La BCE estime que l’euro numérique pourrait supplanter la moitié des espèces en circulation
Selon une récente analyse de la Banque centrale européenne (BCE), l’introduction d’un euro numérique pourrait progressivement remplacer jusqu’à 50 % des billets physiques actuellement en circulation. Cette transition reflète l’évolution des habitudes de paiement vers le numérique, tout en soulevant des questions sur l’inclusion financière et la stabilité du système monétaire. Les experts soulignent que cette initiative pourrait renforcer l’efficacité des transactions tout en nécessitant des garde-fous réglementaires pour prévenir les risques cybernétiques et garantir l’accessibilité pour tous les utilisateurs.
En bref
- La BCE prévoit que l’euro numérique pourrait remplacer jusqu’à 50 % des billets et 30 % des dépôts bancaires.
- Trois scénarios d’adoption sont envisagés, avec un impact allant de 15 à 256 milliards d’euros en billets retirés.
- Le lancement officiel de l’euro numérique est prévu pour octobre 2025.
- Contrairement aux États-Unis, l’Europe soutient activement l’euro numérique, jugé crucial pour sa souveraineté stratégique.
- Des risques liés à la cybersécurité de l’euro numérique sont identifiés, d’où le développement du projet Polaris.
L’euro numérique, une CBDC européenne aux effets disruptifs
L’euro numérique, la monnaie numérique de banque centrale (CBDC) portée par la Banque centrale européenne (BCE), pourrait profondément modifier l’usage de la monnaie dans la zone euro. Bien que son lancement officiel ne soit que dans environ 6 mois, la BCE anticipe déjà ses effets sur les billets de banque et les dépôts bancaires.
Dans son dernier rapport, l’institution estime que 5 euros sur 10 en billets physiques pourraient être remplacés par des euros numériques. Par ailleurs, 3 euros sur 10 de ces nouveaux « digital euro » proviendraient directement des dépôts bancaires des citoyens.
Trois scénarios d’adoption envisagés
La BCE a envisagé trois niveaux d’adoption : faible, moyenne et élevée. Dans le scénario le plus limité, 15 milliards d’euros de billets seraient remplacés. En cas d’adoption massive, ce chiffre grimperait à 256 milliards d’euros. Toutefois, même dans cette hypothèse, la circulation de l’euro numérique resterait marginale par rapport aux 1 567 milliards d’euros en billets actuellement en circulation dans la zone euro.
Euro numérique : une réponse aux défis stratégiques
Contrairement aux États-Unis, où le président Trump a récemment interdit le développement d’un dollar numérique tout en soutenant les cryptomonnaies, l’Europe pousse activement l’euro numérique. Le membre du directoire de la BCE, Piero Cipollone, considère ce projet comme une question de souveraineté stratégique.
La BCE met aussi en garde contre les risques liés à la dépendance technologique de cette nouvelle monnaie. Le Projet Polaris, piloté par la Banque des règlements internationaux, vise à renforcer la résilience des infrastructures CBDC face aux cybermenaces.
Prévu pour octobre 2025, l’euro numérique représente bien plus qu’une simple innovation monétaire : c’est un changement structurel qui pourrait redéfinir la manière dont les Européens utilisent et stockent leur argent. Entre souveraineté numérique, compétition géopolitique et transformation bancaire, l’Europe semble déterminée à avancer sur la voie des CBDC.
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