Aumovio, l’ex-filiale auto de Continental en difficulté, fait son entrée fracassante en Bourse
Le spin-off douloureux de Continental prend son envol sur les marchés—une opération risquée qui pourrait bien faire trembler les actionnaires.
Démarrage sous haute tension
Ancienne branche automobile du géant allemand, Aumovio débarque en Bourse avec un héritage lourd et des défis colossaux. Les investisseurs s'interrogent sur la viabilité de cette entité désormais indépendante, alors que le secteur automobile traverse une transformation sans précédent.
Stratégie de survie ou pari désespéré ?
L'introduction boursière s'apparente à une bouée de sauvetage pour cette structure en quête de capitaux frais. Le marché testera rapidement la confiance des investisseurs dans cette opération—un test crucial pour une entreprise qui doit prouver qu'elle peut voler de ses propres ailes.
Les fonds récoltés devraient servir à restructurer la dette et financer la transition vers les nouvelles technologies automobiles, mais le timing semble particulièrement audacieux compte tenu des turbulences actuelles sur les marchés.
Reste à voir si les investisseurs mordront à l'hameçon—ou si cette IPO rejoindra le cimetière des ambitions boursières mal calibrées.
( AFP / FABIAN BIMMER ) L'équipementier allemand Continental in...Équipementiers : Aumovio, l'ex-branche auto en difficulté de Continental, entre en Bourse
( AFP / FABIAN BIMMER )
L'équipementier allemand Continental introduit jeudi à la Bourse de Francfort sa division pour composants automobiles Aumovio, en difficulté, signant la plus importante opération boursière de la place de Francfort de l'année dans une industrie en crise.
L'action pourrait valoir entre 42 et 50 euros, estiment des analystes cités dans la presse, ce qui valorise l'entreprise entre 4,2 et 5 milliards d'euros, à raison de quelque 100 millions d'actions émises.
La première cotation d'Aumovio est attendue peu après 07H00 GMT, après quoi le président du directoire, Philipp von Hirschheydt, agitera comme à l'accoutumée la cloche marquant les débuts du négoce de l'action.
Aumovio, dont le siège est à Francfort, se positionne désormais comme une holding spécialisée dans les technologies automobiles : composants électroniques et mécaniques, logiciels, systèmes pour conduite assistée et automatisée, connectivité, sécurité, affichage et informatique embarquée.
Pour Continental, la scission permet de clarifier son portefeuille en séparant ses activités historiques de pneumatiques et celles de technologies automobiles, jugées trop hétérogènes.
"En tant qu'entreprise indépendante, nous gagnons en créativité et en rapidité", avait expliqué en avril dernier dans un communiqué M. von Hirschheydt, membre du directoire de Continental et PDG de Aumovio.
Chaque détenteur de deux actions Continental va recevoir une action Aumovio.
Parmi eux, l'équipementier Schaeffler, détenu par la famille du même ,nom, détient 46% de Continental.
Le titre d'Aumovio pourrait grimper à 59 euros d'ici 2026, d'après les analystes de Jefferies.
Née de la réorganisation de Continental, Aumovio regroupe les activités de l'ancienne branche "Automotive", qui a généré en 2024 un chiffre d’affaires de 19,7 milliards d’euros, en baisse de près de 6% sur un an, et une perte nette de 272 millions d'euros.
Basée à Francfort (ouest), cette branche emploie environ 86.000 personnes dans le monde, soit environ la moitié des effectifs du groupe.
Des trois divisions de Continental, il s'agissait de la première source de revenus, mais également de l'activité la moins rentable.
Continental souhaite également se séparer de sa branche industrielle Contitech l'an prochain, de préférence via une vente, tout en se recentrant sur les pneus, son activité la plus stable.
A l'instar d'autres équipementiers automobiles en difficulté, Continental a annoncé entre 2024 et 2025 plus de 10.000 suppressions d'emplois dans le monde et plusieurs fermetures de sites industriels.