La Corée du Sud lève une « interdiction fantôme » de neuf ans, permettant à 3 500 entreprises cotées d’investir dans les actifs numériques
- La Corée du Sud ouvre la porte aux investissements institutionnels dans les cryptos
- Pourquoi les entreprises veulent-elles tant accéder aux stablecoins ?
- Un cadre réglementaire en deux phases
- Restructuration en vue pour les géants locaux
- Questions fréquentes
En 2026, la Corée du Sud marque un tournant historique en levant une interdiction vieille de neuf ans qui empêchait les entreprises cotées en bourse d’investir dans les cryptomonnaies. Cependant, les stablecoins comme l’USDC et l’USDT resteront exclus du cadre réglementaire, suscitant des débats animés parmi les acteurs économiques. Décryptage d’une décision aux implications majeures.
La Corée du Sud ouvre la porte aux investissements institutionnels dans les cryptos
Après près d’une décennie de prohibition instaurée en 2017, le gouvernement sud-coréen a finalement décidé d’autoriser les entreprises cotées à trader des actifs numériques. La Commission des services financiers (FSC) s’apprête à publier des directives encadrant ces activités, selon des discussions officielles tenues le 5 mars 2026.
Pourtant, malgré cette avancée, les stablecoins – pourtant plébiscités par les entreprises pour le commerce international – seront interdits. La raison ? Un vide juridique : la loi sud-coréenne sur les transactions en devises ne reconnaît pas ces actifs comme moyen de paiement officiel. « C’est un peu comme avoir un compte en banque qu’on ne peut pas utiliser », ironise un trader de Séoul sous couvert d’anonymat.
Pourquoi les entreprises veulent-elles tant accéder aux stablecoins ?
Les arguments des sociétés cotées sont multiples :
- Éviter la volatilité des changes grâce aux taux en temps réel
- Régler les paiements internationaux plus rapidement et à moindre coût que par virements bancaires
- Gérer des portefeuilles numériques sans conversions constantes en monnaie fiduciaire
Actuellement, certaines entreprises contournent l’interdiction via des portefeuilles personnels comme MetaMask ou des plateformes OTC étrangères, mais sans cadre légal. « C’est le Far West numérique », commente Lee Ji-hoon, analyste chez BTCC.
Un cadre réglementaire en deux phases
La loi-cadre sur les actifs numériques se déploie progressivement :
- Phase 1 (2025-2026) : Protection des investisseurs particuliers
- Phase 2 (à partir de 2026) : Construction d’une infrastructure pour les marchés professionnels
Les 3 500 entreprises cotées pourront bientôt acquérir des cryptos majeures comme bitcoin ou Ethereum. Le gouvernement travaille parallèlement sur un écosystème de stablecoins basé sur le won, avec des exigences strictes :
- 5 milliards de KRW (environ 3,7M€) de capital minimum pour les émetteurs
- Participation majoritaire (>50%) des banques dans ces sociétés
Restructuration en vue pour les géants locaux
Le parti au pouvoir a imposé un plafond de 20% (34% dans certains cas) pour les actionnaires majoritaires des plateformes d’échange. Upbit et Bithumb, les leaders du marché, devront probablement se restructurer d’ici 2029.
« Cette réforme est un premier pas, mais la Corée reste prudente », analyse Kim Soo-min, professeur de finance à l’université de Séoul. « Après le scandale Terra-Luna en 2022, les régulateurs veulent éviter tout nouveau tremblement de terre financier. »
Questions fréquentes
Pourquoi les stablecoins sont-ils exclus ?
En raison d’un conflit avec la loi sur les changes qui impose l’usage exclusif des banques pour les transactions en devises.
Quand la nouvelle réglementation entrera-t-elle en vigueur ?
Les premières directives sont attendues avant fin mars 2026, selon la FSC.
Les entreprises peuvent-elles quand même utiliser des stablecoins ?
Oui, mais de manière informelle via des solutions alternatives, sans cadre légal protecteur.