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Exclusif : Xi Jinping et Vladimir Poutine snobent le sommet des BRICS à Rio – Un coup diplomatique ?

Exclusif : Xi Jinping et Vladimir Poutine snobent le sommet des BRICS à Rio – Un coup diplomatique ?

Published:
2025-06-27 14:00:00
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Les deux géants politiques font faux bond à Rio. Leur absence envoie un signal fort – et glacé – aux marchés émergents.

Diplomatie ou calcul stratégique ? Alors que les BRICS cherchent à peser sur l'échiquier géopolitique, le vide laissé par Pékin et Moscou donne le tournis aux analystes.

Les places financières réagissent : les crypto-monnaies des pays émergents plongent, comme si les traders avaient soudain réalisé que même les actifs numériques ont besoin de soutien politique. Ironie du sort, le Bitcoin reste stable – preuve que la décentralisation a du bon quand les chefs d'État jouent aux fantômes.

Deux chaises symboliques (Russie, Chine) sont vides au sommet des BRICS à Rio. Les chaises sont ornées des silhouettes ou ombres de Xi et Poutine en fond. Le Christ Rédempteur surplombe la scène.

En bref

  • Xi Jinping ne participera pas au sommet des BRICS à Rio, une première depuis sa prise de fonctions en 2013.
  • Pékin évoque un conflit d’agenda, mais un dîner d’État offert à Modi par Lula pourrait être à l’origine du malaise.
  • Vladimir Poutine, quant à lui, est absent en raison du mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale.
  • Le sommet BRICS 2025 se tiendra donc sans ses deux figures dominantes, affaiblissant symboliquement l’événement.

Un retrait de figures clés : Xi et Poutine absents à Rio

Tandis que les BRICS pensaient accélérer la dédollarisation après le sommet de cette année, Xi Jinping n’assistera pas à cette rencontre des 6 et 7 juillet 2025 à Rio de Janeiro. Il s’agit d’un tournant diplomatique notable, puisque le président chinois n’a jamais manqué une réunion du groupe depuis 2013, y compris lors des éditions virtuelles de la pandémie.

Pékin a officiellement invoqué un « conflit d’agenda », mais plusieurs diplomates évoquent une irritation liée à l’invitation brésilienne adressée à Narendra Modi pour un dîner d’État, perçue comme un camouflet à l’égard de la Chine. Dans ce contexte, c’est le Premier ministre Li Qiang qui représentera Pékin à Rio, comme cela avait déjà été le cas au G20 en Inde en 2023.

La Russie, de son côté, a confirmé l’absence de Vladimir Poutine, entravé par le mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI). Bien que le Kremlin ait longtemps laissé planer le doute, son absence ne fait plus débat. Ces deux désistements, pour des raisons distinctes, mais symboliquement lourdes, modifient profondément l’équilibre du sommet. Voici les principaux faits à retenir :

  • Xi Jinping sera remplacé par Li Qiang, une délégation de rang inférieur, malgré l’importance stratégique du sommet ;
  • Le Brésil, pays hôte, espérait sa venue après deux rencontres bilatérales entre Lula et Xi en moins d’un an (G20 2024, forum Chine-Celac 2025) ;
  • Le dîner d’État en l’honneur de Modi pourrait être à l’origine du malaise chinois, suggérant une tension entre Pékin et New Delhi ;
  • Poutine, quant à lui, est absent pour des raisons judiciaires : le Brésil étant signataire du Statut de Rome, il risquait légalement l’arrestation sur son sol ;
  • Ces absences réduisent de facto la portée symbolique et politique du sommet, au moment où les BRICS s’efforcent d’étendre leur influence.

Le retrait coordonné, bien que non concerté, de la Chine et de la Russie à ce rendez-vous diplomatique central remet en question la capacité des BRICS à afficher une unité stratégique dans un contexte géopolitique de plus en plus fragmenté.

Une dynamique économique et monétaire mise en pause

L’absence conjointe de Xi Jinping et Vladimir Poutine va au-delà d’une affaire de protocole diplomatique. Elle risque d’avoir des conséquences directes sur les ambitions économiques et financières des BRICS, en particulier sur le chantier stratégique de la monnaie commune évoquée comme levier de dédollarisation.

Ce projet, souvent relayé dans les discours officiels de Moscou et Pékin, visait à créer une alternative crédible au système monétaire dominé par le dollar américain. Or, sans la participation active des deux principaux moteurs de cette initiative, il paraît peu probable que des avancées concrètes soient annoncées lors du sommet de Rio.

Le porte-parole chinois Guo Jiakun souligne que « dans un monde volatile et troublé, les nations des BRICS maintiennent leur volonté stratégique et œuvrent ensemble pour la paix, la stabilité et le développement mondial ».

Toutefois, cette rhétorique, bien que rassurante, masque une réalité plus incertaine. Les divergences internes du groupe, exacerbées par les rivalités entre la Chine et l’Inde, freinent les décisions collectives.

La déception du Brésil face au désistement de Xi pourrait également affaiblir l’élan diplomatique de la présidence brésilienne, alors même que Lula espérait faire du sommet de cette année une vitrine de coopération Sud-Sud renforcée. quant aux pays nouvellement intégrés ou invités (Iran, Égypte, Éthiopie…), leur marge d’influence reste limitée dans l’arbitrage des grandes orientations.

À moyen terme, cette configuration affaiblie pourrait repousser certains chantiers structurants du bloc, y compris les discussions sur un éventuel stablecoin des BRICS ou une blockchain souveraine, sujets suivis de près dans la sphère crypto.

Si aucun des projets n’est officiellement suspendu, leur crédibilité dépend en grande partie de la volonté politique des poids lourds que sont la Chine et la Russie. Leur retrait partiel du sommet de Rio jette un voile d’incertitude sur l’agenda technologique du groupe, pourtant présenté comme une alternative aux standards occidentaux dans la finance numérique.

En définitive, le sommet de Rio, vidé de deux de ses protagonistes majeurs, risque de faire figure de rendez-vous manqué. Il offrira sans doute une vitrine de continuité institutionnelle, mais sans les décisions structurantes espérées. À terme, cette séquence pourrait inciter les BRICS à repenser leur gouvernance et leur méthode de coordination, au risque de perdre en crédibilité auprès des marchés et des acteurs comme Ron Paul qui voyaient en eux une réelle alternative au système économique occidental.

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