60% des économistes doutent que l’IA permettra à la Fed de baisser les taux en 2024
- Pourquoi les économistes remettent-ils en cause l'optimisme de Warsh sur l'IA ?
- Quel impact réel les experts prévoient-ils de l'IA ?
- Comment la Fed perçoit-elle les risques inflationnistes de l'IA ?
- Pourquoi le plan de bilan de Warsh suscite-t-il des tensions ?
- Qu'en est-il de la dérégulation bancaire soutenue par Warsh ?
près de 60% des économistes estiment que l'intelligence artificielle n'aura quasiment aucun impact sur l'inflation ou les coûts d'emprunt dans les deux prochaines années. Cette position contredit directement l'argumentaire de Kevin Warsh, nommé par trump pour diriger la Fed, qui voit dans l'IA un levier pour réduire les taux sans risque inflationniste.
Pourquoi les économistes remettent-ils en cause l'optimisme de Warsh sur l'IA ?
L'ancien président de la Fed Kevin Warsh, choisi par Donald Trump pour remplacer Jay Powell en mai, défend une vision audacieuse : selon lui, l'IA déclenchera "la plus grande vague d'augmentation de productivité de notre histoire", permettant à la Fed d'abaisser ses taux actuels (3,5%-3,75%) sans surchauffe économique. Pourtant, une enquête flash menée par le Clark Center et le Financial Times auprès de 45 économistes de premier plan montre que seulement 40% partagent cet enthousiasme.
Quel impact réel les experts prévoient-ils de l'IA ?
La majorité des répondants anticipent un effet minimal : moins de 0,2% de baisse sur l'inflation et le taux neutre (celui qui ne freine ni n'accélère la croissance) d'ici 2024. Jonathan Wright, économiste à Johns Hopkins et ancien du Fed, résume : "Je ne crois pas que [le boom de l'IA] soit un choc désinflationniste. À court terme, ce ne sera ni très inflationniste ni très déflationniste." Environ un tiers des experts vont même jusqu'à prédire une légère hausse du taux neutre grâce à l'IA.
Comment la Fed perçoit-elle les risques inflationnistes de l'IA ?
Plusieurs membres influents de la Fed, dont le vice-président Philip Jefferson, mettent en garde contre un effet inverse : "Même si l'IA finit par booster significativement la capacité productive, une demande immédiate accrue liée aux projets d'infrastructure IA pourrait temporairement faire monter l'inflation", a-t-il déclaré lors d'un événement Brookings. Cette divergence de vues place Warsh dans une position délicate, alors que Trump pousse pour des baisses agressives des taux avant les élections de mi-mandat.
Pourquoi le plan de bilan de Warsh suscite-t-il des tensions ?
Outre son pari sur l'IA, Warsh veut réduire le bilan "gonflé" de la Fed sous les 6 trillions de dollars dans deux ans - une position soutenue par 75% des économistes interrogés, mais risquée selon Karen Dynan (Harvard) : "C'est raisonnable seulement si les marchés restent stables". Cette double stratégie (baisse des taux + réduction du bilan) laisse perplexe : "C'est un mélange étrange de prudence et d'agressivité", note Jane Ryngaert (Notre Dame). Robert Barbera (Johns Hopkins) envisage même deux scénarios extrêmes : boom économique grâce à l'IA... ou krach financier nécessitant un nouveau bilan élargi.
Qu'en est-il de la dérégulation bancaire soutenue par Warsh ?
Autre point de friction : 60% des économistes jugent qu'assouplir les règles financières n'aurait que peu d'avantages à court terme, tout en augmentant les risques de crise. Un désaccord de plus pour Warsh, dont la nomination promet des débats animés au sein du FOMC. Comme le résume un trader du BTCC : "Entre l'IA, les taux et la régulation, la Fed va devoir naviguer entre des courants contraires puissants en 2024."