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Budget 2025 : Le Medef promet une "grande mobilisation patronale" face à la menace d’augmentation des impôts des entreprises

Budget 2025 : Le Medef promet une "grande mobilisation patronale" face à la menace d’augmentation des impôts des entreprises

Published:
2025-09-13 07:41:18
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Le monde des affaires français se prépare à livrer bataille. Face aux rumeurs d'alourdissement de la fiscalité des entreprises dans le prochain budget, le Medef sort l'artillerie lourde avec sa menace de mobilisation générale.

Une ligne rouge franchie

Les patrons n'ont pas l'intention de digérer silencieusement une nouvelle hausse des prélèvements. Leur message est clair : toute augmentation se heurtera à une résistance organisée et massive. Une posture qui rappelle que la compétitivité des entreprises françaises reste un sujet explosif.

Stratégie d'intimidation ou véritable bras de fer ?

Le timing de cette annonce, à quelques semaines des discussions budgétaires, n'a rien d'anodin. Le Medef joue la carte de la pression publique pour influencer les arbitrages finaux. Une tactique classique, mais qui prend une tournure plus agressive dans le contexte économique actuel.

Le gouvernement devra maintenant naviguer entre nécessités budgétaires et risque de confrontation ouverte avec le monde économique. Un exercice d'équilibre qui s'annonce périlleux, comme si gérer les finances publiques était aussi simple que de trader des memecoins.

Le patron du Medef  Patrick Martin à Paris le 30 juillet 2025

Le patron du Medef Patrick Martin à Paris le 30 juillet 2025 ( Thibaud MORITZ / AFP/Archives )

Le président du Medef, Patrick Martin, a prévenu samedi qu'une "grande mobilisation patronale" serait organisée si les impôts des entreprises étaient augmentés dans le cadre du budget 2026, et a dénoncé "une forme de spoliation" dans la taxe Zucman réclamée par la gauche.

"Les entreprises ne peuvent pas supporter de nouveaux impôts ou des hausses d’impôts supplémentaires. Au contraire, il est même urgent de desserrer le frein à main pour relancer l'investissement", a déclaré le dirigeant de la première organisation patronale française dans une interview publiée sur le site du Parisien.

"Si les impôts augmentent, il y aura une grande mobilisation patronale", "au-delà du Medef", a-t-il ajouté, signalant des adhérents du Medef "très inquiets".

"On ne descendra pas dans la rue. On réunira massivement, comme ce fut le cas par le passé, sous forme de meeting, des milliers de chefs d’entreprise de tout profil, en termes de taille, de secteur d’activité, d'origine territoriale pour bien signifier que nous refusons d’être la variable d'ajustement de politiques qui nous paraissent contraires à la bonne marche de l’économie et à l’intérêt du pays, dans lequel nous jouons un rôle important".

Patrick Martin a souligné que les entreprises françaises étaient "les plus imposées parmi les pays de l'OCDE, déduction faite des aides qu'elles reçoivent", avec "13 milliards d'euros de prélèvements supplémentaires en 2025". En contrepartie, il déplore que les entreprises n'ont pas vu se concrétiser la promesse d'une baisse de la CVAE, un impôt de production.

Parmi les lignes rouges du grand patron, qui avait été reçu vendredi soir par le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, figure notamment une taxe sur les très hauts patrimoines dite "Zucman" (du nom de l'"économiste Gabriel Zucman), réclamée par la gauche.

"Ce serait un frein terrible à l’investissement et à la prise de risque pour les entreprises. La taxe Zucman intègre l'outil de travail dans le calcul du patrimoine, alors même que l’ISF ne le faisait pas! Pour certaines entreprises ― dans la tech notamment ― qui valent cher mais ne font pas encore de résultats ou ne distribuent pas de dividendes, instaurer cette taxe serait même une forme de spoliation et les condamnerait à la vente", s'est-il insurgé.

Plus généralement, Patrick Martin a estimé que les propositions budgétaires du PS auraient "un effet récessif" dans une conjoncture économique déjà difficile.

"C'est presque une provocation pour les patrons de voir que l’État imagine augmenter la fiscalité sans chercher à baisser ses dépenses", a-t-il lancé. Les économies doivent selon lui porter d'abord sur les dépenses sociales et les frais de fonctionnement, notamment des suppressions de postes de fonctionnaires.

Il a rappelé que le Medef s'opposait à la suppression de deux jours fériés, une mesure sur laquelle Sébastien Lecornu est revenu samedi.

L'U2P a aussi salué cette décision. "Cette suppression aurait mis à mal les secteurs de l’hôtellerie restauration et du tourisme (...). Par ailleurs la mesure consistant à demander à ceux qui travaillent de travailler plus sans gagner plus, est inacceptable", a commenté auprès de l'AFP l'Union des entreprises de proximité, troisième organisation patronale représentative.

"Demander aux entreprises de cotiser davantage sans garantie de revenus supplémentaires est une façon d'alourdir leurs charges", a-t-elle ajouté.

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