San Francisco paralysée : une panne de courant bloque les robotaxis Waymo, révélant la vulnérabilité de l’IA face à l’infrastructure traditionnelle.
Les rues de San Francisco se sont figées. Pas de manifestants, pas de bouchons monstres—juste une panne de courant classique qui a suffi à mettre à genoux la flotte de robotaxis Waymo. Ironie du sort : l'avenir de la mobilité, bloqué par un problème vieux d'un siècle.
L'infrastructure critique, talon d'Achille de l'autonomie
Les véhicules autonomes promettaient de libérer nos villes. Ils calculent, anticipent, naviguent avec une précision surhumaine. Mais ils ont un point faible : ils ont besoin d'électricité. Pas seulement pour rouler, mais pour communiquer, traiter les données, s'orienter. Quand le réseau tombe, l'intelligence artificielle devient aussi utile qu'une carte papier dans le brouillard. Cette interruption de service n'est pas un bug technique, c'est un rappel brutal. La technologie la plus avancée dépend toujours des câbles et des transformateurs que nos grands-parents ont installés.
Un test de résistance qui coûte cher
Waymo, filiale d'Alphabet, investit des milliards pour dominer le marché du taxi autonome. Chaque minute d'immobilisation représente des centaines de courses perdues, une confiance érodée, et un coup porté à la narration d'une révolution sans accroc. Les investisseurs adorent les courbes de croissance exponentielles, mais détestent les points d'arrêt soudains. Cela rappelle étrangement certains projets crypto : une technologie brillante, jusqu'à ce qu'une simple panne de réseau ou un changement réglementaire ne vienne tout geler.
San Francisco, laboratoire et miroir des défis à venir
La ville est l'épicentre du test des véhicules autonomes. Ce qui s'y passe préfigure les défis des métropoles mondiales. L'incident prouve qu'aucune quantité de code ne peut compenser une infrastructure physique défaillante. La course à l'autonomie ne se gagnera pas seulement dans les laboratoires de Silicon Valley, mais aussi dans les sous-sols des centrales électriques et les plans de modernisation du réseau.
La leçon est claire : construire l'avenir nécessite de réparer le présent. Vous pouvez développer l'IA la plus sophistiquée du monde, mais si elle tombe en panne à la première coupure de courant, elle vaut moins qu'un vieux taxi avec un chauffeur qui connaît les raccourcis. Une vérité qui, dans le monde de la finance, a toujours un prix—souvent payé par ceux qui ont cru à la promesse sans lire les petits caractères sur la dépendance aux infrastructures.
Elon Musk affirme que Tesla n'est pas affectée par la panne de courant.
Par ailleurs, Elon Musk a déclaré dans un message publié sur X : « Les robotaxis Tesla n’ont pas été affectés par la panne de courant à San Francisco. »
Cependant, il n'a pas fallu longtemps pour que les internautes soulignent que Tesla ne propose aucun programme de conduite autonome en ville, et sa section commentaires s'est remplie de messages d'utilisateurs en colère.
Le service local de Tesla utilise le système « FSD (Supervisé) », un système d'assistance à la conduite qui requiert la présence d'un humain au volant en permanence. Les autorités de la DMV (Département des véhicules motorisés) et de la Commission des services publics de Californie ont confirmé que Tesla ne dispose d'aucune autorisation pour faire circuler des véhicules autonomes dans l'État sans la présence d'agents de sécurité prêts à intervenir en cas de freinage ou de changement de direction.
Tesla ambitionne de devenir un acteur majeur du marché des taxis autonomes, mais ses trajets nécessitent encore la présence d'un superviseur humain, même dans les États où l'entreprise détient les autorisations nécessaires pour ses programmes de conduite sans conducteur. L'application Robotaxi de Tesla permet de réserver un véhicule, mais chaque course se déroule avec un humain à bord. Waymo, en revanche, domine le marché en Occident et concurrence des entreprises comme Apollo Go, filiale de Baidu.
La panne survient alors que les services de robotaxis se généralisent dans d'autres grandes villes américaines. Waymo est l'une des rares entreprises à proposer des trajets entièrement autonomes au grand public, malgré les réticences persistantes de la population, selon les sondages. L'Association américaine des automobilistes (AAA) a indiqué en début d'année que deux tiers des conducteurs américains craignaient les voitures autonomes.
Bryan Reimer, chercheur au MIT et co-auteur de « Comment rendre l'IA utile », a déclaré que l'incident de San Francisco avait mis en évidence les limites de ces véhicules. Selon lui, un problème est survenu lors de la conception ou du développement des systèmes, et il a souligné que les pannes de courant sont des événements prévisibles. « Pas indéfiniment, mais dans un avenir proche, nous devrons combiner intelligence humaine et intelligence artificielle et mettre en place des systèmes de secours humains pour les systèmes hautement automatisés, notamment les robotaxis », a-t-il affirmé.
Reimer a également déclaré que les autorités de régulation doivent décider du nombre de véhicules hautement automatisés autorisés à circuler et tenir les entreprises de véhicules autonomes responsables des embouteillages qu'ils peuvent engendrer lors de pannes majeures. Waymo n'a pas précisé la date de rétablissement du service ni si des collisions se sont produites pendant la panne.
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