La Russie impose un clone gouvernemental de WhatsApp sur tous les téléphones en 2025 : surveillance ou souveraineté numérique ?
- Qu’est-ce que Max, l’application imposée par la Russie ?
- Une surveillance digne du « Goulag numérique » ?
- Pourquoi la Russie pousse-t-elle Max en 2025 ?
- WhatsApp et Telegram dans le collimateur
- Analyse du BTCC : Un isolement numérique calculé
- Questions fréquentes
À partir du 1er septembre 2025, la Russie rend obligatoire l’installation de l’application de messagerie Max, développée par la société technologique VK sous contrôle du Kremlin, sur tous les appareils mobiles vendus dans le pays. Présentée comme une alternative « plus sûre » à WhatsApp ou Telegram, Max suscite des inquiétudes quant à son utilisation potentielle comme outil de surveillance massive. Entre mesures protectionnistes et restrictions croissantes sur les plateformes étrangères, Moscou accélère sa quête d’autonomie numérique, au risque d’isoler davantage ses citoyens.
Qu’est-ce que Max, l’application imposée par la Russie ?
Le gouvernement russe a annoncé ce jeudi 21 août 2025 que Max, une application de messagerie développée par VK (la version locale de Facebook), sera préinstallée sur tous les smartphones et tablettes vendus en Russie à partir du 1er septembre. Selon les autorités, Max permettra non seulement des messages et appels vidéo, mais aussi des paiements mobiles et l’accès aux services publics. Les médias d’État rejettent les accusations d’espionnage, affirmant que Max demande « moins d’autorisations que ses concurrents occidentaux ». Pourtant, des rapports indépendants révèlent que l’application reste active même après une tentative de désinstallation et qu’elle est intégrée aux systèmes gouvernementaux.
Une surveillance digne du « Goulag numérique » ?
Le canal Telegram Red Binder, spécialisé dans les questions internet, affirme que Max collecte des données personnelles étendues : historiques d’appels, comptes bancaires, cryptomonnaies, lieux fréquentés (jusqu’aux cafés précis), le tout accessible au FSB (services secrets russes) en temps réel. Andrei Okun, journaliste d’opposition, qualifie Max de « Goulag numérique » dans un article pour Republic, dénonçant un espace stérile où l’État contrôle loisirs, pensées et motivations. Une comparaison avec WeChat, l’application chinoise utilisée pour la surveillance de masse, semble inévitable.
Pourquoi la Russie pousse-t-elle Max en 2025 ?
Cette décision s’inscrit dans une loi adoptée en juin 2025 par la Douma, visant à créer un messager national lié aux services publics. Cependant, Meduza révèle que VK avait déjà développé Max sous instruction directe de Vladimir Putin. Avec 18 millions d’utilisateurs (selon VK), Max reste en phase de test malgré son déploiement forcé. Dès 2026, les téléviseurs intelligents vendus en Russie devront aussi inclure LIME HD TV, une application diffusant les chaînes d’État gratuitement.
WhatsApp et Telegram dans le collimateur
Cette mesure coïncide avec des restrictions accrues contre les messagers étrangers. Début août 2025, la Russie a limité certains appels via WhatsApp et Telegram, accusant ces plateformes de refuser de coopérer avec les enquêtes anti-terroristes. Anton Gorelkin, vice-président du comité IT de la Douma, a même évoqué un bannissement pur et simple de WhatsApp — déjà utilisé par 97,3 millions de Russes (Mediascope, juillet 2025). Telegram, fondé par le Russe Pavel Durov mais basé à l’étranger, compte 90,8 millions d’utilisateurs locaux. Si Durov nie toute collaboration avec le Kremlin, les services ukrainiens affirment que les fonctionnaires russes ont reçu l’ordre d’utiliser Max pour les communications officielles.
Analyse du BTCC : Un isolement numérique calculé
« Cette stratégie rappelle celle de la Chine avec WeChat, mais avec une adoption forcée bien plus rapide », note l’équipe d’analystes du BTCC. Les données de CoinMarketCap montrent une hausse des transactions en roubles sur les plateformes crypto russes depuis l’annonce, suggérant une méfiance accrue envers les systèmes occidentaux. Le ministère de l’Intérieur russe insiste : Max serait « moins dangereux » que WhatsApp, car « moins intrusif ». Pourtant, pour les experts en libertés numériques, il s’agit clairement d’un verrouillage de l’espace internet russe, complétant les bannissements de Facebook et Instagram en 2022.
Questions fréquentes
Quand Max deviendra-t-il obligatoire en Russie ?
À partir du 1er septembre 2025, tous les téléphones et tablettes vendus en Russie devront avoir Max préinstallé.
Max est-il vraiment un outil de surveillance ?
Bien que les autorités russes le nient, des rapports indépendants montrent que Max collecte des données sensibles (comptes bancaires, localisation) et reste installé malgré les tentatives de suppression.
Que risquent WhatsApp et Telegram ?
WhatsApp pourrait être banni, comme Facebook en 2022. Telegram, bien que russe à l’origine, est toléré pour l’instant — mais sa position reste fragile.