MRV&Co (MRVE3) : « Nous avons merdé sur l’exécution », déclare le PDG sur les opérations aux États-Unis ; l’entreprise envisage de séparer Resia et renforce son focus sur le Brésil
- Un recentrage stratégique douloureux
- Les erreurs coûteuses de l’expansion américaine
- Un désengagement progressif mais déterminé
- Le Brésil comme priorité absolue
MRV&Co, le géant brésilien de l’immobilier, fait face à des défis majeurs avec sa filiale américaine Resia. Après des pertes significatives et une expansion jugée trop rapide, le groupe annonce un recentrage stratégique sur le marché brésilien, tout en explorant des options pour restructurer ou céder ses actifs aux États-Unis. Une décision difficile, mais nécessaire selon la direction.
Un recentrage stratégique douloureux
Lors du MRV Day, événement clé pour les investisseurs tenu à São Paulo, Rafael Menin, coprésident de MRV&Co, a confirmé que le groupe ne lancerait plus de nouveaux projets via Resia, sa filiale américaine. « Resia ne disparaîtra pas, mais elle évoluera vers un autre modèle de gouvernance. Il viendra un moment où les actionnaires de MRV&Co ne détiendront plus les actifs de Resia dans cette structure », a-t-il expliqué. Cette annonce marque un tournant pour le groupe, qui mise désormais sur ses marques brésiliennes – MRV Incorporação (logement social), Luggo (location résidentielle) et Urba (lotissement).
Les erreurs coûteuses de l’expansion américaine
Menin a reconnu sans détour les échecs de la stratégie américaine : « Nous avons merdé sur l’exécution. Nous avons ouvert trop de fronts simultanément. » Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Resia a enregistré une perte de 260 millions de dollars en 2025, contre 69,8 millions en 2024. Ricardo Paixão, directeur financier, a ajouté : « Nous aurions dû nous concentrer sur la Floride, où nous avions du succès, et éviter d’investir trop vite dans une usine locale. »
Un désengagement progressif mais déterminé
Le groupe prévoit de céder 800 millions de dollars d’actifs américains d’ici fin 2026, dont 167 millions déjà réalisés. « Nous pourrious aller vite, mais cela détruirait de la valeur. Nous privilégions un calendrier optimal », précise Menin. L’usine de Resia, encore utilisée, pourrait rejoindre ce plan de cession prochainement.
Le Brésil comme priorité absolue
Avec des programmes gouvernementaux comme « Minha Casa, Minha Vida » et des subventions régionales, le marché brésilien du logement social offre des perspectives solides. « Nous entrons dans un cycle d’excellence opérationnelle », s’enthousiasme Menin. Un Optimisme partagé par les analystes de BTCC, qui soulignent la résilience du segment bas de gamme au Brésil.