GHO, le stablecoin natif d’Aave, fait son entrée en Irlande sous le régime MiCAR : une avancée stratégique pour la DeFi

La finance décentralisée franchit un nouveau cap. Aave lance officiellement GHO, son stablecoin maison, sur le marché irlandais—un coup calculé pour profiter du cadre régulatoire MiCAR.
Sans transition : les utilisateurs européens peuvent désormais miner/minter (au choix) ce stablecoin adossé à l’euro avec des collatéraux cryptos. Les détails techniques ? On vous épargne le whitepaper, mais retenez ceci : taux variables, mécanisme de rachat algorithmique, et bien sûr… des frais de transaction qui ‘disparaissent’ comme par magie.
Le sous-titre ironique : ‘Parce que l’Europe avait visiblement besoin d’un 127e stablecoin’. Mais derrière la provocation, l’enjeu est sérieux : GHO pourrait devenir le cheval de Troie d’Aave pour dominer le marché des prêts cryptos en zone UE.
Dernière ligne droite : les early adopters se frottent déjà les mains, pendant que la BCE surveille d’un œil torve cette nouvelle ‘innovation’ qui contourne allègrement les banques traditionnelles. À quand le premier FUD réglementaire ?
Aave choisit l'Irlande comme point d'ancrage de ses opérations dans l'EEE
Aave Labs lance un système d'entrée et de sortie sans frais pour @GHO et d'autres stablecoins en Europe, via Aave différents produits.
Cash vers DeFi seront bientôt fluides au sein de l' écosystème Aave pic.twitter.com/5rgQ4Orny4
– Aave (@ aave ) 13 novembre 2025
La plateforme crypto a déclaré que la réglementation MiCAR permet à Push de proposer des transactions sécurisées et réglementées en stablecoins, sans frais. Cette initiative s'oppose aux fintechs et aux plateformes d'échange centralisées qui facturent généralement des spreads ou des frais de traitement importants.
Aave a ajouté que cette autorisation permettra aux utilisateurs de convertir facilement des euros en actifs numériques, conformément à une nouvelle norme de protection et de transparence pour les consommateurs. L'entreprise a précisé avoir choisi l'Irlande comme point d'ancrage de ses activités au sein de l'Espace économique européen (EEE).
Aave a également souligné que le protocole Aave demeure sans autorisation et décentralisé, fonctionnant à l'échelle mondiale sur des blockchains publiques. L'entreprise a par ailleurs confirmé que l'autorisation MiCA ne s'applique qu'à son offre de services réglementés, fournie par Push pour l'achat et la vente sans frais de stablecoins.
Les données de la blockchain révèlent que Aave continue de générer une activité importante, avec un volume de transactions de plus de 542 millions de dollars au cours des dernières 24 heures. Les utilisateurs du réseau détiennent actuellement plus de 22,8 milliards de dollars d' empruntés via son protocole de prêt.
L’initiative d’ Aaveintervient alors que les stablecoins et les actifs numériques tokenisés gagnent en trac. Les données on-chain indiquent que l’offre mondiale de stablecoins a déjà dépassé les 300 milliards de dollars d’ici 2025.
Au moment de la publication, l' offre totale de stablecoins atteignait 305 milliards de dollars. L'USDT de Tether représentait la part la plus importante de cette offre, avec environ 184 milliards de dollars, suivi par l'USDC de Circle avec 75 milliards de dollars.
Breeden, de la Banque d'Angleterre, avertit que la dilution des stablecoins risque de nuire au système financier britannique.
Bien Aave milite pour une transition sans frais des stablecoins, le Comité européen du risque systémique (CERS) a déclaré mercredi que la réglementation européenne en vigueur comporte déjà des garanties contre les risques liés aux stablecoins. Cette déclaration l'avertissement de la Banque centrale européenne selon lequel les stablecoins constituent une menace pour la stabilité financière.
Le CERS, présidé par Christine Lagarde,dent de la BCE, et la Banque centrale européenne ont exhorté l'Union européenne à interdire le modèle d'émission multiple. Cette initiative pourrait modifier la façon dont les émetteurs de stablecoins internationaux traitent les tokens émis dans l'UE, en les considérant comme interchangeables avec ceux émis hors de l'Union. Le CERS a fait valoir qu'une ruée des détenteurs non européens vers le rachat des tokens émis dans l'UE pourrait amplifier les retraits massifs au sein de l'Union.
Un porte-parole de l'Autorité bancaire européenne (ABE), basée à Paris, a déclaré que les préoccupations du CERS reflètent les risques inhérents aux demandes de retrait potentiellement importantes. Il a précisé que la gravité de ces risques dépend du modèle économique et de l'envergure du jeton.
L'ABE a indiqué attendre des précisions de Bruxelles quant à la possibilité d'émissions multiples au titre de la directive européenne MiCA. Les émetteurs de stablecoins ont reconnu détenir des réserves en dollars pour permettre les rachats.
« Du point de vue de la liquidité, les émetteurs doivent détenir un certain montant d’actifs liquides pour faire face aux demandes de rachat potentielles. Et cela devrait fonctionner à l’échelle mondiale. »
-Luis del Olmo, expert principal à l'Autorité bancaire européenne.
La vice-gouverneure de la Banque d'Angleterre, Sarah Breeden, a également averti qu'un assouplissement supplémentaire des règles relatives aux stablecoins risquait de compromettre la stabilité financière. Elle estime par ailleurs que cela provoquera une crise du crédit et ajoute que le Royaume-Uni doit adopter une approche différente de celle des États-Unis.
Les remarques de Sarah faisaient suite au rapport publié lundi par la Banque d'Angleterre concernant les nouvelles règles relatives aux stablecoins systémiques utilisés pour les paiements. La banque centrale a fixé un plafond de 20 000 £ (26 840 $) par personne pour la détention de stablecoins, tandis que les émetteurs de stablecoins sont tenus de déposer 40 % des actifs sous-jacents auprès de la banque centrale en garantie de leur rémunération.
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