La Suisse en mode offensif pour décrocher un accord tarifaire avantageux avec les États-Unis

Berne passe à la vitesse supérieure dans les négociations commerciales avec Washington. Objectif : obtenir des conditions préférentielles pour ses exportations.
Le gouvernement suisse mise sur une approche agressive pour tirer profit des tensions géopolitiques actuelles. Une stratégie risquée, mais qui pourrait payer gros.
Les analystes s’attendent à des concessions mutuelles, mais rappellent que les États-Unis n’offrent jamais rien sans contrepartie… surtout en période électorale.
Une information anonyme laisse entendre qu'un nouvel accord tarifaire est en préparation entre la Suisse et les États-Unis.
Des sources proches du dossier, s'exprimant sous couvert d'anonymat, ont révélé que les négociations menées par la Suisse visent à obtenir un objectif de 15 %, actuellement imposé aux exportations de l'UE vers les États-Unis. Selon ces mêmes sources, les deux pays pourraient parvenir à un accord dans les deux prochaines semaines.
L'information anonyme soulignait également que les deux pays n'avaient encore rien finalisé. Elle prévenait que les discussions pourraient encore s'avérer infructueuses, comme ce fut le cas en juillet dernier.
dent américain Donald trump a confirmé lundi que son administration travaillait à un accord pour réduire les droits de douane. Il a toutefois souligné que le taux applicable à la Suisse n'était pas encore définitif. Il a expliqué que son administration avait « durement frappé la Suisse », mais qu'elle souhaitait néanmoins que ce pays européen « continue de prospérer » à long terme.
Cette nouvelle intervient après la rencontre, la semaine dernière, entre Trump et des chefs d'entreprise suisses à la Maison Blanche, dont des dirigeants de grandes entreprises basées dans ce petit pays européen.
Selon Bloomberg, parmi les représentants suisses présents à la réunion figuraient Johann Rupert, président de Richemont ; Alfred Gantner, fondateur milliardaire de Partners Group ; Marwan Shakarchi de MKS Pamp, raffineur d'or ; Jean-Frédéric Dufour, patron de Rolex ; Daniel Jaeggi, négociant en matières premières Mercuria ; et Diego Aponte, de la compagnie maritime MSC.
Les chefs d'entreprise suisses prennent des mesures pour négocier contre les droits de douane de Trump.
Bloomberg a rapporté la semaine dernière que cet effort conjoint inhabituel et rare de la part de chefs d'entreprise issus des secteurs phares de la Suisse met en lumière la frustration de ce petit pays européen, fortement dépendant des exportations.
Trump a confirmé sur Truth Social avoir rencontré des représentants de haut niveau de la Suisse et a exhorté le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, à programmer des négociations de suivi.
Fin juillet, les discussions étaient menées par des négociateurs suisses, sous la direction de ladent Karin Keller-Sutter. Ces négociateurs pensaient initialement être proches d'un accord ramenant les droits de douane suisses à 10 %, mais la Maison Blanche imposa un taux de 39 %, une décision choquante qui surprit les responsables politiques et les chefs d'entreprise.
Début août, Trump a imposé des droits de douane élevés sur les importations suisses, établissant ainsi le taux le plus élevé jamais appliqué à un pays développé. Il a justifié cette mesure par deficommercial américain estimé à 39 milliards de dollars avec la Suisse, source d'un déséquilibre commercial entre les deux pays. La Suisse a tenté de réfuter cette affirmation en expliquant que le defiétait dû aux importations de services.
La Suisse a déjà supprimé tous ses droits de douane sur les produits industriels, et les États-Unis constituent son principal marché d'exportation, notamment pour les montres de luxe, le chocolat et les machines-outils. Cependant, la situation reste incertaine pour les responsables et les chefs d'entreprise suisses.
Cryptopolitan avait déjà rapporté en octobre que la présidente dent Keller-Sutter se montrait plus pessimiste quant aux négociations en cours. Elle avait déclaré dans une interview qu'il était impossible de prédire l'issue des négociations et que la décision revenait exclusivement à Trump.
Selon Simon Evenett, professeur de géopolitique et de stratégie à l'IMD Business School de Lausanne, en Suisse, les exportations représentent plus de 70 % du PIB du pays. Evenett estime également que l'influence mondiale du pays s'est exercée sur ses entreprises, notamment les horlogers, les géants pharmaceutiques et les négociants en matières premières.
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