Australie : l’ABC condamné à nouveau après le licenciement explosif d’une journaliste pour un post sur Gaza
La radiodiffusion australienne essuie un nouveau revers judiciaire dans une affaire de liberté d'expression qui fait trembler les rédactions.
Licenciement contesté
Le diffuseur public a limogé une journaliste pour une publication sur Gaza - la justice vient d'invalider cette décision pour la deuxième fois. Les tribunaux sanctionnent sévèrement ce qui ressemble à de la censure déguisée.
Décision cinglante
Les juges ont taclé la direction pour son traitement expéditif du cas. Une amende substantielle s'ajoute aux précédentes condamnations, tandis que les syndicats dénoncent une atteinte aux droits des reporters.
Un précédent dangereux pour la démocratie - et pour les actionnaires qui découvrent que la "gestion des risques" peut coûter plus cher que le risque lui-même.
La justice australienne a condamné mercredi le média public ABC à payer des dommages supplémentaires à une journaliste radio licenciée pour une publication sur la guerre à Gaza.
Antoinette Lattouf avait entrepris des poursuites en décembre 2023 après son licenciement au troisième jour d'un contrat de cinq avec le diffuseur.
En cause: sa republication sur Instagram d'une vidéo de l'ONG Human Rights Watch sur la guerre à Gaza avec le commentaire "HRW dénonce la famine comme outil de guerre".
Le juge fédéral Darryl Rangiah a condamné mercredi ABC à payer l'équivalent de 84.000 euros à Mme Lattouf, après un premier dédommagement de quelque 39.000 euros en juin.
Le montant doit être versé sous 28 jours.
"Peu importe la sanction, il n'a jamais été question d'argent pour moi mais de responsabilité, et de l'intégrité de l'information que nous donne notre diffuseur public", avait déclaré Mme Lattouf sur les réseaux sociaux mardi.
Le directeur général d'ABC, Hugh Marks, a répondu que le diffuseur "continuerait de réfléchir aux conclusions du tribunal". "Nous prenons l'affaire sérieusement (...) Nous devons être meilleurs", a-t-il réagi.
Fin août, l'ONU a officiellement déclaré l'état de famine à Gaza. Et mi-septembre, une commission d'enquête internationale mandatée par elle -- mais qui ne parle pas en son nom -- a accusé Israël de commettre un "génocide" à Gaza depuis octobre 2023 avec l'intention de "détruire" les Palestiniens.
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