Un dirigeant de Vanguard compare le Bitcoin à un Labubu numérique : pourquoi cette analogie frappe juste
Bitcoin, le Labubu du monde financier ? Un cadre de Vanguard balance la comparaison qui fait mouche.
L'analogie insolite
Comprendre le Bitcoin, c'est parfois accepter les métaphores les plus inattendues. Un dirigeant du géant de l'investissement Vanguard a récemment qualifié le roi des cryptos de « Labubu numérique ». Derrière cette référence à la figurine pop-culture se cache une observation percutante : un actif à la fois convoité, spéculatif et dont la valeur semble parfois défier la logique économique traditionnelle. Une image qui parle à une génération d'investisseurs bien au-delà des salles de marché.
Au-delà du buzz, le signal
L'important n'est pas la comparaison en elle-même, mais ce qu'elle révèle. Quand des institutions comme Vanguard, historiquement frileuses, commencent à chercher des mots pour décrire la crypto, c'est qu'elle est déjà dans toutes les têtes. Ils ne parlent plus de « fraude » ou de « bulle », mais tentent de la contextualiser – même de manière décalée. C'est le signe d'une maturation lente mais réelle dans le paysage financier traditionnel, qui réalise qu'il ne peut plus ignorer l'actif.
La finance traditionnelle en mode traduction
Cette quête d'analogie est le dernier réflexe d'un vieux monde qui essaie de traduire un nouveau paradigme dans son langage. C'est un peu comme si un banquier central essayait d'expliquer la politique monétaire avec des memes TikTok. L'exercice est périlleux, souvent maladroit, mais il marque une étape nécessaire : la reconnaissance. Après tout, avant de réguler ou d'adopter, il faut bien nommer la bête – même si c'est en la comparant à un jouet collectionnable.
Un coup de projecteur révélateur
Au final, la phrase du dirigeant de Vanguard fait bien plus que générer un titre accrocheur. Elle agit comme un révélateur. Elle montre le fossé culturel qui persiste, mais aussi la volonté de le combler. Elle souligne l'aspect « actif culturel » de Bitcoin, une dimension que les modèles d'évaluation classiques peinent à saisir. Et avouons-le, dans un monde où les banques centrales impriment de la monnaie comme des tickets de caisse, un Labubu numérique n'a finalement rien de si irrationnel. C'est peut-être même l'actif le plus honnête du marché.
En bref
- John Ameriks, responsable mondial de la gestion quantitative actions chez Vanguard, a comparé le Bitcoin à un « Labubu numérique », référence aux peluches à collectionner.
- Vanguard a récemment autorisé le trading d’ETF liés au Bitcoin, Ethereum, XRP et Solana sur sa plateforme de courtage.
- La société refuse néanmoins de fournir des conseils d’investissement concernant ces actifs crypto.
Un cadre de Vanguard clashe le Bitcoin malgré son ouverture aux ETF crypto
John Ameriks ne mâche pas ses mots. Lors de la conférence « ETFs in Depth » de Bloomberg à New York, le responsable mondial de la gestion quantitative actions chez Vanguard a livré une critique cinglante du Bitcoin. Selon lui, la reine des cryptos ne présente ni les flux de trésorerie ni les fondamentaux solides que recherche traditionnellement la société pour ses investissements à long terme.
Sa référence aux peluches Labubu n’est pas anodine. Ces jouets à collectionner, devenus viraux récemment, symbolisent pour lui la dimension purement spéculative du bitcoin.
« J’ai du mal à considérer le bitcoin comme autre chose qu’un Labubu numérique », a-t-il déclaré. Il souligne également l’absence de preuves tangibles démontrant que la technologie blockchain apporte une réelle valeur économique durable.
Cette comparaison s’inscrit dans une longue tradition de critiques. Le Bitcoin a souvent été associé aux bulbes de tulipes hollandais du XVIIe siècle ou aux Beanie Babies des années 1990.
Ces analogies visent à dénoncer ce que les détracteurs perçoivent comme une bulle spéculative alimentée par un discours de rareté plutôt que par des fondamentaux économiques solides.
La volatilité récente du marché vient renforcer ces inquiétudes. Après avoir atteint des sommets à plus de 126 000 dollars en octobre, le bitcoin s’échange désormais autour de 90 000 dollars.
Cette chute de près de 29 % en quelques semaines rappelle la nature imprévisible de cet actif. Pour Ameriks, le bitcoin pourrait éventuellement prouver sa valeur lors de périodes de forte inflation ou d’instabilité politique. Cependant, l’historique reste trop limité pour justifier une stratégie d’investissement claire.
BTCUSDT graphique par TradingViewUn changement de cap stratégique sous nouvelle direction
Le contraste est saisissant. Vanguard, qui gère environ 12 000 milliards de dollars d’actifs, a longtemps résisté aux cryptomonnaies.
La société a maintenu pendant des années une position fermée vis-à-vis des actifs numériques. Pourtant, elle a effectué un virage à 180 degrés en autorisant ses clients à négocier des ETF crypto sur sa plateforme de courtage.
Ce changement coïncide avec l’arrivée de Salim Ramji à la tête de Vanguard en 2024. Le nouveau PDG, connu pour son ouverture au Bitcoin, a manifestement influencé cette évolution stratégique.
Les clients peuvent désormais acheter et vendre des fonds exposés au Bitcoin, à l’Ethereum, au xrp et au Solana. Ces cryptos sont ainsi placées au même niveau que des actifs traditionnels comme l’or.
Ameriks justifie cette ouverture par l’établissement de performances historiques pour les ETF Bitcoin au comptant lancés en janvier 2024. Ces produits financiers ont démontré leur capacité à attirer les investisseurs. Vanguard ne pouvait ignorer cette demande croissante de la part de sa clientèle.
Toutefois, la société maintient une distance prudente. « Nous permettons aux utilisateurs de détenir et d’acheter ces ETF sur notre plateforme s’ils le souhaitent, mais ils le font en toute discrétion », précise Ameriks.
Vanguard refuse catégoriquement de donner le moindre conseil concernant l’opportunité d’acheter ou de vendre des cryptos. Cette approche « mains libres » reflète les réserves persistantes de l’institution face à ces actifs controversés.
En somme, le cas Vanguard illustre parfaitement la dualité actuelle du marché financier face au Bitcoin. D’un côté, les institutions s’adaptent aux attentes de leurs clients et ouvrent progressivement leurs portes aux cryptomonnaies. De l’autre, les réserves demeurent fortes au sein même des équipes dirigeantes. Cette période de transition témoigne d’un secteur financier encore divisé sur la valeur réelle des actifs numériques.
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