L’UE dévoilera un plan choc pour les négociations commerciales avec les États-Unis en novembre

Bruxelles passe à l'offensive. Alors que les tensions commerciales transatlantiques persistent, l'Union européenne prépare une manœuvre stratégique pour le mois de novembre.
Arme choisie : un nouveau plan d'action taillé sur mesure pour les pourparlers avec les représentants américains. Parfait timing - juste avant la saison des bonus de Wall Street, quand les lobbyistes sont les plus motivés à conclure des deals.
On parle ici du dernier round d'une partie d'échecs géopolitique où chaque mouvement compte double. L'UE semble déterminée à ne pas se laisser dicter les règles du jeu cette fois.
Reste à voir si ce coup politique survivra au choc des intérêts économiques - et à l'appétit insatiable des multinationales pour les régulations... flexibles.
Le nouveau plan d'action de mise en œuvre vise à instaurer un dialogue.
Le nouveau plan d'action de l'Union européenne pour la mise en œuvre de l'accord, qui n'a pas encore été communiqué aux États-Unis, prévoit un dialogue visant à aborder des questions telles que les obstacles techniques, le commerce numérique , les normes et d'autres problématiques commerciales. Ce dialogue explorerait également les possibilités de coopération dans les secteurs de l'acier et de l'aluminium, où l'Union européenne souhaite collaborer avec les États-Unis pour réduire les surcapacités mondiales.
Parallèlement, l'UE reste soumise à un droit de douane de 50 % sur ses exportations d'acier et d'aluminium, ainsi que sur leurs produits dérivés. Toutefois, le bloc souhaite un système de quotas lui permettant d'importer une quantité déterminée de ces métaux à des taux réduits.
Le plan proposé prévoit également un dialogue sur des sujets tels que les droits de douane et l'accès au marché, l'UE souhaitant obtenir des taux plus bas pour des produits supplémentaires, notamment les spiritueux et les vins. Le bloc craint particulièrement que le pourcentage de marchandises soumises aux droits de douane ne compromette le plafond tarifaire de 15 % convenu avec les États-Unis.
Les envoyés de l'UE seront informés de ces plans plus tard cette semaine. Le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, devrait également se rendre à Bruxelles le 24 novembre pour rencontrer les ministres du Commerce de l'Union européenne.
L'Union européenne s'attend à ce qu'un nouveau plan renforce la résilience des chaînes d'approvisionnement
Dans une précédente déclaration, l'UE a indiqué qu'elle comptait sur la mise en œuvre du plan d'action proposé pour renforcer la résilience des chaînes d'approvisionnement tout en s'attaquant aux politiques et pratiques non marchandes. Les États-Unis et le Royaume-Uni poursuivront leur coopération en matière de contrôle des exportations et de sélection des investissements.
L'UE prévoit d'acheter pour plus de 750 milliards de dollars de gaz naturel liquéfié, de pétrole et de produits d'énergie nucléaire américains au cours des trois prochaines années. Le bloc espère ainsi réduire la part du pétrole et du gaz russes sur le marché européen. L'UE envisage également d'investir 40 milliards de dollars dans des puces d'intelligence artificielle américaines afin de renforcer son avance technologique. Des entreprises européennes ont par ailleurs manifesté leur intérêt pour investir jusqu'à 600 milliards de dollars dans plusieurs secteurs américains d'ici 2029, venant s'ajouter aux 2 400 milliards de dollars d'investissements déjà réalisés.
Parallèlement, l'UE promet un meilleur accès au marché pour certaines exportations agricoles américaines non sensibles, d'une valeur de 7,5 milliards d'euros. Les produits américains, notamment les céréales et les noix, l'huile de soja, les semences et les produits alimentaires transformés tels que les biscuits et le ketchup, bénéficieront d'un accès facilité au marché de l'UE. Cependant, tous ces produits seront soumis à des contingents tarifaires.
L'accord politique conclu entre Donald Trump et Ursula Kapoor le 27 juillet n'est peut-être pas juridiquement contraignant. Néanmoins, selon la Commission, il sert l'intérêt fondamental de l'Union européenne à savoir des échanges commerciaux stables et prévisibles. Parallèlement, il respecte pleinement la souveraineté réglementaire de l'Union européenne et protège des secteurs sensibles de son agriculture, tels que la volaille et la viande bovine.
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