La France en retard sur MiCA : L’AMF tape du poing sur la table
Les régulateurs français tirent la sonnette d’alarme—le pays accumule du retard dans l’adaptation au cadre européen sur les cryptos.
Alors que l’Europe avance à marche forcée, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) rappelle à l’ordre les acteurs locaux. MiCA n’attendra pas.
Un classique : Paris préfère débattre plutôt qu’appliquer. Pendant ce temps, Berlin et Londres se frottent les mains.
En bref
- L’AMF déplore le retard des acteurs crypto français à se conformer au règlement MiCA.
- D’autres régulateurs européens ont déjà délivré plusieurs agréments, plaçant la France en position de faiblesse compétitive.
- Le soutien de l’AMF est attendu pour accompagner les PSAN vers l’agrément MiCA, crucial pour la pérennité du secteur crypto français.
MiCA : pourquoi la date limite de conformité ne bougera pas
Les entreprises crypto souhaitant continuer à opérer légalement au sein de l’Union européenne, doivent obligatoirement obtenir l’agrément PSCA sous MiCA. Or, bien que la fenêtre réglementaire soit encore ouverte, l’AMF prévient qu’aucun report ne sera accordé au-delà de juin 2026. Il devient donc stratégique pour les plateformes de ne pas attendre la dernière minute pour se mettre en conformité.
Dans le reste de l’UE, les autorités de régulation ont pris les devants :
- Le régulateur luxembourgeois ;
- L’autorité allemande BaFin ;
- La MFSA à Malte.
Ont toutes délivré plusieurs agréments, créant une dynamique favorable à leurs écosystèmes nationaux. Alors que le bitcoin incarne l’essor pionnier et décentralisé des crypto-actifs, la France se trouve à un carrefour réglementaire.
BTCUSD graphique par TradingViewPour ne pas perdre son influence dans cet univers en pleine mutation, il devient impératif que ses acteurs crypto français adoptent rapidement MiCA, garantissant ainsi leur place dans la compétition globale.
Crypto en France : le secteur réclame plus de soutien face à MiCA
Certains acteurs de l’écosystème crypto soulignent que cette inertie ne relève pas uniquement de la mauvaise volonté :
- Manque de lisibilité ;
- Lenteur administrative ;
- La complexité des démarches.
Tous ces facteurs sont régulièrement pointés comme des freins. Alexandre Roubaud, cofondateur de Bitstack, affirme ainsi :
Le rôle de l’AMF est d’accompagner les acteurs de la crypto qui ont un agrément PSAN jusqu’à l’obtention d’un agrément MICA.
Soulignant une attente claire en matière de support institutionnel.Par ailleurs, certaines plateformes peinent à réunir les ressources nécessaires — humaines, juridiques et financières — pour répondre aux exigences de MiCA. D’autres, plus fragiles, pourraient ne pas survivre à ce virage réglementaire. Dans tous les cas, l’inaction prolongée risque d’entraîner une marginalisation progressive de l’écosystème français dans le paysage crypto européen.
Au moment où Binance met fin à l’USDT en Europe pour pouvoir se conformer à MiCA, L’AMF place la barre encore plus haute pour le secteur crypto français. Entre pression réglementaire et nécessité d’accompagnement, le défi dépasse la conformité : il questionne l’avenir et la compétitivité de la France dans la course européenne. Jusqu’où les acteurs sauront-ils s’adapter avant qu’il ne soit trop tard ?
Maximisez votre expérience Cointribune avec notre programme ’Read to Earn’ ! Pour chaque article que vous lisez, gagnez des points et accédez à des récompenses exclusives. Inscrivez-vous dès maintenant et commencez à cumuler des avantages.