L’Europe suspend les représailles commerciales contre les États-Unis après un revirement de dernière minute
- Pourquoi l'UE a-t-elle suspendu ses mesures de rétorsion ?
- Quel était l'enjeu du conflit commercial ?
- Comment Trump a-t-il changé sa position ?
- Quelles sont les réactions des dirigeants européens ?
- Quel est l'état de l'accord commercial UE-États-Unis ?
- Quels sont les autres enjeux géopolitiques ?
- Questions fréquentes
Dans un surprenant coup de théâtre diplomatique, l'Union européenne a décidé de prolonger de six mois la suspension des droits de douane punitifs de 93 milliards d'euros (109 milliards de dollars) contre les États-Unis. Cette décision intervient après que Donald Trump, le 47e président américain, a finalement abandonné son projet de sanctionner les pays de l'UE refusant de soutenir sa proposition d'achat du Groenland.
Pourquoi l'UE a-t-elle suspendu ses mesures de rétorsion ?
La Commission européenne, responsable de la politique commerciale de l'UE, prévoit désormais de proposer officiellement la prolongation de cette pause, qui devait expirer le 7 février. Olof Gill, porte-parole de la Commission, a déclaré aux journalistes à Bruxelles : "Nous avons atteint notre objectif par des moyens diplomatiques et politiques, ce qui sera toujours notre préférence plutôt que de s'engager dans une spirale de mesures et de contre-mesures." Il a ajouté que l'UE pourrait reprendre les tarifs douaniers punitifs à tout moment si nécessaire.
Quel était l'enjeu du conflit commercial ?
Les représailles proposées par l'UE, déjà approuvées mais non mises en œuvre, auraient durement touché des produits américains clés comme les avions Boeing, les voitures fabriquées aux États-Unis et le bourbon, si la campagne de pression sur le Groenland avait persisté. Cette menace avait déjà été évoquée lors de négociations précédentes, lorsque trump et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avaient signé un accord commercial en Écosse l'an dernier.
Comment Trump a-t-il changé sa position ?
Trump avait précédemment averti qu'à partir du 1er février, un droit de 10% frapperait huit pays de l'UE, passant à 25% en juin, à moins qu'un accord sur le Groenland ne soit conclu. Cependant, après avoir rencontré le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, à Davos, Trump a abandonné sa menace, affirmant qu'un nouvel accord avait été trouvé. Ce revirement de dernière minute a donné aux législateurs européens la couverture politique nécessaire pour suspendre les représailles.
Quelles sont les réactions des dirigeants européens ?
Malgré la suspension des tarifs, les dirigeants européens ne crient pas victoire. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré : "Il n'y a certainement pas lieu d'être excessivement optimiste... Des tâches très sérieuses nous attendent encore et nous avons perdu du temps." Son homologue suédois Ulf Kristersson a abondé dans ce sens, appelant à la reprise de "discussions sérieuses".
Quel est l'état de l'accord commercial UE-États-Unis ?
L'accord commercial entre l'UE et les États-Unis, pratiquement finalisé, reste en suspens. La demande antérieure de Trump que le Danemark "vende" le Groenland avait semé le chaos. L'UE, comme les alliés de l'OTAN, avait refusé, ce qui avait provoqué les menaces commerciales de Trump. Il a fallu une nouvelle série de réunions, notamment avec Mark Rutte de l'OTAN, pour qu'il recule.
Quels sont les autres enjeux géopolitiques ?
Certains dirigeants européens s'inquiètent que cette "turbulence inutile" ne détourne l'attention de la situation en Ukraine. Tusk a averti : "Nous ne pouvons pas permettre qu'au milieu de turbulences et d'émotions nécessaires et inutiles, l'Ukraine soit reléguée au second plan." Des discussions entre l'émissaire de Trump et Vladimir Putin avaient déjà lieu à Moscou pendant le sommet européen.
Questions fréquentes
Pourquoi l'UE a-t-elle suspendu ses tarifs punitifs ?
L'UE a suspendu ses tarifs après que Donald Trump a abandonné ses menaces commerciales liées au Groenland suite à des négociations avec l'OTAN.
Quels produits américains étaient menacés ?
Les avions Boeing, les voitures américaines et le bourbon figuraient parmi les produits ciblés par les représailles européennes.
L'accord commercial UE-États-Unis est-il sauvé ?
Bien que pratiquement conclu, l'accord reste en suspens mais devrait être relancé après le revirement de Trump.