La Chine interdit les achats publics d’équipements médicaux européens au-delà de 45 millions de yuans en réponse aux restrictions commerciales de l’UE
- Pourquoi la Chine restreint-elle les dispositifs médicaux européens ?
- Quels sont les précédents dans ce conflit commercial ?
- Comment les entreprises européennes sont-elles affectées ?
- Quelles perspectives pour le sommet UE-Chine ?
Dans une escalade des tensions commerciales, la Chine a annoncé l’interdiction des achats publics d’équipements médicaux de l’UE dépassant 45 millions de yuans (6,3 millions de dollars). Cette mesure, effective depuis le 6 juillet, répond aux restrictions européennes sur les marchés publics imposées via l’Instrument d’Achats Internationaux (IPI). Le secteur européen des dispositifs médicaux (70 milliards de dollars/an) est directement visé, tandis que Pékin invoque la réciprocité. Ces frictions s’inscrivent dans un contexte plus large de guerre commerciale incluant les véhicules électriques et le brandy. Un sommet UE-Chine fin juillet pourrait être déterminant.
Pourquoi la Chine restreint-elle les dispositifs médicaux européens ?
Le ministère chinois des Finances a justifié cette décision comme une réponse obligée à l’IPI de l’UE, activé en juin pour limiter l’accès des entreprises chinoises aux appels d’offres européens dans ce secteur. Trois éléments clés motivent cette riposte :
- L’UE estimait que ses entreprises subissaient des discriminations dans le marché chinois des dispositifs médicaux (le plus lucratif d’Asie).
- La Chine considère l’IPI comme une violation des principes de l’OMC, avec un impact sur des géants comme Siemens Healthineers ou Philips.
- Les nouvelles règles chinoises bloquent aussi les importations contenant >50% de composants européens, visant spécifiquement les chaînes d’approvisionnement.
Un analyste du BTCC note :
Quels sont les précédents dans ce conflit commercial ?
Cette interdiction s’ajoute à une série de mesures récentes :
- Juin 2024 : L’UE impose des droits de 17 à 38% sur les véhicules électriques chinois, accusés de bénéficier de subventions déloyales.
- Juillet 2024 : La Chine réplique avec des taxes allant jusqu’à 34,9% sur le brandy français (données TradingView).
- 2023 : Restrictions européennes sur les panneaux solaires chinois.
Selon une source du ministère du Commerce chinois :Les entreprises concernées doivent désormais choisir entre localiser leur production en Chine (comme Fresenius l’a fait en 2020) ou diversifier leurs marchés.
Comment les entreprises européennes sont-elles affectées ?
Les impacts concrets se mesurent à plusieurs niveaux :
| Entreprise | Exposition Chine | Réaction |
|---|---|---|
| Siemens Healthineers | 18% du CA | Étudie un transfert technologique |
| Philips | 12% du CA | Déjà 5 usines locales |
| EssilorLuxottica | 9% du CA | Passe par des joint-ventures |
Un trader spécialisé sur CoinGlass souligne :Les PME comme l’italien Esaote pourraient être les plus vulnérables.
Quelles perspectives pour le sommet UE-Chine ?
Alors que les deux blocs se rencontreront fin juillet à Pékin, trois scénarios sont envisageables :
- Optimiste : Accord a minima sur un moratoire mutuel, comme lors de la crise des terres rares en 2010.
- Pessimiste : Extension des restrictions aux médicaments (secteur de 130 milliards d’euros).
- Realiste : Gel des nouvelles mesures en attente des élections américaines.
Un diplomate européen sous couvert d’anonymat confie :La balle est désormais dans le camp des négociateurs.