La Fed révèle un défaut de livraison massif de 30,5 milliards de dollars sur les bons du Trésor à 10 ans

Les marchés traditionnels montrent des fissures structurelles — pendant que la finance décentralisée tourne sans interruption.
La faille dans le système
La Réserve fédérale vient de publier des chiffres qui feraient pâlir n'importe quel trader : 30,5 milliards de dollars de transactions sur les bons du Trésor à 10 ans n'ont tout simplement pas été livrés. Pas de glitch technique, pas de retard administratif — un défaut pur et simple. Le genre de nouvelle qui vous rappelle que le « système sûr » repose sur la confiance, pas sur du code immuable.
Le contraste saisissant
Pendant ce temps, sur les blockchains majeures, des milliers de contrats intelligents s'exécutent exactement comme programmé, 24h/24 et 7j/7. Aucune autorité centrale pour manquer à ses obligations, aucun intermédiaire pour faire défaut. Les règlements sont atomiques — ils se produisent ou ne se produisent pas — éliminant ce risque archaïque par conception.
Un avertissement en chiffres
Ce montant de 30,5 milliards n'est pas une anomalie statistique ; c'est un symptôme. C'est le coût opérationnel d'un système financier qui priorise les réseaux de relations sur les réseaux décentralisés. Une petite pointe d'ironie alors que les mêmes institutions critiquent souvent la crypto pour sa « volatilité », tout en gérant silencieusement des échecs de base dans leur propre cour.
La Fed a exposé une vulnérabilité fondamentale. La question n'est plus de savoir si la finance traditionnelle peut être défiée, mais combien de temps les investisseurs continueront à tolérer ses pannes coûteuses alors qu'une alternative sans contrepartie fonctionne déjà.
La Fed a réduit l'offre sur le marché lors des dernières ventes aux enchères
Avant la réouverture de ce même titre le 15 décembre, les opérateurs anticipaient une augmentation de l'offre pour atténuer les tensions. Or, cela ne s'est pas produit. Au lieu du soulagement habituel du marché, la réouverture a entraîné une pénurie marquée. Il ne s'agissait pas de la situation de taux « spéciale » habituelle que l'on observe parfois dans les accords de rachat. Cette fois-ci, la situation était pire. Et la Réserve fédérale en est une fois de plus responsable.
Lors de cette adjudication de novembre, la Fed n'a acquis que 6,5 milliards de dollars de titres pour ses propres comptes. C'est bien moins que d'habitude. En février, elle avait ajouté 11,5 milliards de dollars à une vente d'un montant similaire. En mai, elle en avait acquis 14,8 milliards et en août, 14,3 milliards. Alors, qu'est-ce qui a changé ?
Voici ce qui a changé : les avoirs de la Fed en bons du Trésor arrivant à échéance ont fortement diminué. Son compte SOMA (System Open Market Account) ne comptait que 22 milliards de dollars arrivant à échéance le 15 novembre, contre 45 à 49 milliards de dollars lors des cycles précédents. Et comme la Fed ne réinvestit que les bons du Trésor arrivant à échéance au-delà d’un certain plafond, le montant qu’elle a réinvesti a également diminué.
Ce plafond a évolué au fil du temps. En juin 2022, il était de 30 milliards de dollars par mois. En septembre, il a doublé pour atteindre 60 milliards de dollars. Ce resserrement a directement limité le montant des interventions de la Fed lors de chaque adjudication. Par conséquent, elle n'est pas intervenue pour soutenir l'échéance de l'obligation à 10 ans de novembre comme elle l'avait fait plus tôt dans l'année. Le même phénomène s'est produit pour les obligations à trois ans, avec des interventions tout aussi modestes.
Les traders se sont alors retrouvés à devoir emprunter en urgence une formule difficilement accessible. Résultat : davantage de règlements infructueux, davantage de complications et, au final, 30,5 milliards de dollars de transactions annulées en une seule semaine.
Les rendements sur l'ensemble de la courbe des taux du Trésor évoluent après les jours fériés et latrondes indicateurs économiques
Les marchés ont rouvert après les fêtes de Noël et le rendement des obligations du Trésor à 10 ans est resté quasiment inchangé. Il a baissé de moins d'un point de base, s'établissant à 4,13 %. Le rendement à 2 ans a quant à lui reculé de plus de 2 points de base, clôturant à 3,483 %. Un point de base équivaut à 0,01 %, et sur le marché obligataire, les rendements évoluent en sens inverse des prix.
La courbe des taux du Trésor a connu les changements suivants vendredi :
- 1 mois : 3,619 % (+0,006)
- 3 mois : 3,633 % (-0,011)
- 6 mois : 3,585 % (-0,014)
- 1 an : 3,49 % (-0,016)
- 2 ans : 3,481 % (-0,029)
- 10 ans : 4,13 % (-0,004)
- 30 ans : 4,816 % (+0,021)
Ces mouvements de marché sont intervenus alors que les investisseurs analysaient de nouvelles données économiques. Le ministère du Travail a annoncé que les demandes d'allocations chômage avaient diminué à 214 000 pour la semaine se terminant le 20 décembre, soit 10 000 de moins que la semaine précédente. Ce chiffre est inférieur aux prévisions.
De plus, le ministère du Commerce a annoncé que l'économie américaine avait progressé de 4,3 % au premier trimestre, soit le rythme le plus rapide en deux ans.
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