Les dirigeants de la cryptomonnaie se ruent à Abu Dhabi pour séduire les fonds souverains émiratis et leurs 330 milliards de dollars
- Une chasse aux investisseurs souverains qui tourne au jeu de cache-cache
- Abu Dhabi : nouveau hub crypto ou mirage financier ?
- Deux mondes qui se côtoient sans vraiment se rencontrer
- Questions/Réponses sur la ruée crypto vers Abu Dhabi
Abu Dhabi est devenu l'épicentre d'une ruée vers l'or numérique alors que les géants de la cryptomonnaie tentent de séduire les gestionnaires des fonds souverains émiratis. Entre conférences huppées, soirées privées sur des yachts et rencontres stratégiques, l'industrie crypto mise gros sur le Moyen-Orient. Mais derrière le faste apparent, la réalité est plus nuancée...
Une chasse aux investisseurs souverains qui tourne au jeu de cache-cache
La scène avait tout d'un thriller financier. Des cadres de l'industrie crypto parcouraient frénétiquement Abu Dhabi à la recherche des mythiques gestionnaires du fonds souverain de 330 milliards de dollars. Problème : ces derniers semblaient s'être volatilisés. "C'était comme chercher une aiguille dans un désert doré", confie un participant sous couvert d'anonymat.
Michael Saylor, le gourou du Bitcoin, a mené la danse lors de la conférence bitcoin MENA. Le fondateur de MicroStrategy - dont l'action a pourtant perdu plus de la moitié de sa valeur depuis mi-2024 - a présenté sa vision d'une "économie Bitcoin à 20 000 milliards de dollars". Ses slides montraient littéralement son entreprise comme une fusée propulsée par le Bitcoin. Un spectacle qui en a laissé plus d'un sceptique.
Abu Dhabi : nouveau hub crypto ou mirage financier ?
Les signaux sont pourtant encourageants. Binance a obtenu une licence complète des autorités locales, tandis qu'un fonds public émirati a investi 2 milliards de dollars dans la plateforme. Mubadala, le géant souverain, aurait triplé ses positions Bitcoin via des ETF pour 567 millions de dollars. "Les EAU construisent méthodiquement leur écosystème crypto", analyse le BTCC Research Team.
Le gouvernement propose des bureaux gratuits et des financements aux startups blockchain. Une stratégie payante ? "Il faut des années pour gagner la confiance des investisseurs locaux", tempère Basil Al Askari de MidChains. Un avertissement que beaucoup ont ignoré, confondant parfois simples citoyens émiratis et princes investisseurs...
Deux mondes qui se côtoient sans vraiment se rencontrer
La semaine a vu s'opposer deux univers. D'un côté, les puristes Bitcoin autour de Saylor et de Changpeng "CZ" Zhao (le fondateur de Binance), arborant des vestes orange fluo et des sneakers "Trump Crypto President". De l'autre, les banquiers traditionnels réunis à l'Abu Dhabi Finance Week avec des poids lourds comme ray Dalio (Bridgewater) ou Steve Schwarzman (Blackstone).
Les soirées n'ont pas manqué de piquant : yachts à trois ponts, machines à fumée et apparition surprise de Paul Manafort, l'ancien manager de Trump, vantant les mérites des cryptos. "C'était surréaliste", raconte une participante. "On passait des slides financiers aux cocktails en moins d'une heure."
Questions/Réponses sur la ruée crypto vers Abu Dhabi
Qui sont les principaux acteurs présents à Abu Dhabi ?
Michael Saylor (MicroStrategy), Changpeng Zhao (Binance), des représentants de Coinbase, Circle, mais aussi des gestionnaires de fonds comme Ray Dalio ou Steve Schwarzman ont animé les différentes conférences.
Pourquoi les EAU attirent-ils l'industrie crypto ?
Avec une régulation favorable, des investissements publics massifs et une position géostratégique, Abu Dhabi se positionne comme hub crypto au Moyen-Orient, attirant à la fois des entreprises et des investisseurs institutionnels.
Les fonds souverains émiratis investissent-ils vraiment dans les cryptos ?
Oui, mais de manière mesurée. Mubadala a triplé ses positions Bitcoin via des ETF, et un fonds public a investi 2 milliards dans Binance. Cependant, les deals se font sur le long terme après une phase de due diligence rigoureuse.