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Pollution plastique : un traité impossible en quelques heures seulement ?

Pollution plastique : un traité impossible en quelques heures seulement ?

Published:
2025-08-14 03:13:08
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Le temps presse, les océans suffoquent.

Alors que les délégations internationales se réunissent une fois de plus, le compte à rebours est lancé : quelques heures pour sceller un accord sur la pollution plastique. Mission impossible ?

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : chaque minute, l'équivalent d'un camion poubelle de plastique finit dans la mer. Pourtant, les négociations tournent en rond - comme un sac plastique dans le vent.

Pendant ce temps, les marchés financiers continuent de parier sur les entreprises pétrochimiques. Parce que visiblement, rien - pas même l'effondrement des écosystèmes - ne peut arrêter la sacro-sainte croissance.

Alors traité historique ou feuille de route vers l'échec ? Dans quelques heures, nous aurons la réponse. Ou pas.

Des bouteilles en plastique s'amoncellent près de la rivière Las Vacas à Chinautla, au Guatemala, le 3 juin 2025

Des bouteilles en plastique s'amoncellent près de la rivière Las Vacas à Chinautla, au Guatemala, le 3 juin 2025 ( JOHAN ORDONEZ / AFP/Archives )

Les diplomates de 184 pays n'ont plus que quelques heures jeudi pour tenter de forger à l'arrachée un texte commun qui établirait un premier traité international de lutte contre la pollution plastique, après le rejet massif mercredi d'un projet de texte de synthèse.

Les débats en séance plénière à Genève mercredi autour d'une proposition de synthèse maladroite d'une dizaine de pages se sont déroulés dans une grande confusion.

Un seul grand pays, l'Inde, a finalement accepté ce texte comme base de discussion, alors qu'il a massivement été jugé "déséquilibré" et "inacceptable" pour préserver les générations à venir par des dizaines d'autres pays, ainsi que par les ONG environnementales observatrices du processus.

Cate Bonacini, de l'ONG suisse CIEL a néanmoins estimé qu'il y a "toujours une chance de voir émerger un nouveau texte jeudi".

La ministre française de la Transition ecologique Agnès Pannier Runacher a demandé mercredi un

La ministre française de la Transition ecologique Agnès Pannier Runacher a demandé mercredi un "rééquilibrage" du texte du traité proposé pour juguler la pollution plastique dans le monde entier et critiqué unanimement à la tribune, le 13 août 2025 ( Fabrice COFFRINI / AFP )

La ministre française de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher, venue participer aux débats à Genève, a estimé qu'il était "possible d'écrire un texte d'une dizaine de pages plus équilibré".

La fin des négociations est prévue jeudi à minuit, et pourrait déborder dans la nuit jusqu'à vendredi si les diplomates étaient en voie de parvenir à un texte commun.

Poussés par une résolution des Nations unies de 2022, cela fait près de trois ans qu'ils tentent de forger un texte "juridiquement contraignant" pour les Etats qui s'attaque à la pollution plastique, y compris en milieu marin.

Mais sous l'œil des représentants des industries pétrochimiques présents dans les couloirs et opposés à toute coercition concernant le volume de production de plastique dans le monde, ils ont déjà échoué une fois à produire un texte commun lors de la dernière séquence de négociations, à Busan en Corée du Sud fin 2024.

Moins de 10% recyclé

Cette nouvelle séquence diplomatique, entamée à Genève depuis le 5 août, était censée permettre d'aboutir enfin à un texte commun.

Un travailleur sri-lankais trie des déchets plastiques à Kathirana, dans la banlieue de Colombo, la capitale du Sri Lanka, le 6 mai 2018

Un travailleur sri-lankais trie des déchets plastiques à Kathirana, dans la banlieue de Colombo, la capitale du Sri Lanka, le 6 mai 2018 ( LAKRUWAN WANNIARACHCHI / AFP/Archives )

La prise de conscience de la pollution grandissante du plastique a débuté avec des images spectaculaires des océans et de la faune marine affectés.

Mais la multiplication des travaux scientifiques sur l'impact des polymères et additifs chimiques sur la santé a fait évoluer le débat du côté de la santé humaine. Une coalition de plusieurs centaines de scientifiques de nombreux pays suit ces négociations.

Car la planète a produit plus de plastique depuis 2000 que durant les 50 ans précédents, en majorité des produits à usage unique et des emballages. Et la tendance s'accélère: si rien n'est fait, la production actuelle, de quelque 450 millions de tonnes par an, devrait tripler d'ici 2060, selon les prévisions de l'OCDE. Or moins de 10% est recyclé.

La production mondiale de plastiques en un an

La production mondiale de plastiques en un an ( Nicholas SHEARMAN / AFP )

Le projet de traité proposé mercredi "ne faisait que s'assurer que rien n'allait changer", estime David Azoulay de CIEL.

"Il se rend aux Etats pétroliers et aux demandes de l'industrie avec des mesures faibles, non obligatoires, qui garantissent que nous continuerons à produire de plus en plus de plastique, sans fin, mettant en danger la santé humaine, l'environnement et les futures générations", ajoute-t-il.

De plus, comme le demande l'industrie, "tout est relégué au niveau national, le texte ne crée aucun espace de coopération internationale pour lutter contre la pollution plastique", a aussi critiqué le délégué chilien en séance.

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