BTCC / BTCC Square / Cointribune /
Les détenteurs historiques de Bitcoin : un frein à la croissance du roi des cryptos ?

Les détenteurs historiques de Bitcoin : un frein à la croissance du roi des cryptos ?

Published:
2025-12-14 09:00:00

Bitcoin bute contre un plafond invisible. Pas celui des prix, mais celui des portefeuilles dormants. Alors que l'adoption institutionnelle bat son plein, une question taraude le marché : les premiers investisseurs, assis sur des montagnes de BTC acquis pour une bouchée de pain, constituent-ils l'obstacle ultime à une envolée durable ?

Le paradoxe de l'OG HODLer

La philosophie originelle du « HODL » se retournerait-elle contre l'actif ? Ces portefeuilles historiques, souvent inactifs depuis des années, représentent une offre potentiellement massive. Leur simple existence pèse comme une épée de Damoclès sur la psyché des nouveaux entrants. Chaque rallye s'accompagne de la crainte sourde d'une vente massive venue des profondeurs de la blockchain – une forme de pression vendelle fantôme qui freine l'élan.

Liquidity versus Legacy

Le marché moderne réclame de la liquidité et de la volatilité – le sang de la spéculation. Les coffres-forts numériques des pionniers, figés dans le temps, siphonnent cette énergie vitale. Ils transforment une partie du stock disponible en un immobilier numérique hors marché, réduisant l'offre circulante effective et faussant les modèles d'analyse technique. Une rareté artificielle qui, contre-intuitivement, pourrait étouffer la dynamique plus que la servir.

Un héritage encombrant ?

La décentralisation a son prix. Aucune banque centrale, aucun régulateur ne peut « persuader » ces détenteurs de redistribuer leurs jetons. Cette résistance passive crée une friction structurelle unique. Dans la finance traditionnelle, on appellerait ça un blocage d'actionnaires majoritaires réticents – sauf qu'ici, il n'y a ni assemblée générale ni directeur financier à haranguer. Juste des adresses cryptographiques silencieuses.

Le futur passe-t-il par l'oubli ?

La solution pourrait être… le temps. Les clés perdues, les disques durs corrompus, les héritiers ignorants agissent comme un mécanisme de déflation silencieux et permanent. Chaque BTC rendu inaccessible par négligence humaine renforce irrémédiablement la rareté du reste. C'est peut-être là, dans cette attrition lente et inéluctable, plutôt que dans un hypothétique « grand déblocage », que se joue la vraie équation de l'offre et de la demande.

Alors, frein ou fondation ? Ces vestiges de la première ère crypto incarnent le dilemme ultime de l'actif : sa valeur découle de sa rareté, mais sa croissance nécessite une circulation. Ils rappellent avec une ironie amère que dans la finance, même les succès les plus retentissants créent leurs propres classes d'actionnaires rentiers – le premier parasite de toute valeur établie.

Lisez-nous sur Google News

En bref

  • Le Bitcoin reste bloqué autour des 90 000 $, malgré l’intérêt croissant des investisseurs via les ETF.
  • Un analyste pointe du doigt une stratégie discrète utilisée par certains détenteurs historiques : la vente d’options d’achat couvertes.
  • Cette pratique génère une pression vendeuse invisible sur le marché, freinant la progression du prix du BTC.
  • En parallèle, le BTC se décorrèle des marchés actions, malgré une forte demande institutionnelle via les ETF comme IBIT.

Une pression vendeuse invisible, mais réelle

Selon l’analyste de marché Jeff Park, certains des plus anciens détenteurs de bitcoin, surnommés les « OG », contribuent à freiner la progression du prix du btc en adoptant une stratégie bien connue dans le monde des produits dérivés : la vente d’options d’achat couvertes.

Cette technique leur permet de générer des revenus passifs en vendant des options d’achat sur leurs avoirs Bitcoin, qu’ils détiennent depuis plus de dix ans. « Quand vous avez déjà l’inventaire de Bitcoin que vous détenez depuis plus de dix ans et que vous vendez des options d’achat dessus, seule la vente de ces dernières ajoute du delta au marché, et cette direction est négative », affirme Jeff Park.

Voici les principaux éléments de cette mécanique qui agit comme un frein sur le prix de la crypto :

  • Les « OG » vendent des options d’achat sur les BTC qu’ils détiennent déjà, ce qui leur permet d’empocher une prime immédiate sans se séparer de leurs jetons, sauf si le prix dépasse le strike ;
  • Les fournisseurs de liquidité qui achètent ces options doivent se couvrir en vendant du bitcoin spot pour limiter leur exposition ;
  • Ces ventes spot créent une pression baissière artificielle sur le prix, même en présence d’une forte demande acheteuse ;
  • Le bitcoin utilisé pour ces stratégies n’est pas issu d’achats récents, car il ne représente donc aucune injection de capital neuf sur le marché ;
  • Les options d’achat couvertes deviennent une source de delta négatif, selon Park, ce qui signifie que l’ensemble du marché subit une influence vendeuse structurelle.

Ce phénomène, bien que subtil pour les non-initiés, explique en partie pourquoi le bitcoin peine à décoller malgré l’enthousiasme croissant des investisseurs institutionnels. En clair, les OG optimisent leurs gains à court terme au détriment de la dynamique haussière à moyen terme.

Une décorrélation croissante et des tensions avec les flux traditionnels

Alors que les actions technologiques continuent d’enchaîner des records historiques, le bitcoin semble avoir décroché de cette dynamique.

Depuis la deuxième moitié de l’année, les analystes constatent une décorrélation nette entre le BTC et les marchés actions, phénomène inhabituel tant les deux évoluaient en tandem dans les cycles précédents.

Dans ce contexte, l’inaction du BTC étonne, surtout au regard de la vigueur des flux d’investissement via les ETF. Malgré une forte demande sur l’IBIT de BlackRock, les prix restent contenus. Cette anomalie est d’autant plus marquante que les courbes de volatilité observées sur les ETF diffèrent désormais fortement de celles des plateformes de produits dérivés crypto comme Deribit.

Plusieurs hypothèses émergent pour expliquer cette inertie. Certains analystes restent optimistes. Ils estiment que la poursuite du cycle de baisse des taux par la Fed pourrait injecter une nouvelle vague de liquidité favorable aux actifs risqués, dont le bitcoin profiterait pleinement.

Selon les données de la CME Group (outil FedWatch), 24,4 % des traders anticipent d’ailleurs une nouvelle baisse de taux dès janvier 2026. Cependant, d’autres voix se montrent plus prudentes, voire sceptiques. Pour ces experts, le bull run est peut-être déjà derrière nous, et une rechute vers les 76 000 dollars n’est pas à exclure.

Le bitcoin s’effondre après un faux espoir de rebond, révélant les limites d’un marché sous pression. Malgré l’optimisme suscité par les flux entrants, les stratégies défensives de certains acteurs continuent de neutraliser la dynamique haussière. La reprise attendue devra désormais composer avec des résistances plus structurelles.

Maximisez votre expérience Cointribune avec notre programme 'Read to Earn' ! Pour chaque article que vous lisez, gagnez des points et accédez à des récompenses exclusives. Inscrivez-vous dès maintenant et commencez à cumuler des avantages.


|Square

Obtenez l'application BTCC pour commencer votre expérience avec les cryptomonnaies

Commencer aujourd'hui Scannez pour rejoindre nos + de 100 millions d’utilisateurs