Le Connecticut frappe fort : Robinhood, Kalshi et Crypto.com sommés d’arrêter les paris sportifs
Les régulateurs du Connecticut passent à l'offensive. Un ordre formel vient d'être signifié à trois poids lourds de la finance en ligne : Robinhood, la plateforme de prédiction Kalshi, et l'échange Crypto.com. Leur mission ? Cesser immédiatement toute activité liée aux paris sportifs dans l'État.
Un coup de semonce pour l'industrie
Cette décision ne tombe pas du ciel. Elle intervient alors que la frontière entre services d'investissement traditionnels, trading de crypto-actifs et jeux d'argent s'est considérablement brouillée. Les autorités du Connecticut estiment que ces offres de paris sur des événements sportifs franchissent une ligne rouge réglementaire, opérant sans la licence requise.
Les crypto, toujours sous la loupe
L'inclusion de Crypto.com dans cette liste envoie un signal clair aux acteurs de la cryptosphère. Même les géants du secteur ne sont pas à l'abri d'un rappel à l'ordre lorsqu'ils s'aventurent hors de leur périmètre agréé. Une mise en garde qui rappelle que l'innovation financière, aussi disruptive soit-elle, doit composer avec le cadre légal existant – un détail que certains fonds de capital-risque semblent parfois oublier dans leur course effrénée aux rendements.
La balle est désormais dans le camp des plateformes visées. Se conformer à l'injonction ou contester en justice ? Leur choix définira un précédent crucial pour l'avenir des produits financiers hybrides aux États-Unis.
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En bref
- Le Connecticut accuse Kalshi, Robinhood et Crypto.com d’exploiter des paris sportifs illégaux sans licence d’État.
- Les trois entreprises ont reçu des injonctions de cesser immédiatement toute activité de paris sur les événements sportifs destinée aux résidents du Connecticut.
- Les plateformes invoquent leur régulation fédérale par la CFTC pour contester la compétence de l’État.
- Cette offensive s’inscrit dans un mouvement plus large : New York, le Massachusetts et plusieurs autres États poursuivent également Kalshi.
Les marchés prédictifs menacés par une vague de régulation étatique
Le Département de la protection des consommateurs du Connecticut n’y va pas par quatre chemins. Mercredi, l’agence a envoyé des ordonnances de cessation à trois plateformes majeures de marchés prédictifs : Robinhood, Kalshi et Crypto.com.
L’accusation est claire. Ces entreprises mèneraient des jeux d’argent en ligne non autorisés, plus précisément des paris sportifs,, selon les termes officiels.
Bryan Cafferelli, commissaire du DCP, ne mâche pas ses mots. Il rappelle qu’aucune de ces entités ne possède de licence pour proposer des paris dans l’État.
Cependant, l’affaire va plus loin. Même si ces licences existaient, les contrats proposés violeraient d’autres lois étatiques. Notamment celle interdisant les paris aux moins de 21 ans. Le Connecticut ne reconnaît que trois opérateurs légaux : DraftKings via Foxwoods, FanDuel via Mohegan Sun, et Fanatics via la loterie de l’État.
L’argument des plateformes ? Elles se présentent comme des marchés de contrats à terme, pas comme des bookmakers traditionnels. Kalshi et Crypto.com sont réglementés par la Commodity Futures Trading Commission fédérale en tant que marchés à terme désignés. Robinhood invoque le même statut via sa filiale Robinhood Derivatives. Pour ces acteurs, la supervision fédérale prime sur les lois des États.
Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Environ 74 % des paris sur Kalshi concernent des événements sportifs, selon les données compilées par Dune Analytics. Difficile, dans ces conditions, de nier la dimension « pari sportif » de ces plateformes.
Les régulateurs du Connecticut semblent déterminés à ne pas laisser passer cette nuance sémantique entre « contrats événementiels » et « paris sportifs ».
Une bataille juridique qui dépasse le Connecticut, l’avenir des marchés crypto en jeu
Cette offensive n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une tendance lourde. New York a envoyé une injonction similaire à Kalshi fin octobre.
La plateforme a riposté en poursuivant l’État en justice. Le Massachusetts s’est joint à la danse en septembre avec une action en justice contre Kalshi devant les tribunaux locaux. L’Arizona, l’Illinois, le Montana et l’Ohio ont également émis des ordres de cessation cette année.
Le Nevada pourrait changer la donne. Un juge fédéral a statué le mois dernier que les régulateurs d’État avaient juridiction sur certains contrats d’événements sportifs. Cette décision fragilise l’argument principal des plateformes : celui de la compétence exclusive fédérale. Kalshi a annoncé son intention de faire appel. Mais si ce jugement fait jurisprudence, c’est toute l’industrie des marchés prédictifs qui pourrait devoir se plier aux réglementations État par État.
Kalshi contre-attaque sur le terrain fédéral. Dans une plainte déposée mercredi contre le Connecticut, l’entreprise affirme que l’État empiète sur le cadre réglementaire fédéral établi par le Congrès.
Elle soutient que ses contrats événementiels sont légaux selon la loi fédérale et relèvent de la compétence exclusive de la CFTC. Un porte-parole de Kalshi insiste : leur plateforme diffère fondamentalement des bookmakers et casinos réglementés par les États.
En somme, Connecticut ouvre un nouveau chapitre dans la régulation des marchés de prédiction crypto. Cette offensive marque un durcissement des États face à des plateformes qui avançaient en terrain conquis. L’issue de ces batailles juridiques déterminera si l’innovation peut s’épanouir sous supervision fédérale ou si chaque État imposera ses règles du jeu.
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