Arizona : La gouverneure bloque une troisième fois le projet de réserve Bitcoin – Un coup dur pour les crypto-enthousiastes
Pour la troisième fois, la gouverneure de l'Arizona a opposé son veto à un projet de loi visant à créer une réserve d'État en Bitcoin. Une décision qui refroidit les espoirs des partisans des cryptomonnaies.
Malgré la pression croissante des lobbies pro-crypto, l'exécutif reste inflexible. « Trop volatil, trop risqué » – le mantra traditionnel des régulateurs.
Les partisans du texte dénoncent une occasion manquée : « L'Arizona aurait pu devenir le nouveau Texas de la finance décentralisée ».
Pendant ce temps, Wall Street continue d'empocher des milliards sur les produits structurés Bitcoin. Comme quoi, le risque est toujours bon... quand ce sont les banques qui le prennent.
En bref
- La gouverneure Katie Hobbs oppose un troisième veto à une loi pro-Bitcoin en Arizona.
- Le projet HB 2324 proposait de créer une réserve d’État en Bitcoin à partir de cryptos saisies.
- Hobbs invoque les risques de volatilité et l’impact sur les forces de l’ordre locales.
L’Arizona rejette une nouvelle fois le projet de réserve Bitcoin
Katie Hobbs ne dévie pas de sa trajectoire. La gouverneure de l’Arizona vient d’opposer son veto au projet de loi HB 2324, qui proposait d’établir une réserve bitcoin gérée par l’État.
Cette initiative parlementaire, adoptée par 34 voix contre 22 à la Chambre des représentants, aurait permis de constituer des réserves stratégiques à partir de cryptos confisquées lors d’enquêtes criminelles.
Dans sa lettre adressée au président de la Chambre Steve Montenegro, Hobbs justifie sa décision par des préoccupations opérationnelles.
Elle argue que cette mesure « dissuade les forces de l’ordre locales de travailler avec l’État sur la confiscation des actifs numériques ». Selon elle, retirer les actifs saisis aux juridictions locales nuirait à la coopération inter-agences.
Ce rejet s’inscrit dans une série de vetos répétés. Hobbs avait déjà bloqué en mai deux projets de loi du Sénat autorisant les trésoriers d’État et les systèmes de retraite à allouer jusqu’à 10 % de leurs fonds au bitcoin.
Elle avait également refusé une proposition permettant aux agences publiques d’accepter les paiements en cryptos pour les amendes et taxes.
La volatilité reste son argument principal. « La volatilité actuelle des marchés des cryptomonnaies ne constitue pas un choix prudent pour les fonds publics », avait-elle écrit lors de ses précédents vetos.
Cette position contraste avec l’approche d’autres États comme le Texas et le New Hampshire, qui ont déjà adopté des réserves stratégiques Bitcoin.
BTCUSDT graphique par TradingViewEntre prudence gouvernementale et réalités politiques
L’attitude de Hobbs reflète les dilemmes auxquels font face les élus confrontés aux innovations financières.
Pranav Agarwal, directeur de Jetking Infotrain India, la première société cotée en Inde à détenir du bitcoin, analyse cette posture avec pragmatisme.
« Pour un poste public comme celui de gouverneur, Hobbs doit adopter une position monétaire fiduciaire », explique-t-il à Decrypt.
Cette prudence politique trouve ses limites dans les contradictions apparentes de l’administration Hobbs.
La gouverneure a paradoxalement signé le projet de loi HB 2749 en mai, autorisant l’État à conserver les cryptos non réclamées sous leur forme native plutôt que de les convertir en espèces. Cette décision suggère une approche nuancée plutôt qu’un rejet systématique.
L’ironie de la situation réside dans le fait qu’en juin 2025, l’Arizona avait déjà adopté une loi créant un fonds crypto alimenté par des actifs criminels saisis.
Cette législation, validée à l’époque, établissait un « Bitcoin and Digital Assets Reserve Fund » avec des mécanismes de répartition sophistiqués : 50 % des gains pour le fonds anti-racket, 25 % pour le budget général et 25 % pour la réserve crypto.
Les perspectives d’avenir restent ouvertes selon les analystes.
Un futur gouverneur pourrait avoir le point de vue opposé. À long terme, cela ne change pas les perspectives de l’État d’accepter la crypto ou d’être considéré comme favorable à la crypto.
AgarwalCette analyse rappelle que les positions politiques sur les cryptos évoluent rapidement, particulièrement dans un contexte électoral changeant.
En somme, en rejetant une fois de plus un projet pro-Bitcoin, l’Arizona s’isole d’une vague croissante d’adoption institutionnelle. Mais rien n’est figé : dans le pays de trump et de l’innovation, une seule élection suffit parfois à bouleverser toute une doctrine économique. Le bitcoin n’a pas dit son dernier mot dans le désert de l’Arizona.
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