Swift et Consensys unissent leurs forces pour révolutionner les paiements transfrontaliers via la blockchain
Le géant bancaire mondial s'associe au leader de l'écosystème Ethereum pour tester une solution blockchain qui pourrait bien rendre obsolètes les systèmes de paiement traditionnels.
L'alliance inattendue qui secoue la finance
Swift, le réseau de messagerie financière utilisé par plus de 11 000 institutions bancaires, rejoint Consensys dans un projet pilote ambitieux. Objectif : démontrer que la blockchain peut fluidifier les transferts d'argent internationaux, ces opérations qui prennent encore plusieurs jours et coûtent une fortune en frais intermédiaires.
La technologie au service de l'efficacité
Le système testé promet de réduire les délais de settlement de plusieurs jours à quelques minutes seulement. Les banques participantes pourront exécuter des paiements cross-border en temps quasi-réel, éliminant les multiples validations manuelles et les correspondants bancaires superflus.
Une menace pour l'ancien monde
Cette initiative représente le plus sérieux défi à ce jour contre le monopole des réseaux de paiement établis. Les institutions financières traditionnelles commencent enfin à comprendre qu'elles doivent adopter la blockchain ou risquer de devenir obsolètes.
Paradoxalement, les mêmes banques qui critiquaient hier les cryptomonnaies se précipitent aujourd'hui pour tester la technologie sous-jacente - preuve que même dans la finance traditionnelle, l'hypocrisie reste la plus stable des valeurs.
En bref
- Swift s’allie à Consensys pour développer un registre blockchain destiné aux paiements transfrontaliers en temps réel
- Plus de 30 grandes banques mondiales, dont Santander, BNP Paribas et HSBC, participent à la conception et à l’implémentation afin d’assurer conformité et interopérabilité
Swift sort du bois et teste la Blockchain
Le réseau de messagerie interbancaire, Swift, prépare l’intégration d’un registre partagé basé sur la blockchain directement dans sa pile d’infrastructure. Son premier cas d’usage concerne des paiements transfrontaliers en temps réel, 24/7.
Aussi, le design s’appuiera sur un prototype conçu avec Consensys, l’atelier derrière l’écosystème Ethereum et la L2 Linea. Plus de trente institutions financières, dont Santander, BNP Paribas et HSBC, participent au cadrage et à l’implémentation.
ETHUSDT graphique par TradingViewCette annonce n’arrive pas dans le vide. Elle prolonge des travaux de 2023-2024 sur la tokenisation et l’interopérabilité entre registres publics et privés. Aussi, elle fait écho aux pilotes “live” prévus par Swift pour 2025. En bref, le cœur du système bancaire tente enfin une greffe “on-chain”, sans renier ses standards de conformité.
La rumeur persistante d’un test sur Linea n’était pas qu’un bruit de couloir. En effet, plusieurs rapports récents mentionnent des expérimentations actives avec cette L2 Ethereum. C’est un indice de plus que l’initiative vise la production, pas le simple proof-of-concept.
Pourquoi Swift bouge maintenant
Les stablecoins et les rails crypto offrent des règlements quasi instantanés, avec des frais lisibles. Les banques, quant à elles, s’appuient encore sur des horaires de règlement fixes et sur des chaînes d’intermédiaires qui ralentissent les transferts et en augmentent le coût. Swift veut mettre fin à cette asymétrie en offrant un service always-on au standard bancaire.
Par ailleurs, l’appétit pour la tokenisation ne cesse de croître. Les dépôts, les obligations ou les monnaies de banque centrale tokenisées nécessitent des ponts sûrs entre anciens et nouveaux rails. Swift s’y aligne avec un registre partagé, interopérable par conception, qui place gouvernance et conformité au cœur du modèle.
Côté marché, les projets isolés de registres privés ont fragmenté l’écosystème. En proposant un cadre commun adossé à son réseau, Swift vise à agréger les volumes et réduire les frictions d’intégration pour ses 11 500 membres.
Architecture : registre partagé, interopérabilité et rôle de Linea
Le registre partagé visé par Swift doit enregistrer, séquencer et valider des transactions de valeurs tokenisées réglementées, et cela, via des contrats intelligents. Cependant, le tout doit rester compatible avec les systèmes existants et les nouveaux réseaux publics/privés.
Côté stack, l’idée n’est pas d’évacuer la couche de messagerie. En effet, celle-ci reste utile pour porter de gros volumes de données et la signalétique de conformité (KYC/AML, sanctions, statut de paiement). La brique blockchain devient la source de vérité pour l’état transactionnel et l’exécution. Ce découplage, déjà rappelé par Swift, est la clé pour la montée en charge.
Linea quant à elle, qui est une L2 zk, permet des coûts bas, un débit élevé et une finalité héritée d’Ethereum. Aussi, elle facilite les ponts vers d’autres réseaux. Ça colle avec l’objectif d’interopérabilité revendiqué par Swift et son groupe de 30+ banques.
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