JPMorgan retire 350 milliards de dollars de la Réserve fédérale en 2025 : un virage stratégique vers les bons du Trésor
- Pourquoi JPMorgan a-t-il réduit ses réserves de 85% en 2025 ?
- Comment la banque a anticipé le cycle de baisse des taux ?
- Quel impact sur le système bancaire américain ?
- FAQ sur la stratégie de JPMorgan
En 2025, JPMorgan a opéré un transfert massif de 350 milliards de dollars depuis la Réserve fédérale vers les bons du Trésor américain, profitant des baisses de taux historiques. Cette manœuvre, révélée dans ses déclarations à la SEC, illustre une stratégie proactive face aux changements monétaires. L'article décrypte les mécanismes de ce repositionnement, son impact sur le système bancaire et les réactions politiques qu'il a suscitées. Un cas d'école en matière de gestion d'actifs en période de transition économique.
Pourquoi JPMorgan a-t-il réduit ses réserves de 85% en 2025 ?
Les documents déposés auprès de la SEC montrent une chute vertigineuse : de 409 milliards de dollars fin 2023 à seulement 63 milliards au T3 2025. Ce retrait spectaculaire coïncide avec la décision de la Fed de ramener ses taux au plus bas depuis trois ans. "C'est du bon sens financier", m'explique un trader de la BTCC team. "Quand les taux descendent, l'argent dort moins bien à la Fed qu'en bons du Trésor." Effectivement, les avoirs en Treasury bonds ont presque doublé sur la période, passant de 231 à 450 milliards.
Comment la banque a anticipé le cycle de baisse des taux ?
La stratégie rappelle son coup de maître en 2020-2021 : éviter les positions long terme quand tout le monde s'y ruait. Résultat ? Pas de "mark-to-market losses" quand la Fed a remonté les taux en 2022. Cette fois, ils ont inversé la logique : Bill Moreland de BankRegData résume : "Ils transfèrent du cash vers les Treasuries avant que les rendements ne s'effondrent". Malin, car leurs dépôts stables leur ont permis de profiter pleinement des taux élevés jusqu'au bout.
Quel impact sur le système bancaire américain ?
Le mouvement est si massif qu'il a fait baisser l'ensemble des réserves bancaires de 1 900 à 1 600 milliards depuis début 2024. Ironie : ces réserves rapportaient 186,5 milliards d'intérêts en 2024 grâce aux taux élevés. D'ailleurs, le Sénat a tenté (en vain) d'interdire ces paiements en octobre, Rand Paul criant au "cadeau fiscal". Pendant ce temps, JPMorgan empoche 15 milliards d'intérêts sur réserves en 2024... tout en préparant l'après.
FAQ sur la stratégie de JPMorgan
Pourquoi transférer autant vers les Treasuries maintenant ?
La banque verrouille des rendements avant des baisses de taux supplémentaires. Ses achats portent probablement sur des maturités intermédiaires (3-7 ans), offrant le meilleur compromis risque/rendement dans ce contexte.
Comment cela affecte-t-il les marchés ?
Cet appétit pour la dette américaine soutient les prix des Treasuries, contenant partiellement la remontée des yields malgré l'offre record d'obligations d'État.
Les autres banques suivent-elles cette stratégie ?
Oui, mais moins brutalement. JPMorgan, avec ses 4 000 milliards d'actifs, a une capacité de mouvement que les régionaux n'ont pas. Beaucoup dépendent encore des intérêts sur réserves.