La Chine débloque 70 milliards pour son indépendance technologique : un plan choc pour réduire sa dépendance aux exportations de semi-conducteurs

Pékin passe à la vitesse supérieure dans la guerre des puces. Un plan massif de 70 milliards de dollars vient d'être dévoilé, visant à restructurer en profondeur la stratégie industrielle du pays.
Une manœuvre stratégique
L'objectif est clair : réduire la vulnérabilité face aux chaînes d'approvisionnement mondiales. Le gouvernement chinois ne se contente plus de fabriquer pour les autres. Il construit désormais les fondations pour alimenter sa propre révolution numérique, des véhicules électriques à l'intelligence artificielle.
Les implications pour la finance
Une telle injection de capitaux publics va créer des remous. Attendez-vous à voir fleurir des startups hardware et des fonds d'investissement spécialisés, tandis que les marchés traditionnels tenteront de décrypter l'impact sur les géants de la tech mondiale. Une belle occasion pour certains analystes de justifier leurs prévisions, qu'elles se réalisent ou non.
Au-delà du simple stimulus industriel, ce plan est un pari sur l'avenir. La Chine mise sur sa capacité à internaliser une partie cruciale de la valeur dans l'économie digitale. Si cela fonctionne, la carte géopolitique des technologies pourrait être redistribuée. Si cela échoue, on parlera simplement d'un autre plan de relance coûteux.
Pékin prévoit des subventions en dehors des fonds existants pour les semi-conducteurs.
Dans sa version la plus ambitieuse, cette proposition deviendrait le plus important programme d'incitation public jamais conçu pour le secteur des semi-conducteurs. Elle intervient alors que les gouvernements d'Europe et du Moyen-Orient s'efforcent de garantir un approvisionnement local en puces pour les systèmes d'IA et les applications de sécurité nationale.
Le programme chinois fonctionnerait indépendamment des instruments de financement existants, notamment du Big Fund III d'environ 50 milliards de dollars, axé sur les investissements en actions.
Le moment est délicat. La Chine investit massivement dans le plus grand marché mondial des semi-conducteurs au cours d'une période géopolitique tendue.
Ledent Xi Jinping s'est engagé à développer la production de semi-conducteurs en adoptant une approche globale, appelant à la mobilisation conjointe des ressources gouvernementales, industrielles et financières. Il a lié cette initiative aux restrictions à l'exportation imposées à plusieurs reprises par les États-Unis sous trois administrations différentes, à commencer par le premier mandat de Donald Trump.
trac de Chine , poursuit son expansion en tant que principal partenaire de fabrication de Huawei, malgré le manque d'équipements de pointe nécessaires à la production des puces les plus innovantes. Parallèlement, Moore Threads Technology Co. , qui conçoit des accélérateurs d'IA, a vu son cours boursier bondir de plus de 600 % depuis son introduction à la Bourse de Shanghai.
Les entreprises auraient incitées à éviter la puce H20 de Nvidia, une puce aux performances réduites conçue pour se conformer à la réglementation américaine en matière d'exportation. Les dirigeants de Nvidia ont déclaré que la part de marché de l'entreprise sur le marché chinois des puces d'IA est désormais nulle.
Pékin n'a pas publiquement approuvé les importations du H200 de Nvidia, malgré le récent changement de politique à Washington.
La réunion économique donne le ton en matière de politique générale.
Au-delà des semi-conducteurs, la Chine a indiqué qu'elle maintiendrait son soutien à l'économie tout en évitant un plan de relance massif l'année prochaine. Un rapport officiel publié jeudi à l'issue de la Conférence centrale sur le travail économique précise que les décideurs politiques utiliseront « avec souplesse et efficacité » les baisses de taux d'intérêt et les réductions des réserves obligatoires afin de maintenir une liquidité suffisante. Ce même document indique que les autorités maintiendront un niveau « nécessaire » de defibudgétaire et de dépenses publiques en 2026.
La réunion, à laquelle ont participé de hauts dirigeants dont Xi Jinping, a défini les priorités pour l'année à venir. Les responsables ont indiqué vouloir enrayer la forte baisse des investissements, stabiliser le marché immobilier et lutter contre le déclin de la natalité.
Ce ton reflétait la confiance après que la Chine ait surmonté son conflit commercial avec les États-Unis grâce à detronexportations vers d'autres régions, permettant aux dirigeants de s'en tenir à un modèle de croissance axé sur le secteur manufacturier tout en stimulant la consommation.
Les valeurs immobilières chinoises ont progressé, l'indice Bloomberg des actions immobilières chinoises enregistrant une hausse allant jusqu'à 1,9 %. À Hong Kong, l'action de China Vanke Co. a bondi de 5,7 %, tandis que celles de KWG Group Holdings et de Sunac China Holdings ont grimpé de 5,3 %.
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