Pollution plastique : les partisans d’un traité ambitieux prennent du poids, affirme Paris
La lutte contre la pollution plastique franchit un cap. Les nations favorables à un accord strict sur les déchets plastiques ont vu leur influence croître, selon des sources gouvernementales françaises.
Un momentum politique inattendu
Alors que les négociations internationales traînaient en longueur, le camp des « ambitieux » aurait retourné plusieurs indécis. Preuve que même les diplomates peuvent parfois surprendre - quand ils ne comptent pas leurs heures facturables.
Paris joue les facilitateurs
La France positionne son appareil diplomatique comme médiateur clé. Stratégie risquée : les derniers traités environnementaux ont surtout généré des rapports PDF oubliés et des postes de consultants grassement payés.
Le cynisme des marchés
Pendant ce temps, les traders parient déjà sur les futures cotations des granulés de plastique recyclé. Parce qu'en capitalisme tardif, toute crise se monnaye - surtout écologique.
La ministre française de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, le 13 août 2025 à Genève ( Fabrice COFFRINI / AFP )
Les pays aux positions les plus ambitieuses pour réduire la pollution plastique ont gagné en "force" en vue d'une prochaine session de négociation, après l'échec des pourparlers à Genève sur l'adoption d'un traité, a jugé samedi le gouvernement français.
"On n'a pas réussi à trouver un accord, mais (...) près de 120 pays sont aujourd'hui unis pour avoir un traité ambitieux sur le plastique. Et ces dix jours de discussions ont permis de rapprocher les positions entre ces pays unis", a observé la ministre française de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, sur la radio France Inter.
"Souvent, le bât blesse dans les négociations sur les sujets de financements, là où finalement on est assez proche d'un accord, surtout sur ces sujets-là et ça nous donne de la force pour les rounds potentiels suivants", selon elle.
"L'Union européenne appelle de ses vœux à ce qu'on poursuive cette négociation", a souligné la ministre.
Dix jours de pourparlers diplomatiques tendus à Genève se sont terminés vendredi à l'aube par un constat d'échec cuisant pour l'environnement et la diplomatie, en l'absence d'accord sur un traité contre la pollution plastique.
"Ce qui est nouveau dans cette négociation, c'est que les Etats-Unis ont rejoint le camp de ceux qui ne veulent pas un accord", a remarqué Agnès Pannier-Runacher.
"La stratégie de blocage systématique des pays producteurs de pétrole - qu'il s'agisse du Moyen-Orient, de la Russie, donc désormais des Etats-Unis - a fonctionné", selon elle.
"En tant que pays consommateur de plastique (...) il y a la capacité à prendre des décisions qui s'imposent aux pays producteurs de pétrole et de plastique. C'est ce que nous avons fait en Europe et c'est sans doute une piste aussi pour remettre de la pression dans le système", a-t-elle encore dit.
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