Un député indien propose la tokenisation comme solution pour démocratiser l’accès aux « actifs coûteux » en 2025
- Pourquoi la tokenisation pourrait-elle transformer l'investissement en Inde ?
- Comment fonctionne concrètement la tokenisation d'actifs ?
- Quels modèles étrangers inspirent la proposition indienne ?
- Pourquoi la RBI met-elle en garde contre les stablecoins ?
- Quelles sont les prochaines étapes pour l'Inde ?
Alors que l'Inde débat de l'avenir des cryptomonnaies, un élu audacieux propose une révolution financière. Raghav Chadha, le plus jeune membre du Rajya Sabha, plaide pour une loi sur la tokenisation des actifs, permettant aux classes moyennes d'investir dans des biens autrefois réservés aux plus riches. Entre opportunités économiques et risques réglementaires, le pays se trouve à un carrefour financier historique.
Pourquoi la tokenisation pourrait-elle transformer l'investissement en Inde ?
Lors d'un discours passionné au Parlement indien ce mardi 16 décembre 2025, Raghav Chadha a présenté une vision audacieuse : démocratiser l'accès aux investissements premium grâce à la blockchain. « Les immeubles commerciaux, les infrastructures, même la propriété intellectuelle - tout cela devient accessible par fractions », a-t-il expliqué, comparant ce mouvement à la révolution des paiements numériques initiée par l'UPI.
Le député de l'Aam Aadmi Party a souligné que 70 à 80% du patrimoine des ménages indiens est immobilisé dans des actifs physiques traditionnels. « Aujourd'hui, le vendeur de légumes utilise l'UPI. Demain, il pourra posséder une part d'autoroute ou de tour de bureaux », a-t-il lancé sous les applaudissements, rappelant que 10 grammes d'or (environ 135 000 ₹) restent inaccessibles pour beaucoup sans solutions de fractionnement.
Comment fonctionne concrètement la tokenisation d'actifs ?
Chadha a vulgarisé le concept avec des exemples frappants : « Imaginez découper un immeuble en millions de jetons numériques, comme des actions en bourse. Chaque token représente une part du bien sous-jacent, avec droit aux bénéfices. » Il a cité les ETF sur or numérique comme précurseurs, permettant d'investir 500 ₹ plutôt que la somme totale.
L'avantage ? « Plus de frais d'intermédiaires obscurs, plus de paperasserie cadastrale. Juste un achat en quelques clics, avec des coûts réduits et une sécurité renforcée », a-t-il argumenté, soulignant le potentiel pour l'épargne-retraite. Selon des données de TradingView, le marché mondial des actifs tokenisés a atteint 4,8 milliards de dollars en novembre 2025.
Quels modèles étrangers inspirent la proposition indienne ?
Le député a dressé un panorama international convaincant :
- Les États-Unis où la SEC a intégré les tokens dans sa réglementation
- Singapour avec son projet Guardian
- L'UE et son cadre MiCA
- Les Émirats Arabes Unis et leur autorité dédiée (VARA)
« L'Inde a une affinité culturelle avec l'immobilier et les métaux précieux. Nous sommes parfaitement placés pour tirer parti de cette innovation », a-t-il insisté, appelant à créer un « bac à sable réglementaire » pour tester ces nouvelles technologies financières.
Pourquoi la RBI met-elle en garde contre les stablecoins ?
Dans un contraste frappant, le sous-gouverneur de la Banque centrale T. Rabi Sankar a exprimé des réserves vendredi dernier : « Les stablecoins présentent des risques macroéconomiques majeurs sans apporter de réelle valeur ajoutée par rapport à la monnaie fiduciaire. » Il a pointé des dangers pour la stabilité monétaire et le système bancaire traditionnel.
Ce clivage reflète un débat mondial. Alors que le Japon et l'UE progressent, l'Inde hésite, craignant des risques systémiques. « La tokenisation ne deviendra inclusive que lorsque la loi fournira une clarté réglementaire », a concédé Chadha, appelant à une approche équilibrée.
Quelles sont les prochaines étapes pour l'Inde ?
Le député a conclu par une feuille de route concrète :
- Adopter une loi-cadre sur la tokenisation
- Créer un environnement réglementaire test
- Éduquer les investisseurs particuliers
- Collaborer avec les plateformes comme BTCC pour des solutions sécurisées
« Il ne s'agit pas de spéculation cryptographique, mais de démocratiser l'accès à la richesse », a-t-il martelé. Avec 1,4 milliard d'habitants et une classe moyenne en expansion, l'Inde pourrait bien écrire le prochain chapitre de la finance décentralisée.