La Corée du Nord blanchit 1,6 milliard de dollars en cryptomonnaies pour financer son programme d’armement

Pyongyang transforme les actifs numériques en arsenal militaire
Le blanchiment cryptographique à grande échelle
Les hackers nord-coréens contournent les sanctions internationales grâce à la nature décentralisée des cryptomonnaies. Ils siphonnent les échanges, manipulent les marchés DeFi et exploitent les failles de sécurité - le tout pour alimenter le complexe militaro-industriel du régime.
Une machine de financement invisible
Ces 1,6 milliard de dollars blanchis représentent plus qu'un simple chiffre. C'est la preuve que les cryptomonnaies peuvent devenir l'outil de financement préféré des États voyous. Pas besoin de banques traditionnelles, pas de contrôles douaniers - juste du code et de la connectivité internet.
Pendant ce temps, les régulateurs financiers traditionnels débattent encore de la classification des stablecoins... Le monde change, mais certaines mentalités restent bloquées à l'ère du papier-monnaie.
La Corée du Nord utilise des informaticiens pour blanchir des fonds
La Corée du Nord a trouvé des moyens de contourner les sanctions de l'ONU , notamment en utilisant des cryptomonnaies pour échanger des matières premières et des armes militaires. Le pays a également déployé de nombreux informaticiens à l'étranger pour blanchir des fonds et générer des revenus pour Pyongyang, selon un rapport d'un groupe international de surveillance des sanctions.
Cette révélation a incité les analystes à mener des recherches, qui ont montré que la Corée du Nord a intensifié ses cyberactivités ces dernières années sous la direction de Kim Jong Un. Selon leurs découvertes, le piratage informatique est devenu une méthode privilégiée pour gagner des devises étrangères, dans le contexte des mesures sévères mises en place en raison de ses initiatives nucléaires et militaires.
Ils ont également réalisé que les responsables du pays utilisaient des pièces stables pour les transactions liées à l'achat d'équipements militaires et de matières premières, comme le cuivre, essentiel à la production d'armes.
Pour échapper davantage aux sanctions de l’ONU, la Corée du Nord a envoyé ses travailleurs informatiques dans au moins huit pays différents, dont la Chine, qui comptait le plus grand nombre de travailleurs, ainsi que la Russie, le Laos, le Cambodge, la Guinée équatoriale, la Guinée, le Nigéria et la Tanzanie.
De plus, comme les sanctions de l'ONU empêchent les individus de gagner de l'argent en dehors de leur pays, le MSMT a révélé l'intention du pays d'envoyer 40 000 travailleurs en Russie, dont plusieurs groupes de travailleurs informatiques.
Pendant ce temps, la Corée du Nord a reçu un soutientronde la Russie après avoir fourni des armes et envoyé un grand nombre de ses soldats pour aider les troupes de Moscou dans la bataille contre l'Ukraine.
L'intensification des cyberactivités de la Corée du Nord suscite des inquiétudes en matière de sécurité
Le MSMT a examiné un rapport de 2024 de 38 North, un programme d'analyse géré par le centre de réflexion Stimson. Ce rapport soulignait que des informaticiens nord-coréens, dissimulant leur nationalité, obtenaient destracpour des projets d'animation gérés par des entreprises japonaises et américaines comme Amazon et HBO Max.
Lorsque des rapports ont demandé à Amazon de commenter ces allégations, un porte-parole du géant de la technologie a affirmé que l'entreprise n'avait jamais embauché directement ces travailleurs.
« Nous avons déjà collaboré avec un studio d'animation qui employait des sous- trac soupçonnés d'être impliqués dans cette affaire. Cependant, ces personnes n'étaient pas d'Amazon et n'avaient pas accès à nos systèmes internes », a déclaré le porte-parole.
HBO n'a pas répondu à une demande de commentaires d'un journaliste. Par ailleurs, l'article soulignait également qu'outre Amazon et HBO Max, des animateurs nord-coréens ont également collaboré avec des entreprises telles que le studio d'animation public de Pyongyang, en Corée du Sud. Cette société est réputée pour son soutien à des projets occidentaux, notamment au film Les Simpson, le film de 2007.
Par ailleurs, les services de renseignement de Séoul ont signalé l'année dernière que des agents nord-coréens se faisant passer pour des recruteurs utilisaient LinkedIn pour cibler des victimes en leur proposant des offres d'emploi. Pour ce faire, ils demandaient à des Sud-Coréens travaillant pour des entreprises de défense des informations sur leurs technologies.
Lancée en octobre dernier, la MSMT surveille et signale les violations des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU contre la Corée du Nord. Cependant, elle opère indépendamment dent l'ONU et compte parmi ses membres le Royaume-Uni, le Canada, l'Italie, la Corée du Sud, les Pays-Bas, les États-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon, la France et l'Allemagne.
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