Le fondateur de Deliveroo quitte l’entreprise après le rachat par DoorDash : une fin d’ère pour la food-tech
Chapitre final pour le pionnier de la livraison de repas. Le fondateur historique de Deliveroo passe la main suite à l'acquisition par le géant américain DoorDash.
Stratégie de sortie ou simple passation ? Les observateurs s'interrogent sur le timing de ce départ, survenant à peine quelques semaines après la finalisation du rachat.
DoorDash consolide son empire mondial. L'absorption de Deliveroo marque un nouveau jalon dans la concentration du marché de la livraison alimentaire, désormais dominé par une poignée d'acteurs.
Les investisseurs applaudissent - le cours grimpe. Les marchés saluent cette rationalisation sectorielle, typique des cycles de maturation où les fondateurs cèdent place aux gestionnaires.
Reste à voir si l'âme de Deliveroo survivra à cette intégration. La culture startup contre la machine à scaling - un classique de la tech qui se rejoue une fois de plus.
Et pendant ce temps, les livreurs indépendants attendent toujours leur part du gâteau. Comme dirait un trader cynique : 'Les fondateurs encaissent, les employés restent, et les sous-traitants... continuent de pédaler.'
William Shu,fondateur et PDG de Deliveroo, lors du lancement des premières éditions cuisine...Le fondateur de Deliveroo quitte l'entreprise après son rachat par DoorDash
William Shu,fondateur et PDG de Deliveroo, lors du lancement des premières éditions cuisine de Deliveroo en France, le 3 juillet 2018 à Saint-Ouen. ( AFP / GERARD JULIEN )
Le patron et fondateur de la plateforme britannique de livraison de repas Deliveroo, Will Shu, a annoncé jeudi son prochain départ de l'entreprise, une décision qui fait suite à l'annonce récente de son rachat par l'américain DoorDash.
"La croissance et la rentabilité de l'entreprise s'accélèrent (...). Mais après 13 ans, je souhaite désormais me concentrer sur mon prochain projet", a indiqué M. Shu dans un communiqué, sans plus de précisions sur ces futurs plans.
Son départ sera effectif après la concrétisation du rachat, attendue le 2 octobre, précise l'entreprise dans le communiqué.
Le rachat de Deliveroo par DoorDash, annoncé en mai pour 2,9 milliards de livres (3,3 milliards d'euros), constitue une opération stratégique sur un secteur en cours de consolidation.
Deliveroo entre "dans une nouvelle ère au sein du groupe DoorDash, qui offre de formidables opportunités d'avenir", a assuré dans le communiqué la présidente du conseil d'administration du britannique Claudia Arney, saluant aussi la "contribution exceptionnelle" de M. Shu.
Deliveroo avait annoncé le mois dernier être retombé dans le rouge au premier semestre, plombée par les coûts liés à son rachat, avec une perte de 19,2 millions de livres (22 millions d'euros) sur les six premiers mois de l'année contre 1,3 million de bénéfice l'an passé.
Mais l'entreprise estime que sans ces charges, elle aurait réalisé un bénéfice net de 31,8 millions sur la période.
DoorDash, présent dans plus de 30 pays, est numéro un aux Etats-Unis. L'entreprise de San Francisco, fondée en 2013, a annoncé l'an dernier un chiffre d'affaires de 10,7 milliards de dollars (9,45 milliards d'euros).
Les revenus de Deliveroo sont quatre fois moins importants (2,1 milliards de livres), mais l'entreprise a pour la première fois dégagé un bénéfice (2,9 millions de livres) l'an passé, après des années de pertes en raison d'investissements élevés.
Elle a l'avantage d'exercer dans neuf pays où DoorDash n'est pas présent: Belgique, France, Italie, Irlande, Koweït, Qatar, Singapour, Émirats arabes unis et Royaume-Uni.