Do Kwon : Un juge américain examine le rôle de la Corée du Sud avant la condamnation - Un tournant juridique majeur
La saga judiciaire de Do Kwon franchit une nouvelle étape critique. Un juge fédéral américain demande désormais des éclaircissements sur les actions de la Corée du Sud avant de prononcer sa sentence. Cette décision jette une lumière crue sur la complexité de la régulation transfrontalière dans la cryptosphère.
Les questions en suspens
Le tribunal cherche à comprendre l'étendue et la chronologie des procédures sud-coréennes. L'objectif ? Éviter une double peine et calibrer une condamnation qui tienne compte de toutes les juridictions impliquées. Une coordination qui, dans le monde traditionnel de la finance, relèverait presque du miracle – ou d'un accord tacite entre régulateurs fatigués.
Un précédent pour l'industrie
Ce scrupule judiciaire dépasse le cas personnel de Do Kwon. Il établit un précédent sur la manière dont les autorités américaines traitent les affaires cryptos avec une dimension internationale forte. La sentence finale pourrait bien redéfinir les règles du jeu pour les fondateurs opérant depuis l'étranger.
L'épilogue se fait attendre, mais une chose est sûre : la justice américaine prend son temps, consciente que chaque décision écrira l'histoire régulatoire de la prochaine décennie. Après tout, dans la finance, la seule constante est que les règles sont faites pour être contournées... jusqu'à ce qu'elles ne le soient plus.
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En bref
- Un juge américain cherche à clarifier les charges en cours en Corée du Sud avant de décider de la peine de prison finale et du parcours de garde de Kwon.
- Les procureurs demandent 12 ans pour Kwon, affirmant que l’effondrement de Terra a causé d’importantes pertes sur le marché des actifs numériques.
- Le tribunal s’interroge sur la prise en compte du temps passé par Kwon au Monténégro dans une éventuelle peine américaine après son affaire documentaire.
- Kwon pourrait encourir jusqu’à 40 ans en Corée du Sud, où les procureurs poursuivent des affaires liées à l’effondrement de Terra.
Le tribunal examine la garde multi-pays dans l’affaire Do Kwon
Une audience prévue jeudi suit l’aveu de culpabilité de Kwon pour deux chefs d’accusation criminels liés à l’effondrement de TerraUSD et Luna. Le juge Paul Engelmayer a demandé aux deux parties plus d’informations sur les charges en attente contre Kwon en Corée du Sud et les peines possibles qu’il pourrait encourir une fois la peine américaine terminée.
Kwon est apparu pour la première fois devant un tribunal américain le 2 janvier 2025, plaidant non coupable. Il a ensuite admis en août les chefs d’accusation de fraude électronique et de complot en vue de frauder. Ses actions, selon les procureurs, ont alimenté un effondrement de 40 milliards de dollars qui a secoué le marché des actifs numériques et causé des pertes généralisées parmi les investisseurs particuliers et institutionnels.
Les procureurs demandent une peine de 12 ans de prison et 19 millions de dollars d’amendes dans le cadre de l’accord de plaidoyer. Son équipe de défense, cependant, ne demande pas plus de cinq ans de peine.
Un enjeu clé pour le juge est la manière dont les États-Unis et la Corée du Sud géreront la garde à vue. Il a également soulevé des questions concernant le Monténégro, où Kwon a purgé quatre mois pour avoir utilisé des documents de voyage falsifiés lors d’un litige d’extradition. Le juge a demandé si les deux parties s’accordaient à dire que le temps passé en Monténégro ne devrait pas être pris en compte dans une éventuelle peine américaine.
Les inquiétudes proviennent de la possibilité que Kwon soit transféré aux autorités sud-coréennes en cours de peine américaine. Le juge a estimé qu’un tel transfert pourrait affaiblir l’impact de la punition prononcée à New York.
L’affaire sud-coréenne pourrait lui valoir une peine bien plus longue
L’équipe juridique de Kwon a répondu que quelle que soit l’issue aux États-Unis, que ce soit 12 ans ou le temps déjà purgé, il serait immédiatement remis en garde à vue sud-coréenne pour détention provisoire.
Une partie majeure de l’examen du tribunal concerne les détails de l’affaire encore ouverte en Corée du Sud :
- Kwon pourrait encourir jusqu’à 40 ans de prison selon la loi sud-coréenne.
- Les procureurs à Séoul ont déposé des accusations en 2022 mais ne l’ont pas détenu depuis l’effondrement de Terra.
- Les États-Unis et la Corée du Sud ont soumis des demandes d’extradition au Monténégro.
- La Corée du Sud continue d’enquêter sur d’autres personnes liées à Terraform.
- Les autorités considèrent Kwon comme un acteur central dans les pertes des investisseurs et la perturbation du marché.
Le juge Engelmayer a également noté que les procureurs américains accusent Kwon d’avoir causé des pertes plus importantes que celles liées à Sam Bankman-Fried, Alex Mashinsky et Karl Sebastian Greenwood réunis. Ces trois derniers purgent de longues peines fédérales, ce qui renforce la position du gouvernement dans l’affaire de Kwon.
La montée et la chute de Kwon restent l’une des histoires les plus dramatiques dans la crypto. Au sommet de Terra en 2022, il était considéré comme une figure majeure dans le monde de la blockchain. Cependant, l’effondrement de TerraUSD a provoqué des ondes de choc sur le marché, poussant plusieurs entreprises à la faillite et prolongeant la volatilité pendant des mois.
L’audience de jeudi pourrait déterminer les prochaines étapes de Kwon. Les responsables sud-coréens affirment qu’ils prévoient de le détenir une fois extradé, bien que le calendrier dépende de la structure de la peine américaine. Son arrestation au Monténégro en 2023 a mis fin à des mois d’incertitude sur sa localisation et préparé le terrain pour l’une des affaires les plus historiques de l’industrie crypto.
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