Les banques américaines peuvent désormais servir d’intermédiaires pour acheter de la crypto : La porte d’entrée institutionnelle est officiellement ouverte
Le verrou a sauté. Les institutions financières traditionnelles viennent de recevoir leur laissez-passer officiel pour le monde des actifs numériques.
Un changement de paradigme réglementaire
Une directive récente, discrète mais puissante, redéfinit le paysage. Elle autorise désormais les établissements bancaires agréés à agir en tant que gardiens et facilitateurs pour les transactions en crypto-monnaies. Finies les plateformes obscures et les portefeuilles autonomes pour les gros porteurs institutionnels. L'infrastructure traditionnelle de la finance – celle avec les coffres-forts en acier et les audits annuels – peut désormais gérer les clés privées.
Ce n'est pas une simple autorisation de vente ; c'est une légitimation de la chaîne de valeur. Les banques peuvent désormais proposer la garde d'actifs, exécuter les ordres d'achat et de vente, et gérer la logistique complexe de la conformité (AML/KYC) directement sur des actifs qu'elles traitaient avec méfiance il y a encore deux ans. Une ironie savoureuse pour ceux qui se souviennent des discours alarmistes.
Les implications pour le marché
Attendez-vous à un afflux de liquidités d'un nouveau genre. Il ne s'agit plus seulement de l'argent 'risqué' des retail investors. C'est la trésorerie des fonds, les réserves des family offices, et peut-être un jour, une fraction des bilans des banques elles-mêmes qui trouve une voie d'accès pavée et régulée. La barrière psychologique et pratique pour une allocation en crypto vient de tomber pour une partie massive de l'économie financière.
Les puristes crieront à la centralisation, et ils auront en partie raison. Mais pour le marché dans son ensemble, c'est une étape nécessaire vers la maturité. La liquidité augmente, la volatilité induite par les petits échanges diminue, et la construction d'instruments financiers complexes (ETF, produits structurés) devient infiniment plus simple.
Un pied dans le futur, un œil sur le passé
Le mouvement est clair : la finance traditionnelle n'adopte pas la crypto, elle l'absorbe. Elle en fait un autre produit dans son catalogue, avec ses marges et ses frais de garde. Une victoire pour l'adoption, peut-être une défaite pour l'idéal originel de décentralisation. Mais comme le disait un vieux banquier, 'on ne refait pas le monde avec de l'idéalisme, on le fait avec du capital'. Et le capital, justement, vient d'obtenir sa nouvelle autorisation de sortie.
Les banques américaines peuvent intervenir comme intermédiaires crypto
Les États-Unis vivent actuellement une véritable mutation de leur modèle financier traditionnel, afin d'y intégrer les ambitions de campagne de Donald trump destinées à faire de ce pays la première puissance mondiale associée aux cryptomonnaies.
Dans ce cadre, l'Office of the Comptroller of the Currency (OCC) vient de valider une étape décisive associée à son rôle de régulation et de surveillance des banques nationales américaines, en annonçant que ces dernières peuvent désormais servir d’intermédiaires pour les transactions crypto.
✍️ Découvrez notre classement des banques les plus crypto-friendly en France
Une étape très clairement destinée à réduire le fossé qui existe encore entre le secteur financier traditionnel et les activités liées aux cryptomonnaies, en autorisant de ce fait les opérations pour compte propre sans risque (riskless principal), sans déclencher un examen nécessaire de la part de l'instance de contrôle.
L’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) a publié la lettre interprétative 1188, confirmant qu’une banque nationale peut effectuer des transactions en crypto-actifs de type « riskless principal » dans le cadre de son activité bancaire.
OCC
Gagnez jusqu'à 100 € en bitcoin en créant un compte sur SwissBorg (jusqu'au 31/12)Publicité - Investir comporte des risques (en savoir plus)Une fonction équivalente à celle des courtiers
Dans les faits, ces opérations « riskless principal » impliquent que l'intermédiaire intervient entre l'acheteur et le vendeur, sans toutefois conserver l'actif en stock, en enchaînant simultanément 2 opérations distinctes et instantanées, de manière à éliminer le risque de marché.
Une « fonction équivalente à celle d'un courtier intervenant comme agent » que les banques américaines pourront désormais occuper pour le compte de leurs clients, avec des cryptomonnaies autres que celles ayant le statut de titres financiers, déjà légalement autorisées.
🗞️ BPCE (Banque Populaire - Caisse d'Épargne) lance son offre crypto en France
Cette déclaration de l'OCC insiste également sur le fait que les banques doivent auparavant s'assurer d'avoir toutes les autorisations nécessaires pour pouvoir opérer comme intermédiaires de ce type, tout en garantissant le maintien des procédures de surveillance des risques opérationnels, de conformité et de marché.
Le principal risque dans les transactions de type riskless principal est le crédit de contrepartie (en particulier le risque de règlement-livraison). La gestion de ce risque fait partie intégrante de l’activité bancaire, et les banques sont expérimentées pour le gérer.
OCC
Une nouvelle activité crypto pour les banques américaines qui va sans aucun doute permettre de limiter l'impact de ce que certains nomment l'Opération Chokepoint 2.0. Une exclusion bancaire volontaire des acteurs crypto supposément menée par l'administration Biden, que Donald Trump s'est engagé à annuler pour de bon.
Acheter des cryptos et des actions à moindres frais avec DEGIROPublicité - Investir comporte des risques (en savoir plus)Source : OCC
La Newsletter crypto n°1 🍞
Recevez un récapitulatif de l'actualité crypto chaque jour par mail 👌
S'inscrire[email protected]S'inscrireOui, j'accepte de recevoir votre newsletter selon votre politique de confidentialitéCertains contenus ou liens dans cet article peuvent être de la publicité. Cryptoast a étudié les produits ou services présentés, mais ne saurait être tenu responsable de tout dommage ou perte liés à leur usage. Investir dans les cryptomonnaies comporte des risques. N'investissez que ce que vous êtes prêt à perdre.

Passionné par les cryptomonnaies et le principe de décentralisation depuis de nombreuses années, je souhaite partager cette expérience avec le plus grand nombre. Je m'attache également à décrypter les enjeux associés à l'évolution de cet écosystème au sein de la finance traditionnelle.
Hugh Bernard
443 articles
Tous ses articles