Wall Street plonge dans l’attente : tous les regards rivés sur le prochain signal de la Fed
Les marchés retiennent leur souffle alors que Wall Street affiche des baisses significatives. L'incertitude règne en maître alors que les investisseurs guettent le moindre signe de la Réserve fédérale.
Le suspense est à son comble - les traders scrutent chaque déclaration, chaque nuance dans la communication de Jerome Powell. Les cryptomonnaies, habituellement volatiles, semblent elles aussi marquer une pause attentive.
Les traditionnelles analyses techniques volent en éclats face à cette expectative générale. Même les algorithmes les plus sophistiqués paraissent dépassés par l'attentisme ambiant.
Wall Street joue son va-tout - une stratégie risquée qui pourrait bien se retourner contre les plus impatients. Les hedge funds, pourtant habitués aux turbulences, affichent une prudence inhabituelle.
La Fed détient les clés du momentum - et tout le monde le sait. Une simple déclaration pourrait déclencher un mouvement massif, pour le meilleur ou pour le pire.
Pendant ce temps, les crypto-actifs patientent en coulisses, prêts à surfer sur la prochaine vague de liquidités - quelle qu'en soit la direction.
Un opérateur à la Bourse de New York, le 15 août 2025 ( AFP / TIMOTHY A. CLARY ) ...Wall Street évolue en baisse, attend un signe de la Fed
Un opérateur à la Bourse de New York, le 15 août 2025 ( AFP / TIMOTHY A. CLARY )
La Bourse de New York évolue en baisse mercredi au lendemain d'une séance marquée par les pertes du secteur technologique, les investisseurs cherchant par ailleurs à en savoir plus sur la trajectoire monétaire privilégiée par la Réserve fédérale (Fed).
Vers 13H55 GMT, le Dow Jones était proche de l'équilibre (-0,07%), l'indice Nasdaq lâchait 1,45% et l'indice élargi S&P 500 reculait de 0,66%.
La veille, "le secteur technologique a connu une baisse (...) et il reste sous pression aujourd'hui", note auprès de l'AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.
La majeure partie des "Sept Magnifiques" --le surnom donné aux géants du secteur technologique-- creusaient leurs pertes, à l'instar du géant des semiconducteurs Nvidia (-1,02% à 173,85 dollars), d' Apple (-1,25% à 227,67 dollars), de Tesla (-0,26% à 328,44 dollars) ou d'Amazon (-1,06% à 225,58 dollars).
Côté indicateurs, "l'agenda est léger", selon M. Hogan, mais les investisseurs ont gardé un œil sur les demandes de prêts immobiliers, qui ont largement diminué.
La place américaine sera aussi attentive à la publication mercredi à 18H00 GMT du compte-rendu ("minutes") de la dernière réunion monétaire de la banque centrale américaine de juillet.
Mais "le sujet principal de la semaine" sera le colloque de Jackson Hole (Wyoming), qui réunit de nombreux banquiers centraux en fin de semaine, selon Art Hogan. A cette occasion, le président de la banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, prononcera un discours vendredi.
Les investisseurs seront à l'affût d'indices pouvant les renseigner sur la trajectoire monétaire privilégiée par l'institution américaine.
M. Powell "s'est toujours montré réticent à prédire les décisions que prendra la Fed lors de ses prochaines réunions (...) et cela pourrait donc bien décevoir les marchés", prévient toutefois M. Hogan.
Les opérateurs privilégient toujours l'hypothèse d'une baisse de taux à l'issue de la prochaine réunion de la Fed des 16 et 17 septembre, d'après l'outil de veille de CME, FedWatch.
Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d'État américains à dix ans se détendait très légèrement à 4,30% contre 4,31% à la clôture mardi.
Ailleurs, à la cote, la place américaine digérait les résultats trimestriels de plusieurs grands distributeurs américains.
La chaîne de supermarchés Target reculait franchement (-8,44% à 96,47 dollars). Le groupe a dépassé les attentes de Wall Street en termes de chiffre d'affaires mais s'attend à ce que ses ventes annuelles chutent.
L'entreprise de Minneapolis (Minnesota) a par ailleurs annoncé un changement à sa tête, l'actuel patron Brian Cornell devant être remplacé à partir du 1er février prochain par Michael Fiddelke.
La holding de magasins à bas coûts TJX (+4,94% à 141,27 dollars), qui contrôle notamment les enseignes TJMaxx (habillement), HomeGoods (articles de décoration) et Marshalls (prêt-à-porter), était recherchée après avoir fait mieux qu'escompté pour le second trimestre et avoir revu ses prévisions annuelles à la hausse.
Le groupe américain de cosmétiques Estée Lauder (-4,35% à 85,96 dollars) reculait après avoir annoncé mercredi dans un communiqué une lourde perte au quatrième trimestre de son exercice décalé, causée notamment par la mise en œuvre de son plan de restructuration annoncé en février.
Ce plan d'entreprise est conçu pour tenter de redresser la situation d'un groupe en perte de vitesse, souffrant d'une consommation en berne en particulier dans le gros marché qu'est la Chine pour lui.
Nasdaq