modèles décentralisés plus efficaces et plus transparents.
Alors que la réglementation s’aligne et que l’adoption institutionnelle s’accélère, les stablecoins pourraient devenir l’épine dorsale de la finance numérique mondiale ! D’autant plus que la Russie s’apprête à lancer son propre stablecoin, et se détourner définitivement de l’USDT. Si les défis subsistent, Citigroup anticipe un avenir où la blockchain ne serait plus une promesse, mais une infrastructure clé des systèmes financiers et publics de demain.
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