BlackRock qualifie le Bitcoin d’actif de la peur : une déclaration qui fait trembler les marchés
Le PDG du plus grand gestionnaire d'actifs au monde vient de lâcher une bombe sur les marchés financiers. Larry Fink, à la tête de BlackRock, a récemment qualifié le Bitcoin d'« actif de la peur ». Une déclaration qui résonne comme un coup de tonnerre dans l'industrie crypto.
Le paradoxe BlackRock
L'ironie est palpable. BlackRock, cette institution financière colossale, a pourtant plongé tête la première dans l'univers des cryptomonnaies. Le géant a lancé son propre fonds négocié en bourse (ETF) Bitcoin, attirant des milliards de dollars d'investissements institutionnels. Alors, pourquoi ce discours contradictoire ?
La peur comme moteur
Fink pointe du doigt un phénomène bien réel : les investisseurs se ruent vers le Bitcoin lors des crises géopolitiques ou des périodes d'hyperinflation. La cryptomonnaie agit comme une valeur refuge numérique, une assurance contre la défaillance des systèmes traditionnels. C'est la peur de perdre son pouvoir d'achat qui pousse les capitaux vers le BTC.
Une vérité qui dérange Wall Street
Cette déclaration révèle l'hypocrisie d'un système financier qui critique ce qu'il ne peut pas contrôler tout en cherchant à en profiter. Les banques centrales impriment de la monnaie à tour de bras, créant de l'inflation, puis s'étonnent que les gens cherchent des alternatives hors de leur portée. Un classique.
L'avenir en pointillé
Le Bitcoin n'est pas qu'un actif de la peur. C'est aussi un actif de la liberté, de la souveraineté financière et de l'innovation technologique. Les déclarations de Fink, aussi provocatrices soient-elles, ne font que renforcer la résilience du réseau. La peur des uns fait la fortune des autres – une leçon que Wall Street apprend à ses dépens depuis 2009.
Lisez-nous sur Google News
En bref
- Larry Fink, PDG de BlackRock, revient publiquement sur ses anciennes critiques à l’égard du bitcoin.
- Il reconnaît un changement majeur de perception, affirmant avoir revu sa stratégie vis-à-vis des cryptos.
- En janvier 2024, BlackRock lance l’iShares Bitcoin Trust (IBIT), l’un des premiers ETF Bitcoin spot validés par la SEC.
- Ce repositionnement stratégique marque l’entrée assumée de BlackRock sur le marché des cryptos.
D’un scepticisme ouvert à un repositionnement stratégique
Larry Fink a été clair sur l’ampleur du chemin parcouru depuis 2017, époque où il associait encore le bitcoin à des activités illicites. « Ma façon de penser évolue constamment », a-t-il déclaré face au journaliste Andrew Ross Sorkin lors du DealBook Summit, soulignant le caractère public de ce revirement : « c’est un exemple très évident et public d’un grand changement dans mes convictions ».
En effet, celui qui voyait autrefois dans le Bitcoin un « indice du blanchiment d’argent » est aujourd’hui à la tête du iShares Bitcoin Trust (IBIT), l’un des tout premiers ETF Bitcoin spot approuvés par la SEC en janvier 2024.
Cette inflexion stratégique s’est traduite par une série d’initiatives concrètes de la part de BlackRock, traduisant un repositionnement clair sur ces actifs :
- Le lancement de l’iShares Bitcoin Trust (IBIT) : approuvé début 2024 par la SEC, ce produit financier est devenu l’un des plus importants ETF Bitcoin spot sur le marché ;
- Une capitalisation record : l’IBIT a atteint un pic estimé à 70 milliards de dollars, preuve d’un intérêt institutionnel massif ;
- Le changement de posture du leadership : Larry Fink assume aujourd’hui une approche plus nuancée et stratégique vis-à-vis du bitcoin, en rupture nette avec ses déclarations de 2017 ;
- Une volonté de structuration du marché crypto : en s’associant notamment à Coinbase pour la conservation, BlackRock adopte une démarche encadrée, conforme aux standards de la finance traditionnelle.
Ces éléments marquent une volonté claire de BlackRock de ne plus ignorer les cryptos, mais de les intégrer dans une offre financière régulée et institutionnelle.
Entre prudence assumée et signaux contradictoires
Malgré ce virage stratégique, Larry Fink a nuancé son enthousiasme. Toujours lors de la conférence, il a qualifié le bitcoin « d’actif de la peur », c’est-à-dire un actif lié aux périodes d’incertitude géopolitique.
Il a cité en exemple la chute du prix du btc à l’annonce d’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine, ou encore lors de l’évocation d’un possible règlement du conflit en Ukraine. Selon lui, cet actif sert davantage à capter les craintes des investisseurs qu’à refléter une dynamique économique fondamentale.
Il ajoute avec lucidité : « si vous avez acheté du bitcoin dans une optique de trading, c’est un actif très volatil. Il faut être vraiment bon pour anticiper les mouvements de marché, ce que la plupart des gens ne sont pas ».
Ces réserves verbales s’intègrent dans un contexte instable pour l’ETF de BlackRock. Après un lancement triomphal, l’IBIT a enregistré plus de 2,3 milliards de dollars de sorties nettes au mois de novembre.
Certaines journées ont été particulièrement marquées, comme le 14 novembre avec 463 millions de dollars de retraits, ou encore le 18 novembre avec 523 millions. Si Cristiano Castro, directeur du développement chez BlackRock, a rappelé que les ETF restaient des « instruments puissants et liquides », ces flux montrent que l’adoption n’est ni linéaire, ni acquise.
BlackRock minimise les sorties d’IBIT, mais le signal envoyé par Larry Fink reste fort. Son changement de ton confirme l’intégration progressive du bitcoin dans les stratégies institutionnelles. Reste à savoir si cette inflexion pèsera durablement sur la perception du marché ou s’il ne s’agit que d’un ajustement tactique.
Maximisez votre expérience Cointribune avec notre programme 'Read to Earn' ! Pour chaque article que vous lisez, gagnez des points et accédez à des récompenses exclusives. Inscrivez-vous dès maintenant et commencez à cumuler des avantages.