Investisseurs européens : pourquoi se détournent-ils des actions américaines face aux menaces commerciales de Trump en 2024 ?
- La grande désillusion des investisseurs européens
- Les performances comparées qui font réfléchir
- Le cas emblématique du Canada
- Un désengagement progressif mais structuré
- FAQ : Vos questions sur le retrait européen des marchés américains
Alors que Donald trump martèle ses menaces tarifaires contre l'Europe, un mouvement de fond s'amorce : les gestionnaires d'actifs européens réduisent progressivement leur exposition aux marchés américains. Une tendance qui pourrait remodeler les équilibres financiers mondiaux.
La grande désillusion des investisseurs européens
Vincent Mortier, directeur des investissements chez Amundi SA (le plus grand gestionnaire d'actifs européen avec 2,7 trillions USD d'encours), observe un changement notable : "Nos clients demandent de plus en plus à diversifier leurs portefeuilles hors des États-Unis. Ce mouvement a commencé timidement en avril 2024 avant de s'accélérer récemment". Selon les données du Federal Reserve, les investisseurs européens détiennent près de 49% des actions américaines détenues par des étrangers - soit 10,4 trillions USD d'exposition.
Les performances comparées qui font réfléchir
Le constat est sans appel : en 2023, le S&P 500 (+16%) a été largement distancé par d'autres marchés développés :
- KOSPI (Corée du Sud) : +80%
- Stoxx 600 (Europe) : +32%
- TOPIX (Japon) : +23%
- TSX (Canada) : +28%
Le cas emblématique du Canada
L'histoire récente donne à réfléchir : en 2022 déjà, les fonds de pension canadiens avaient réduit leur exposition aux actifs américains après les propos de Trump sur une possible annexion économique du Canada. "Les manuels d'économie disent que les tarifs douaniers pénalisent l'exportateur, mais sur les marchés financiers, c'est l'inverse qui se produit", remarque Sebastien Page de T. Rowe Price.
Un désengagement progressif mais structuré
Le fonds de pension groenlandais SISA (1,1 milliard USD d'actifs), dont 50% sont investis aux États-Unis, envisage sérieusement de rééquilibrer son portefeuille. "Sortir complètement du marché américain prendrait des années", tempère cependant un analyste du BTCC. Les flux ETF montrent que pour l'instant, le mouvement reste mesuré selon JPMorgan Chase.
FAQ : Vos questions sur le retrait européen des marchés américains
Quelle est l'ampleur réelle du désinvestissement européen ?
Pour l'instant limitée, mais la tendance s'accélère depuis les dernières annonces tarifaires de Trump visant huit pays européens.
Les performances américaines sont-elles vraiment en déclin ?
Relativement oui : alors que le S&P 500 a progressé de 16% en 2023, plusieurs marchés ont fait beaucoup mieux, comme le KOSPI sud-coréen (+80%).
Quels sont les risques d'un retrait massif ?
Trump a menacé de "grandes représailles" contre tout pays qui retirerait massivement ses investissements des États-Unis.