Espagne en flammes : 30 000 hectares dévorés en seulement 24 heures
Le feu ravage l'Espagne à un rythme effréné. Les pompiers luttent contre des brasiers incontrôlables—pendant que les marchés financiers, eux, brûlent les étapes avec leur spéculation habituelle.
Une catastrophe écologique en accéléré
30 000 hectares réduits en cendres en une journée. Un record sinistre qui alerte sur l'urgence climatique—mais ne fera probablement pas bouger les cours du pétrole.
Les sols calcinés et l'économie en surchauffe
La terre craquelle sous l'impact des flammes. Ironie cruelle : pendant que la végétation part en fumée, le CAC40 continue de carburer aux énergies fossiles.
Des hélicoptères luttent contre un incendie de forêt à Guardo, le 18 août 2025 en Espagne ( Cesar Manso / AFP )
Les incendies ravageant la moitié ouest de l’Espagne ont brûlé 30.000 hectares supplémentaires en 24 heures, selon les données du satellite européen Copernicus publiées mardi, même si la fin de la vague de chaleur frappant le pays alimente l’espoir d'une amélioration de la situation.
Quelque 373.000 hectares avaient brûlé mardi matin en Espagne depuis le début de l'année, soit 30.000 de plus que lundi, un chiffre en constante progression, selon le Système Européen d’Information sur les Incendies de Forêt (EFFIS), qui utilise les données de Copernicus.
Depuis le début des relevés d'EFFIS en 2006, il s’agit de la pire année pour l’Espagne en termes de surface brûlée par les flammes, au-delà du précédent record établi en 2022 (306.000 hectares calcinés).
La majorité de cette surface a brûlé dans les grands incendies qui affectent depuis une dizaine de jours les provinces de Zamora et Léon en Castille-et-León (nord-ouest), celle d’Ourense en Galice (nord-ouest), et dans la province de Cáceres en Extrémadure (ouest).
Des milliers de personnes de dizaines de villages ont été évacuées, des dizaines de routes sont coupées et le trafic ferroviaire entre Madrid et la Galice est interrompu.
Le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez est attendu mardi à la mi-journée dans les zones touchées à Zamora et Cáceres.

Même si l’extinction de ces incendies prendra encore du temps, la fin, lundi, de la vague de chaleur qui a ravagé l’Espagne pendant 16 jours offre l'espoir d'une amélioration de la situation.
Ce changement météorologique va se traduire par une "réduction de 10 à 12 degrés des températures maximales, à laquelle il faut également ajouter l’augmentation des indices d"humidité", a expliqué Nicanor Sen, délégué du gouvernement (préfet) de Castille-et-León, à la télévision publique TVE.
Cela "facilite et améliore les conditions" pour "contrôler ces incendies", a-t-il ajouté.
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